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Editorial

Geneaucide

Des mois sans eau. Il faut vraiment saluer la bravoure et la résilience de la population face au manque cruel d’eau dans plusieurs quartiers de la ville et dans les périphéries de la capitale. Andraisoro, Ambatomaro, Ambohipo, Ambohimangakely, Amo ron’Akona, I taosy, Iavoloha, Amboanjobe, Anosizato… sont privés d’eau depuis plusieurs mois. Les abonnés de la Jirama comme les clients des bornes fontaines sont logés à la même enseigne. Mais les abonnés sont les plus lésés puisqu’ils paient une facture sans bénéficier du service. Ils acceptent la situation à contre-cœur.

Tout le monde se débrouille pour trouver de l’eau au quotidien. Les bidons s’alignent, immobiles et immuables, devant les bornes fontaines attendant désespérément un miracle. La situation se pérénise et le mal gagne de plus en plus de terrain. La Jirama n’a que des solutions bidon pour le moment et qui n’ont rien arrangé. De grosses citernes ont été installées un peu partout mais qui n’ont chanté qu’un seul été. Des tuyaux ont été déviés pour approvisionner certains quartiers sans grand succès.

Une nouvelle station a été construite à Amoron’Akona et aurait dû être opérationnelle en août 2019 mais jusqu’à présent on ignore où en sont les travaux.

Sans eau, la ville de Tana est revenue au Moyen Âge. Pauvreté aidant, on se retrouve dans une saleté indescriptible. Les risques de maladie sont réels. Le coronavirus trouve un terrain parfaitement propice pour se répandre très vite.

On se demande que sont devenues les nouvelles stations de Talatamaty et d’Ankadivoribe dont on disait au moment de leur inauguration qu’elles allaient mettre fin définitivement au problème d’approvisionnement en eau à Tana et ses environs en particulier à Ivato, Talatamaty et Atsimondrano. Il en va de même du nouveau bassin à Mandroseza inauguré en 2018. Rien n’y fit. Le mal empire de jour en jour.

Il fut un temps où le robinet fonctionne vers 2 heures du matin et on se précipite pour remplir les citernes installées dans la salle d’eau devenue un super tanker. Depuis plusieurs semaines, on attend le retour de l’eau comme celui de Jésus.

On ignore combien de temps ce geneaucide va encore durer. L’eau, c’est la vie et à ce rythme on finira par crever avant même que le coronavirus n’en profite.

Priver la population d’eau, c’est ni plus ni moins un crime contre l’Humanité. C’est la tradition littérale de « fairano ».

La Jirama innove, le slogan de la compagnie des Eaux pour ses 45 ans sonne comme un cynisme pour la population en général et les abonnés en particulier.

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