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Coupure de courant – Les entreprises boivent la tasse

Les salons de coiffure font également les frais du délestage.

La Jirama procède au délestage tournant. Les entreprises en font les frais.

N’y-a-t-il pas de glace ? », demande une femme aux employés d’une pâtisserie et d’une glacerie à Ankadindramamy, en voyant la vitrine à glace vide, hier, à midi. « Non. La vente de glace est suspendue, à cause de la coupure d’électricité trop récurrente », répond Parfait Razakarimanana, le gérant de ce lieu de commerce. On ne trouve que quelques esquimaux « invendables », après deux heures de coupure, dans cette vitrine. Parfait Razakarimanana est à bout.

Cela fait une semaine qu’il ne vend plus de glace. Il rate ses commandes de gâteau. Les longues coupures de courant ont altéré ses produits, tout comme les crèmes avec lesquelles il fabrique ses gâteaux et ses glaces. Il estime une perte journalière de 60 000 ariary, au minimum, alors que son commerce a à charge le salaire de douze employés et le loyer.

En arrêt

À quelques mètres de cette pâtisserie et glacerie, Ny Aina Sitraka Raharison attend le rétablissement du courant devant la porte de son cybercafé. Cela fait deux heures qu’il patiente. « C’est vraiment ardu. Hier, nous avons déjà encaissé deux heures de coupure. (…) En plus de la perte que cette coupure génère, les dégâts sont importants. Nous avons remplacé quatre écrans et plusieurs câbles, récemment. », déplore cet homme. Les salons de coiffure font, également, le frais du délestage. « Nos chiffres d’affaire sont en baisse, étant donné que 95% de nos activités dépendent de l’électricité. On voudrait bien utiliser un groupe électrogène, mais cela coûte trop cher. », s’est plaint un responsable de Karelle Makeup aux 67 Ha. D’autres entreprises sont en arrêt. Elles sont victimes de pannes de machine, causée par les coupures trop fréquentes et les surtensions électriques.Un veritable désastre car même les disjoncteurs sont cramés. D’autres tournent avec un groupe électrogène mais à la longue le coût est insupportable pour le budget des entreprises déjà fébrile, faute de recette.

Petites, moyennes ou grandes entreprises, toutes boivent la tasse. Avec les impôts et taxes qu’il faut payer alors que les activités sont perturbées, beaucoup vont devoir mettre la clé sous le paillasson. La situation risque de perdurer. Le chef d’État a déclaré, lors de la visite de la centrale hydroélectrique à Andekaleka, qu’il faudra six à huit mois, pour la remettre pleinement en marche. Actuellement, elle produit zéro mégawatt. Ce sont les centrales thermiques à Antananarivo et à Ambohimanambola, les centrales hydroélectriques à Mandraka, à Antelomita et à Sahanivotry, et la centrale solaire d’Ambatolampy qui assurent l’approvisionnement en électricité du Réseau interconnecté d’Antananarivo (RIA).

Ces usines ne produiraient que 180 mégawatt, alors que la pointe maximum du RIA serait entre 230 à 250 mégawatt, selon la Jirama. Ce gap de production contraint la Jirama à procéder à des délestages tournants, qui durent, en moyenne, deux heures par jour.

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