Faits divers

Évasion à Maroantsetra – Le fokonolona lynche un des fugitifs

La recherche de deux évadés en cavale continue à Maroantsetra.

Le bilan de la gendarmerie de Maroantsetra a fait état d’un évadé torturé à mort par le fokonolona, trois capturés vivants et deux autres en cavale.

Journée agitée. Hier, à Ambodiman­drorofo Maroan­tsetra, un des six évadés de la prison d’Ambatomasina a succombé à une vindicte populaire. Ses trois coéquipiers se sont fait arrêter par les gendarmes et les agents pénitentiaires qui étaient à leur recherche, dans d’autres villages lointains du district. Ces captifs
ont immédiatement été transférés à Toamasina pour l’enquête, d’après les informations données par le chef d’escadron Fils Emilio Manahirana, commandant de compagnie de la gendarmerie locale. Il reste encore deux taulards à retrouver.

Aucune photo de ces détenus n’a été disponible au sein de l’administration pénitentiaire. Du coup, les forces de l’ordre et les geôliers ont dû se serrer les coudes pendant la poursuite. Ils se sont répartis en équipes, composées chacune de quatre personnes dont une établissement qui connaît très bien les fugueurs. Chaque peloton en a ramené un. « Le premier évadé s’est soûlé et le second s’est logé chez quelqu’un, tandis que le dernier a eu une faim de loup quand nos éléments sont venus les appréhender », raconte l’officier supérieur.

Évasion par le toit
Pour celui qui a été supplicié à mort par les habitants d’Ambodiman­drorofo, son lynchage est survenu après qu’il a tenté de se sauver de nouveau. « Ce prisonnier abattu avait commis un viol doublé de meurtre dans cette localité. Il a été déféré il y a un mois et placé sous mandat de dépôt avant qu’il n’ait fui la taule », décrit un enquêteur.
Cette fois, le fokonolona dont l’émoi était encore présent, s’est emporté en le voyant revenir et courir la prétentaine chez lui. « Ce prévenu, lors de sa tentative de fuite, a été asséné de coups sévères, puis démembré. Il n’a pas survécu », explique un notable à la gendarmerie.

L’escapade a eu lieu mardi entre 22h 30 et 23h. Les six prisonniers ont grimpé les lits superposés et sont passés par le toit pour sortir. Ils se sont également servis de couvertures entrelacées pour escalader la deuxième muraille d’une hauteur de trois mètres garnie de bris de verre.

Cette nuit-là, un court-circuit a mis tout l’établissement dans le noir et ils en ont profité pour vider leur cellule. Sur le champ, tous les responsables des communes et districts environnants ont été avisés de leur signalement.