Editorial

Monnaie coulante

La chute de l’ariary est l’une des premières conséquences économiques de la crise sanitaire. Il fallait s’y attendre quand tous les secteurs ont été bloqués depuis le début du confinement. Le transport aérien été le premier à accuser le coup avec la fermeture de toutes les liaisons aériennes à l’échelle mondiale. Et bien évidemment par extension, le tourisme a bu la tasse. Ensuite les entreprises franches ont cessé de produire, faute de commandes et à cause de la fermeture des aéroports. Ce sont donc trois importantes sources de revenus de l’État qui ne fonctionnent pas.

Plus tard, le géant Ambatovy dont une partie du personnel a été atteinte par le coronavirus, a dû fermer ses portes. Là, ce sont 30 % des recettes d’exportation qui disparaissent. Le manque à gagner se fait donc sentir dans la parité de l’ariary qui périclite d’un jour à l’autre. Une situation qui n’est pas sans rappeler la dégringolade de l’ariary en mars 2004 passant de 1 600 ariary pour un euro à 2 800 ariary en quelques semaines. Seule nuance, à l’époque on n’avait pas d’explication plausible à part les impacts de la crise lointaine de 2002.

Au niveau des impôts et taxes, ce n’est guère mieux. Les recettes douanières sont plombées par la baisse des importations et exportations alors que les sociétés et les contribuables ne peuvent plus s’acquitter de leurs obligations vis-à-vis du fisc. L’État a d’ailleurs pris des mesures de différés pour ménager les caisses des entreprises et le budget des ménages.

On est ainsi embourbé dans un écheveau économique inextricable. Les exportateurs ne peuvent même pas profiter de cette descente aux enfers de l’ariary étant donné qu’elles n’ont rien à expédier.

Le secteur privé compte ainsi sur le plan multisectoriel annoncé par l’État pour tenter de sortir la tête hors de l’eau et sauver ce qui peut encore l’être. Le temps presse et à chaque jour qui passe, le gouffre s’approfondit davantage. Or, pour le moment, l’épidémie est loin de faiblir, pire elle est plus que jamais dangereuse à en juger les statistiques.

Le bout du tunnel semble ainsi encore impensable et l’après-coronavirus constitue une autre paire de manches pour les sociétés et entreprises qui resteront debout.

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