Economie

Mécanisation agricole – Les germoirs biodégradables s’exportent

Le projet de Juslain Raharinaivo, l’ingénieur agronome à l’origine d’une technique de repiquage du riz à fort rendement sera soutenu par des Ivoiriens.

Au-delà des frontières. Juslain Raharinaivo est celui qui a conçu des germoirs biodégradables dans le repiquage du riz par mécanisation, afin d’obtenir au moins un rendement de 7t à l’hectare. Il a conclu un partenariat avec les Ivoiriens. Le gouvernement de la Côte d’Ivoire s’est particulièrement intéressé à la présentation de l’efficacité et de l’efficience des germoirs biodégradables dans la mécanisation rizicole. Ceci lors d’un pitch sur l’innovation, organisé dans le cadre d’un concours préparé par Green Tech en Afrique. Une initiative qui accompagne les start-ups innovantes qui agissent en faveur de la transition écologique. «à la suite du concours, j’ai été particulièrement sollicité à expliquer encore plus en détail les tenants et aboutissants de mes recherches sur cette technique de repiquage du riz auprès des responsables ivoiriens. Il a été conclu avec le représentant du ministère du Riz et quelques techniciens ivoiriens qu’une société ivoirienne dénommée “Grow up Africa” se chargera de la vulgarisation de cette technique de mécanisation. Pour commencer, en Afrique de l’Ouest. Tout l’atelier restera ici à Madagascar mais ce sont seulement les germoirs finis et les techniques d’utilisation qui seront déployés par la société privée ivoirienne», explique Juslain Raharinaivo.

Incitation
« Le principal avantage avec les alvéoles en papier recyclable que sont les germoirs biodégradables est un gain en productivité, avec une réduction des dépenses. La technique permet une localisation des semences dans chaque alvéole de 10 à 20 kg par ha si la simple technique utilise plus de 75kg à l’ha », détaille l’ingénieur agronome. La technique permet une diminution des charges d’exploitation car, avec un repiquage mécanisé avec des germoirs biodégradables, il y a moins de charges relatives au repiquage. Deux millions de tonnes de riz sont encore importés chaque année par la Côte d’Ivoire, qui envisage, depuis longtemps d’approvisionner la sous-région voisine. Le pays espère ainsi concrétiser son projet de fournisseur en riz avec la mécanisation via l’utilisation des germoirs biodégradables. Le premier essai commencera par 100 ha autour de Yamassoukro. Viendra ensuite une campagne de vulgarisation de quelques techniques de mécanisation dans d’autres endroits. Il a été quelque peu difficile pour la société de Juslain Raharinaivo de déployer les germoirs biodégradables à Madagascar. Les prestations s’arrêtent à quelques besoins privés ne rendant pas intéressant ses investissements. La machine principale utilisée pour cette technique étant encore importée de Chine. Toutefois, il espère toujours que, vu l’investissement conséquent en aménagement des périmètres rizicoles qui s’avèrent nécessaires pour une autosuffisance rizicole, les opérateurs seront obligés de pratiquer la technique de germoirs biodégradables à repiquage motorisé.