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CAN 2019 – Fin du merveilleux parcours des Barea

Madagascar a été éliminé en quart de finale de la CAN, hier soir au Caire. Défaite trois buts à zéro devant la Tunisie.

Pascal tente de faire barrage à Khazri.

L’épopée malgache se termine en quarts de finale. La Grande île a été sortie par la Tunisie, hier soir, au stade Al-Salam. Score final trois buts à zéro en faveur des Aigles de Carthage, au terme d’une rencontre où le Barea le plus en vue a été Melvin Adrien. Le portier malgache a sauvé à maintes reprises la sélection malgache, dominée par une formation tunisienne très entreprenante offensivement. Il a notamment réalisé une belle parade à la demi-heure de jeu, sur un coup franc de 25 m de Khazri. Il a également sorti une belle claquette sur une frappe de 30 m de Chaaleli. Si le score est resté vierge à la pause, c’est grâce à la vigilance du portier de Martigues. Voilà qui devrait augmenter encore un peu plus sa côte auprès de la gent féminine.
Contrairement aux joueurs d’Alain Giresse, les hommes de Nicolas Dupuis n’ont pu approcher le but adverse que rarement. Avec peu de ballons à se mettre sous la dent, ils ont pêché en cherchant à jouer long à chaque fois. L’une des rares actions à souligner est survenue à deux minutes de la mi-temps, quand Amada a enclenché un tir lointain, capté par Mouez.

Défense aux abois
C’est au retour des vestiaires que les Tunisiens ont débloqué la situation. Quelques minutes après un but refusé de Khazri, Sassi a ouvert la marque. Sa frappe de l’entrée de la surface a été déviée involontairement par Fontaine, ce qui a trompé Melvin (52è, 0-1).
Pour la première fois depuis quatre matches donc, les Barea sont menés au score. Et ça ne s’est pas arrangé, avec le but du break à l’heure de jeu. Certes, Melvin a repoussé une première tentative. Mais Msakni a bien suivi, en reprenant le cuir au milieu de trois défenseurs (60è, 0-2). Ces deux actions ont mis à nu les carences de l’arrière-garde malgache, aux abois depuis le début du match. Pour tenter de remettre à flot son équipe, cramée physiquement, Dupuis a fait rentrer Morel et Voavy, puis Njiva. Après une alerte à la cuisse droite, Melvin est finalement resté sur le terrain, alors qu’il a failli être remplacé par Leda. Il restait un quart d’heure aux Barea pour refaire leur retard. Mais malheureusement, ils n’ont pas trouvé les ressources pour revenir. C’est même tourné à la correctionnelle avec un troisième but inscrit sur contre-attaque par Naim (90è+3, 0-3).
Malgré cette élimination, les Barea peuvent être fiers. Révélation de la compétition, ils ont fait vibrer tout le pays, à l’unisson derrière sa sélection. Et leur parcours restera à jamais dans les annales de la CAN.

Haja Lucas Rakotondrazaka

Des supporters des Barea au Dôme RTA, Ankorondrano, durant le match d’hier.

Contrat rempli, devoir accompli

Une équipe, un peuple, une nation. Trois expressions qui résument, probablement, la prouesse de l’équipe nationale et l’héritage qu’elle laisse à l’issue de sa première participation à la Coupe d’Afrique des nations.

Les hommes du coach Nicolas Dupuis sont éliminés de la CAN, à l’issue des quarts de finale. Le cœur de l’amoureux de sport et du supporter de son équipe nationale fait que, pour la première fois un article est rédigé tout ayant les larmes aux yeux. L’âme du Malgache, de l’enfant de la Grande île exulte pourtant, de fierté et jubile d’une profonde reconnaissance.

Pour leur première participation à une CAN, les Zébus sauvages de Madagascar ont brillé. La performance de cette équipe dépasse, cependant, largement le domaine sportif. Les indomptables zébus de Madagascar ont fait le job sur terrain, mais surtout, en dehors. De l’épopée d’Égypte on retiendra, aussi, que
l’équipe est parvenue à unir un peuple, à faire vibrer à l’unisson une nation.

« Quel que soit le résultat, les Barea ont déjà gagné. Madagascar a déjà gagné », « malgré la défaite notre équipe a déjà gagné, notre pays a déjà gagné ». Des phrases qu’on peut lire dans les publications de plusieurs milliers de Malgaches sur les réseaux sociaux. La liesse qui a envahi les villes du pays après le match, malgré la défaite, témoigne de gratitude des Malgaches envers son équipe nationale.

Renaissance
Effectivement, rien que pour avoir réconcilié le Malgache avec lui-même, avec son pays, son histoire, son présent et de lui donner l’espoir d’un meilleur futur, l’équipe nationale a, probablement, remporté la plus grande victoire de cette CAN. Un espoir encore utopique il y a peu, les Barea ont réussi à fédérer la population derrière eux. Dans sa riche diversité, la nation malgache a porté d’une seule voix, d’un seul cœur, d’un même chant son équipe nationale.
À la liesse et au bonheur suscité par l’épopée des Barea, s’est conjugué un sentiment de patriotisme inouï. « Je n’ai jamais été aussi fier des couleurs de mon pays. Je n’ai jamais été aussi fier d’être Malgache », peut-on lire sur les réseaux sociaux. Pour la première fois, le peuple malgache a su se rassembler derrière un objectif commun. Pour la première fois, la nation malgache a pu communier pour un but unique.
Madagascar qui plie encore sous la pauvreté, connaît désormais le goût de la victoire et ce qu’il faut faire pour y arriver. Avec la solidarité dont-ils ont fait preuve, l’unité dans la diversité qu’ils démontrent, avec l’abnégation pour défendre l’honneur du pays et le mener à la victoire, les Barea ont montré l’exemple. Une nation unie et solidaire peut, effectivement, gagner n’importe quelle bataille et relever n’importe quel challenge.
Alors, la tristesse de la défaite a rapidement laissé à l’expression d’une profonde gratitude envers les joueurs qui le temps d’une compétition continentale se sont hissés au rang de « héros nationaux ». Plus que les résultats sportifs, les Barea ont fait renaître l’espoir, la fierté et la solidarité de toute une nation. En offrant ces moments de bonheur incommensurables à tout un pays, l’équipe nationale aura certainement donné « la renaissance de la nation malgache ».
À chacun d’entre nous de faire en sorte que la flamme allumée durant le parcours historique en Égypte ne s’éteigne plus et soit toujours aussi, étincelant. Pour l’heure, c’est tout un pays, une nation qui dit «Misaotra Barea ».

Garry Fabrice Ranaivoson

Faneva ANDRIATSIMA – « On reviendra dans deux ans »

L’équipe malgache avait la moyenne d’âge la plus élevée, durant cette CAN 2019, soit vingt-huit ans. Et pour pouvoir rester à ce niveau, il faudra préparer la relève. « On a notre place en Afrique maintenant. On a l’équipe avec la moyenne d’âge la plus élevée. Il faut préparer l’avenir si on veut revivre des moments magiques comme ça », a déclaré Faneva Andriatsima à ce propos, après la rencontre d’hier soir. Une rencontre perdue face à la Tunisie, qui est venue ponctuer le joli parcours de Madagascar pour sa première apparition en phase finale de la CAN. « Pour une première participation, c’est pas mal », a rajouté le capitaine des Barea. Il a également donné rendez-vous à tout le monde pour la prochaine édition, qui se tiendra au Cameroun en 2021 : « L’essentiel c’est qu’on ait tout donné et qu’on ait joué avec notre cœur. On reviendra dans deux ans. »

Haja Lucas Rakotondrazaka

Récompenses – Une prime d’un million de dollar

Madagascar empochera une prime d’un million de dollar, soit environ 3.6 milliard d’ariary, à l’issue de cette CAN. Eliminée par la Tunisie, hier soir au Caire, la Grande île rentrera avec l’enveloppe promise par la Confédération Africaine de Football à tous les quarts de finaliste de la compétition. La CAF a décidé d’augmenter les primes pour cette édition 2019. À terme, le vainqueur du tournoi sera récompensé avec une somme de 4,5 millions de dollar. C’est une jolie récompense pour l’équipe nationale malgache, révélation de cette CAN. Les Barea ont déjoué tous les pronostics, en allant jusqu’en quarts de finale. Ils méritent amplement cette enveloppe. Avant la rencontre d’hier soir, le président de la République avait annoncé une prime conséquente en cas de qualification pour les demi-finales. Andry Rajoelina avait évoqué une somme de 350.000 dollars.

Haja Lucas Rakotondrazaka

Soutien – Zotsara au Caire

Un invité de marque a débarqué au Caire, hier. Il s’agit du milieu offensif, Zotsara Randriambololona. Il a tenu à « soutenir les Barea », qu’il a retrouvé à l’hôtel JW Marriott, pour leur quart de finale face à la Tunisie. Les joueurs ont été touchés par ce geste de leur coéquipier, qui manque malheureusement cette première participation de Madagascar à la Coupe d’Afrique des nations. En effet, Zotsara est blessé. Voilà pourquoi il n’a pas été convoqué par le staff technique de la sélection malgache durant les préparatifs de la CAN, en mai. Alors qu’il fait partie des architectes de la qualification de la Grande île pour la phase finale du sommet continental, occupant alors la phase de milieu offensif axial dans la formation en 4-2-3-1 de Nicolas Dupuis. La période d’indisponibilité du joueur du Fleury 91 s’étalera encore sur quatre mois environ. Il devrait retrouver les pelouses en novembre ou décembre.

Haja Lucas Rakotondrazaka

3 commentaires

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  • D’accords avec Faneva, il ne faut rien lâcher et ne pas se contenter de cette place de « quart-finaliste », on peut aller encore plus loin, le pays, l’équipe… Avec encore plus d’entrainements, la finale peut être plus qu’un rêve.
    En tout cas, merci capitaine, merci NDP, merci Barea 🙂 🙂 🙂

  • Je cite: « Si le score est resté vierge à la pause, c’est gràce à la vigilance ( parades et claquettes ) du portier malgache Melvin Adrien (gardien attitré ) de Martigues. » « Voilà qui devrait augmenter encore un peu sa cote de popularité auprès de la gente féminine ». Certes, mais c’est une considération secondaire,à mon avis.! Par contre, gràce à ses performances, des clubs de foot français ou régionaux plus importants, tels que Marseille, Nimes ou Montpellier pourraient l’acheter en lui offrant un salaire plus conséquent.

  • Comme mon pseudo l’indique je ne suis pas gasy, mais un amoureux de la grande île que j’ai pu visiter à maintes reprises. Amoureux d’un pays, d’un peuple, d’une culture, d’une histoire et je l’avoue d’une femme malagasy, je me suis laisser prendre par l’émotion que les Barea on su susciter tout au long de cette fantastique épopée, comme les malagasy j’ai été fier d’eux, de leurs parcours et de l’engouement qu’ils ont réussi à nous donner, cet espoir, comme un vent nouveau qui venait des bords du Nil et qui nous fait croire que rien ne sera désormais plus pareil, que des jours meilleurs sont à venir!
    Messieurs les responsables politiques, fédérations sportives et autres, les Barea et le peuple gasy ont fait leur part du travail, à vous maintenant de prendre le relais et de faire en sorte que des nouveaux Barea surgissent, que ce soit en foot ou dans d’autres disciplines. Le talent est là, le potentiel aussi, à vous de leurs donner les moyens de les mettre à exécution et alors peut être qu’un jour, tout un peuple pourra fêter la victoire des siens à la CAN, ou aux JO. Franchement amis malagasy, c’est tout le mal que je vous souhaite!
    Tiako ianao Madakasikara!