Editorial

Un géant aux pieds des îles

12 mars 1968-12 mars 2019. Andry Rajoelina a été choisi par les Mauriciens pour être le special guest de la célébration du 51 eme anniversaire de leur indépendance. Un signal fort à l’endroit de Madagascar considéré depuis toujours par Maurice comme le leader naturel de l’océan Indien en tous points de vue. Aucune des îles voisines n’a les atouts et le potentiel de Madagascar en termes de nombre de consommateurs et de main d’œuvre, de ressources naturelles, d’atouts touristiques, de savoir faire….Ce qui n’est pas le cas. À côté des minuscules Seychelles, La Réunion et Maurice, sans oublier Mayotte, Comores, Maldives et Chagos et pourquoi pas les îles éparses, Madagascar paraît bien un géant aux pieds des îles. On ferme la marche dans tous les domaines, le revenu per capita, le doing business, le sport, la qualité de vie… En revanche on figure en tête du peloton en termes de corruption, de pauvreté, d’insécurité, de trafics.
On a beaucoup à apprendre de la petite Maurice. Le dévelop­pement se voit, se vit, se palpe et se sent à Maurice. Alors qu’on rêve de tramway, les Mauriciens vont inaugurer cette année leur rame de métro.
C’est en toute modestie que Rajoelina a reconnu que Maurice constitue un bon modèle de développement. Son déplacement s’inscrit dans un nouvel élan de la coopération entre les deux pays, un nouveau départ dans les relations économiques. Andry Rajoelina veut concrétiser son projet Initiative pour l’Emergence de Madagascar avec des partenaires fiables et expérimentés. Il n’est pas allé loin pour en trouver. Mais il faut bien dire que Maurice ne fait pas dans la philanthropie. Si elle fait les yeux doux à Rajoelina c’est qu’elle sait très bien que si Madagascar éternue, Maurice se mouche. Madagascar reste un immense marché de vingt-cinq millions de consommateurs. S’ils étaient riches, le tourisme et les cliniques mauriciens en seraient les bénéficiaires.
La rançon du développement pourrait bientôt atteindre Maurice en termes de surface, de consommateurs, de marché. La Grande île à côté peut-être bien une terre promise. La Zone économique spéciale à Taolagnaro s’inscrit dans cette nécessité d’expansion, au même titre que les nombreuses entreprises franches et diverses sociétés installées à Madagascar.
Si les pays de la région sont naturellement condamnés à coopérer au delà de la Commission de l’océan Indien, il faut que les relations soient saines et profitent à toutes les parties. La mésaventure de Gastropizza à Maurice est encore dans tous les esprits pour illustrer ce déséquilibre. D’ailleurs peu de produits malgaches sont visibles sur le marché mauricien alors que l’inverse est patent. Le Business Forum organisé à Maurice en marge de cette visite de Rajoelina sera justement l’occasion de mettre à plat tous ces problèmes et de chercher des opportunités.
On se demande pourquoi ce n’est qu’à partir de maintenant que Maurice et Madagascar sont liés par une coopération judiciaire alors que les trafics de bois de rose et de drogue auraient pu être jugulés si elle avait existé depuis.
Une ère nouvelle s’ouvre dans tous les cas dans la coopération malgacho-mauricienne. Maurice a toujours cherché une locomotive dans le développement de la région, elle est bien servie par un TGV.

2 commentaires

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  • Les banques offshore , les cartels de la drogue et le tourisme balnéaire sont les piliers de l’économie Mauricienne . Le facteur démographique est en adéquation avec la superficie de leur pays . Leurs élites se cantonnent surtout dans l’informatique . Les Malgaches sont de loin plus intelligents qu’eux mais la pauvreté institutionnalisée par des dirigeants voleurs chez nous constitue notre principal handicap. Le rapport de force pour l’instant penche en leur faveur .

    • RABEHARIVELO,

      Je cite le président CHIRAC  » MADAGASCAR c’est une civilisation , une histoire , un peuple  » . L’Ile Maurice par essence peut se définir comme un conglomérat d’engagistes que seuls les petits Gasy hypercomplexés devant leur essor économique artificiel se laissent berner .