Economie

Femmes entrepreneures – L’entrepreneuriat de subsistance prévaut

Fanja Razakaboana veut donner aux femmes entre­pre­neures l’opportunité de financer leurs projets.

Opportinité à saisir. Le directeur général de la BOA-Madagascar, Othmane Alaoui, a tenu à souligner lors de l’ouverture de la deuxième édition du Women in Business (WIB) la chance qu’ont les participantes à cet événement qui se tiendra pendant deux jours, hier, au Carlton. Bien que les femmes s’affirment de plus en plus sur le front de l’entrepreneuriat dans le pays à travers notamment un Groupement des femmes entrepreneures de Madagascar (GFEM) particulièrement actif, le chemin à faire pour la promotion de cet entrepreneuriat au féminin est encore long.
Chiffres à l’appui, la ministre de l’Industrie, du commerce et de l’arti­sanat, Lantosoa Rakoto­malala, a dressé un topo de la réalité actuelle. Elle s’est basée sur une étude de l’institut Roland Berger qui révèle que si l’Afrique est la partie du monde où les femmes ont le taux de création d’entreprises le plus élevé avec 24% contre 12% en Amérique du Nord ou 8% en Europe, l’entrepreneuriat pour la très grande majorité d’entre elles est surtout un moyen d’assurer leur subsistance et celle de leur famille. Elle pointe ainsi du doigt la faible représentativité de la gente féminine dans les grandes entreprises, les femmes étant surtout présentes dans les plus petites structures et notamment dans le secteur informel. Une situation qui d’après elle se reflète dans le pays.

Inégalités
L’accès au financement est l’un des obstacles à l’entrepreneuriat des femmes soulevé par la présidente du GFEM, Fanja Razakaboana. En cause, le manque d’éducation, en particulier l’éducation financière.
Ces propos sont confirmés par une autre statistique énoncée par la ministre lorsqu’elle a fait savoir qu’en Afrique 30% des femmes entrepreneurs ont fait des études secondaires contre 40% d’hommes entrepreneurs qui ont fait des études en entrepreneuriat. Pallier aux différentes inégalités qui entravent l’entrepreneuriat féminin figure justement parmi les objectifs du GFEM en général.
En ce qui concerne le WIB, Fanja Razakaboana décrit un événement se voulant être « une culture, un esprit, une vision qui se traduisent par une recherche permanente de l’excellence ». « Faire partie de ce rendez-vous permettra d’échanger et de partager ses savoirs et son succès avec d’autre femmes », poursuit la présidente du GFEM qui précise que le thème choisi pour cette deuxième édition est « Get Inspired ». Dans ce sens, elle invite les participantes à s’inspirer entre elles pour avancer et exceller. Cette année, l’événement réunit 150 femmes entrepreneures venant de toute l’île contre 80 lors de l’année dernière. Pour le WIB 2020, Fanja Razaka­boana annonce déjà une édition innovante avec notam­ment le lancement du WIB Award pour récompenser le savoir-faire féminin.