Notes du passé

La folie des Zanakazandrano d’Ambohitrondrana

Le tombeau d’Amhibeloma.

Pour réaliser son « Esquisse d’une histoire de l’Imamo », Georges Augustins, assistant de coopération au Musée de l’Université, visite de nombreux sites historiques de l’Imamo en février 1971, tels Ambohibeloma ou Ambohitrambo (lire précédente Note).

À propos de ce dernier haut-lieu de l’histoire de l’Imamo, ses informateurs locaux indiquent qu’à l’arrivée des Français, les corps des rois défunts sont translatés à Ambohitrarenina, excepté celui de Leiloza. Pourtant, paradoxalement, précise l’auteur de l’étude, ce dernier est depuis 1959-1960, l’objet d’un culte et de sacrifices. Mais d’après son informateur, ce sont surtout les habitants de régions lointaines qui viennent solliciter les faveurs de Leiloza. « Ils vont même jusqu’à réparer son tombeau. »

Sous l’administration française, l’État construit une route qui mène à Ambohitrarenina et « un Vazaha, nommé Peter Becke, habita là-haut avec de nombreux soldats. Plus tard, il s’installa à Antatinarivo, un village à fossés ». Après sa mort, un autre Français lui succède. Puis les Malgaches peuvent récupérer le terrain et « celui qui en fit l’acquisition, prétendit être un descendant de Leiloza ».

Autre site, Ambatolevy ou Vatolevy qui, selon les « Tantara ny Andriana eto Madagascar » serait le fief d’Andriantomponifonesan- dahilehibe. « Lors d’une attaque sakalava, il prit la fuite et mourut aux confins de l’Onibe et de l’Irihitra. Son fils Andrianjanaharimoriarivo lui succéda à Ambohibeloma. » Le nom d’Ambatolevy provient d’un gisement de fer situé à proximité du village. On peut, parait-il, voir une pierre couchée de 80cm de long, composée de deux éléments, l’un de granit, l’autre de fer.

À Ambatolevy, en 1971, l’on ne se souvient plus de lui, mais seulement d’un Andriana, Ramarolahy qui a des esclaves arabes dont on peut alors voir les tombeaux.

« Ambatolevy aurait été soumise à l’administration d’Andriampihovohovo d’Ambohitondrana et donc, rattachée à l’Imamo occidental. » En fait, la localité regroupe deux sites conjoints, l’un réservé aux Andriana, l’autre aux Hova. D’après Georges Augustins, « on peut voir deux souterrains, le premier permettant de passer discrètement d’un site à l’autre en cas de siège, et le second donnant accès à la rivière Onibe qui coule en contrebas. La citadelle royale possédait deux entrées, l’une à l’est, l’autre à l’ouest, toutes deux munies de lourdes portes à disque ».

Dans l’une de nos récentes Notes, il est question d’Ambohi-trondrana dont le nom a une origine pour le moins curieuse. Georges Augustins reprend le témoignage d’un informateur : « Là habitaient des individus nommés Zanakazan-drano. Ils étaient des gens de peu d’esprit. Ils prirent le brouillard pour de l’eau et tentèrent d’y nager ; le résultat c’est qu’ils tombèrent tous dans un ravin et y moururent. On les appelait Ondranondrano, gens fous.» Ces informations sont en accord avec les « Tantara » car c’est bien Andriampihovohovo qui règne à cette époque, à Ambohitrondrana, et il est de la caste Zazamarolahy. Lorsqu’Andrianampoinimerina entreprend la conquête de l’Imamo, Andriampihovohovo ne sait quelle attitude prendre : mener la guerre ou se soumettre. Il s’en remet finalement aux augures. « Il envoya un taureau en un lieu appelé Ampasanombilahy disant : Si je dois garder mon royaume, donne un coup de pied vers l’Ouest, mais si c’est Andrianampoinimerina qui doit régner, donne un coup de pied vers l’Est. » Et le taureau donne un coup de pied vers l’Est. Plus tard, on l’ensevelit en ce lieu désormais appelé Ampasanombilahy, au « tombeau du taureau ».

Andriampihovohovo fait donc sa soumission à Andrianampoini-merina et c’est à ces deux rois que l’informateur de Georges Augustins attribue le partage des terres à l’Ombifotsy. « Une histoire qui ressemble à s’y méprendre à celle qui concernait Andriambahoakarainy et Andriamasinavalona. »

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