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Carburant – Hausse inéluctable des prix à la pompe

Jusqu’à  quand  les  prix  à  la  pompe  vont-ils  résister?

Personne ne le souhaite. Mais la conjoncture actuelle dicte une révision à la hausse des prix du carburant qui datent du 20 juin 2019. Depuis, tout a changé.

D’abord des paramètres exogènes. L’explosion des cours internationaux du pétrole.

Le Brent s’est envolé de 70 dollars en mars 2021 à près de 140 USD aujourd’hui. Le léger repli d’hier n’absout rien. La guerre en Ukraine attise les craintes et les incertitudes sur ce marché, volatile par excellence. Les prix à la pompe n’ont cessé d’augmenter battant de nouveaux records dans le monde entier. Toutes les prévisions et analyses annoncent une poursuite de cette tendance haussière dans les prochaines semaines.

En Afrique, les gouvernements des pays limitrophes, évoluant dans les mêmes conditions d’achat que Madagascar, ont abandonné le système de subvention, de quelque nature que ce soit, sur les prix du carburant à la pompe. Ils sont résolus à valider des augmentations de prix.

Ainsi, le litre d’essence en Tanzanie équivaut à 4126 ariary, en Côte d’Ivoire 4 192, au Sénégal à 4 465, au Ghana 4 771, en Afrique du sud à 5 570. Chez nous, 4 100 ariary. Ce qui devait conduire à un manque à gagner abyssal pour les pétroliers à chaque litre vendu. Dans les principaux pays européens, le litre revient à presque deux euros, en France par exemple. Soit dans 8 500 ariary.

Limitation des subventions

Puis, des facteurs endogènes. Ces dernières semaines, le gouvernement à travers le ministre des Hydro­carbures, Andry Ramaroson a entamé les discussions avec les pétroliers sur le rétablissement progressif de la vérité des prix aux stations-service

Les engagements de l’État malgache envers le Fonds monétaire international, FMI prévoit une limitation des subventions que l’État pourrait accorder aux pétroliers, ce que le FMI n’a de cesse de rappeler au gouvernement Malagasy.

De leur côté, les finances des pétroliers locaux se trouvent dans le rouge. Du fait de l’énorme distorsion entre prix à afficher et ceux vigueur, fixé et la hausse brutale des cours du pétrole. Le tout aggravé par les impayés de la JIRAMA, lesquels se chiffreraient en centaines de milliards d’ariary. Selon des sources concordantes.

Cette situation délicate, s’il en est, fait planer deux énormes risques sur l’économie nationale. Le premier est d’ordre financier et systémique: Une défaillance des distributeurs est possible et pourrait entraîner tout le secteur financier dans une spirale destructrice.

Le second qui viendrait consécutivement, serait que les sociétés pétrolières n’auraient plus les moyens financiers auprès de leurs banques pour importer, ce qui pourrait entraîner tout le pays dans une crise sans précédent. Par une pénurie aux conséquences désastreuses.

La seule solution pérenne et garantissant l’approvisionnement du pays passe par un retour progressif à la réalité de ces prix, suivant les exigences du différentiel des coûts.

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