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Editorial

Ici c’est la France

Le second tour de l’élection présidentielle française mettra aux prises le 24 avril les deux protagonistes de 2017. Il n’y avait pas ainsi une grosse ferveur populaire autour de cette élection comme ce fut le cas à l’époque de la grande bataille entre le RPR et le Parti socialiste. Les deux mastodontes du paysage politique français complètement liquéfiés depuis 2018 et l’avènement de nouvelles têtes, de nouveaux politiciens sortis de nulle part et incarnés par Emmanuel Macron. Le Parti socialiste dont la candidate Anne Hidalgo n’a recueilli que 2% des voix est le grand perdant de cette présidentielle. Une véritable berezina. Elle est juste devancée par la candidate des Républicains Valérie Pecresse créditée de 4,8 %. Le pléthore de candidats, plus d’une cinquantaine au départ avant le tri par la signature et la caution qui limitent le nombre de candidats à douze. Soit presque le même nombre de candidats que lors de la présidentielle malgache de 2013 et 2018.

Que de similitudes donc avec le paysage électoral malgache dominé depuis vingt ans par deux hommes qui ont damé le pion aux cadors politiques. Acteurs de la plus grande crise politique jamais vécue par le pays de 2009 à 2013, on parle encore d’eux pour la présidentielle de 2023.

En 2018, les Français ont mis un terme à la dualité entre socialistes et républicains et jeté leur dévolu sur celui qu’ils croyaient être un « messie » avec sa jeunesse, son intelligence et sa fougue. On avait devancé les Français en croyant aux mêmes illusions ou presque en 2002 en plébiscitant un opérateur, un self mad man, un homme atypique extérieur au sérail français. Il bénéficiait d’une immense popularité. Mais son appétit insatiable d’entrepreneur a pris très vite le dessus sur les priorités nationales. Un jeune entrepreneur a pris sa succession confirmant définitivement le déclin des politiciens classiques et des grands partis tous disparus ou presque.

Les illusions sont donc perdues. Comme en France où le taux d’abstention a atteint 25% dimanche, les électeurs boudent les urnes depuis 2010. Lors de la présidentielle de 2018 il a frôlé les 40%. L’électorat attend un nouveau déclic, un candidat de genre nouveau après un bouvier, un marin, un médecin, un laitier, un expert comptable, un professionnel du spectacle, bref un nouveau messie pour se ruer vers les bureaux de vote.

On a tout hérité de la France que machinalement ou fatalement on observe parfois les mêmes tares ou avatars. D’aucuns osent même avancer que la France a toujours son candidat à la présidentielle malgache. Une illusion sans doute.

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