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Antananarivo – Des rues dans un piteux état

Ici aux 67Ha, l’intégralité de la chaussée est devenue un cratère où s’engouffrent les véhicules en temps de pluie.

À la base, les semaines de confinement auraient dû être l’occasion pour remettre les routes de la capitale en bon état. Ce projet a encore des kilomètres à parcourir.

DÉSASTREUSE. Avec le déconfinement progressif, les embouteillages ont très vite repris le dessus sur presque tous les principaux axes routiers de la capitale. Partout, les nids de poules et d’autruches empirent la situation des automobilistes aux nouvelles heures de pointe. Sur la page Facebook du Gouverneur d’Analamanga, plusieurs points ont déjà été réhabilités en ce qui concerne les travaux de réfection de rues dans la capitale. Selon cette institution, « La méthode adoptée n’a pas été le point tapant ou le tip top, mais les travaux consistent à réhabiliter toutes les parties en mauvais état ». Les travaux sont effectivement achevés sur quelques portions de rue comme les axes longeant le lac Anosy, à Andavamamba l’axe parallèle au canal Andriantany, l’avenue de l’indépendance, les quartiers d’affaires d’Antani­narenina ou encore la très fréquentée route des hydrocarbures d’ Ankorondrano. Les travaux sur l’axe de Besarety achevés l’année dernière ont même fait l’objet d’une reprise récemment. Cependant, plusieurs quartiers populaires d’Antana­narivo attendent toujours la réhabilitation de leur portion de route. « En rentrant hier, nous avons failli nous retrouver nez à nez avec un véhicule tout terrain sur la montée d’Ambohipo. Celui-ci, en descendant, a brusquement pris notre file pour éviter l’énorme trou qui se trouvait sur sa trajectoire initiale. Le conducteur de ce 4×4 n’est visiblement pas habitué à emprunter cet axe. Tous les automobilistes d’Ambohipo connaissent l’existence de ce trou car le mauvais état de cette rue est devenu notre quotidien depuis plusieurs mois », déplore Heriniaina Francine, habitante d’Ambolokandrina.

Éphémère

Ayant une durée de vie de quinze à vingt ans, la grande partie des routes de Tanà sont déjà à l’état de fatigue et ne peuvent plus être réparées partiellement. à Ambohipo, aux 67Ha, à Isotry, les automobilistes rivalisent de dextérité pour éviter de rester embourbés dans les amas de boue causés par la pluie, combinés au mauvais état de la rue. Les axes à réhabiliter sont coordonnés au niveau de la Commune urbaine, de la Région et au niveau de la direction régionale de l’aménagement et des travaux publics. Selon les responsables de ces administrations, les problèmes d’assainissement favorisent la dégradation rapide des rues qui deviennent tout juste des infrastructures éphémères. Des budgets conséquents ont été alloués à la plupart des travaux de reconstruction de ces axes financés par la banque européenne d’investissement et l’état. Pour la RN2, la réhabilitation s’est faite de la Gare Soarano jusqu’à Mahazo, au PK06, ce qui a nécessité des travaux coûtant plus de dix milliards d’ariary. En ce qui concerne la RN3, les travaux ont coûté dix milliards et demi d’ariary pour la réhabilitation de l’axe Andravoahangy Ambony – Sabotsy Namehana, soit une route de 10Km. Pour la RN4, la réhabilitation a commencé au PK00 jusqu’à Imerinafovoany.