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Elevage – Retour en force de la fièvre de la vallée du Rift

Les  docteurs  Harimanana  Rasoarimalala  et  Tsiry Andriamahatola  Lezoma  face  à  la  presse.

Un autre risque épidémiologique se profile avec une nouvelle propagation de la fièvre de la vallée du rift chez les herbivores domestiqués. Une maladie qui peut se transmettre à l’homme.

Attention danger. Alors que le coronavirus continue son épopée délétère, un nouveau front sanitaire se profile à l’horizon. Le pays pourrait faire face à une épizootie, ou une épidémie de maladie frappant les animaux avec un retour en force de la fièvre de la vallée du Rift (FVR).

Signalée pour la première fois au début du 20e siècle, dans la vallée du Rift, en Afrique de l’Est, la FVR est une maladie virale qui touche surtout les herbivores domestiqués tels que les bovidés, les moutons et les chèvres. Selon Tsiry Andriamahatola Lezoma, directeur général de l’élevage, auprès du ministère de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche, les premiers cas ont été recensés le 1er mars.

Les chiffres communiqués par le directeur Lezoma Andriamahatola, durant une conférence de presse, samedi, jusqu’au 23 mars, quatre cent quatre-vingt bovidés sont décédés de la FVR. La maladie est, pour l’instant, concentrée dans trois régions, à savoir Diana, Atsimo Andrefana et Vatovavy Fitovinany. Le cheptel bovin dans cette dernière circonscription est, jusqu’ici, celui qui compte le plus de victime, avec quatre cent soixante-treize bovidés morts et cinq cent soixante seize herbivores domestiqués contaminés.

Dans cer tains cas, la fièvre de vallée du Rift peut entraîner une interruption de grossesse chez les bêtes contaminées. La maladie se propage essentiellement, par les piqures de moustiques. Parmi les mesures annoncées par le responsable du ministère de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche, samedi, figure aussi, une lutte vectorielle qui implique des mesures contre la prolifération des moustiques dans les régions épicentres de la maladie.

Zoonose

L’application d’ectoparasite sur la peau des animaux afin d’éloigner les moustiques est, également, privilégiée. Une approche syndromique est, également, appliquée pour lutter contre la propagation de la FVR. Des médicaments seront ainsi, systématiquement, administrés aux bêtes présentant des symptômes, comme la fièvre accompagnée de perte d’appétit, ou encore des diarrhées sanguinolentes.

Comme le souligne, toutefois, le docteur Harimanana Rasoanarimalala, directrice du service vétérinaire au ministère de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche, la fièvre de la vallée du Rift « est une zoonose ». Il s’agit donc d’une maladie que l’animal peut transmettre à l’homme. Les personnes peuvent contracter la FVR par des contacts avec le sang, les liquides corporels ou les tissus d’animaux infectés.

Aussi, la docteur Rasoa­narimalala suggère la plus grande précaution dans la prise en charge des animaux contaminés. Le ministère préconise, du reste, « l’enfouissement systématique », des bêtes mortes dans des circonstances suspectes. L’homme peut aussi contracter la maladie en consommant la viande d’animaux malades. Afin d’écarter tout risque de contamination, la consommation de viande « bien cuite », est fortement recommandée.

L’homme peut aussi, contracter la fièvre de la vallée du Rift par la piqure des moustiques porteuse du virus. Un article publié sur le site des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), en entité rassemblant des agences fédérales américaines, indique qu’en général la maladie ne cause que de légers symptômes chez l’homme, comme de l a fièvre, le mal de dos, des vertiges, ou la fatigue.

La prudence est, néanmoins, de mise. L’article du CDC ajoute, en effet, que dans 10% des cas, les personnes contaminées par la FVR peuvent développer des symptômes plus sévères, notamment, des maladies oculaires, des saignements excessifs et des encéphalites. Outre le risque sanitaire, les conséquences économiques de la fièvre de la vallée du Rift peuvent, également, être dramatiques. D’autant plus qu’à Madagas­car, certaines familles n’ont pour seul patrimoine que leur cheptel de bovidés, de chèvres, ou de moutons.

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