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Suspicions de malversation – L’affaire « écran plat » remise à la HCJ

Le  directeur  général  Laza  Andrianirina,  face  à  l’assistance hier,  a  souligné  l’indépendance  du  Bianco.

Le Bianco a bouclé l’enquête sur l’affaire écran plat. Impliquant un haut responsable étatique, le dossier a été remis, préalablement, à la Haute Cour de Justice.

REBONDISSEMENT. Après avoir été supplanté par d’autres sujets d’actualité, l’affaire « écran plat », revient sur le devant de la scène. C’est une information communiquée durant un événement au Bureau indépendant anticorruption (Bianco), à Ambohibao, hier, qui a replacé le sujet sous le feu des projecteurs.

Lors d’une séance de questions-réponses faisant suite à la présentation du rapport annuel du Bureau anti-corruption, son directeur général, Laza Andria­nirina, a glissé que « l’affaire écran plat est bouclée ». Selon ses propos, le Bianco enquête sur ce dossier et « l’a remis aux instances judiciaires compétentes ». Quelques sources contactées indiquent que l’affaire est, actuellement, « entre les mains de la Haute Cour de Justice (HCJ) ».

Cette primeur de la HCJ pour prendre en main l’affaire entre dans le cadre d’un protocole d’accord avec le Pôle anti-corruption (PAC). La raison est « qu’un membre du gouvernement est happé par le dossier », précisent les sources. Les ministres font, en effet, partie des hauts responsables étatiques qui, comme voulu par la Consti­tution, « sont pénalement responsables, devant la Haute Cour de Justice, des actes accomplis liés à l’exercice de leur fonction, des actes qualifiés de crimes ou délits au moment où ils ont été commis ».

Dans l’affaire « écran plat », le Parquet de la HCJ évalue la recevabilité du dossier contre la personnalité mise en cause. Selon la loi instituant la Haute Cour de Justice, le dossier des recevables, « si les éléments constitutifs de l’infraction sont réunis, auquel cas, le procureur général de la Cour suprême saisi [qui est le procureur de la HCJ] transmet immédiatement la requête au président de l’Assemblée nationale qui doit saisir sans désemparer le bureau permanent ».

Conflit d’intérêt

Le transfert du dossier à la Chambre basse, implique que la procédure de mise en accusation est engagée. Seule la majorité absolue des députés, lors d’un scrutin public, décide de la mise en accusation ou non d’une haute personnalité étatique, devant la HCJ. L’affaire « écran plat », n’est toutefois, pas encore à ce stade. La procédure judiciaire faisant suite à la fin de l’enquête menée par le Bianco n’est, en effet, qu’à ses débuts.

Après la prise en main du dossier par la HCJ, l’affaire sera remise au Pôle anticorruption. La raison est qu’outre le membre du gouvernement, des personnes ne bénéficiant pas du privilège de juridiction accordé par la Constitution, sont également en cause dans le dossier. L’affaire « écran plat » est un scandale ayant secoué la gestion des finances destinées à la lutte contre coronavirus, par le Centre de commandement opérationnel Covid-19 (CCO).

Des documents publiés sur les réseaux sociaux, en août, ont motivé de fortes suspicions de « conflits d’intérêts », dans l’achat de matériel numérique et informatique destiné au CCO au niveau national, notamment. Le sujet a attiré l’attention de l’opinion, la facture ayant été relativement salée. Une affaire qui a fortement éclaboussé un membre du gouvernement et son épouse.

Le détournement de deniers publics en pôle position

Lors des séances de questions-réponses durant la présentation du rapport annuel du Bianco, hier, le directeur général Laza Andrianirina, a souligné que pour l’année dernière, «les infractions les plus fréquentes constatées concernent les détournements de deniers publics». Un point qu’il a souligné à deux reprises dans ses prises de parole. Un fait regrettable qui concerne plusieurs domaines dans l’administration publique.

Interrogé sur les raisons de la discrétion du Bianco, depuis quelques mois, son directeur général a répliqué, que contrairement à ce que pourraient penser certains, «le Bianco fait bien son travail. Seulement, on a tendance à politiser des affaires judiciaires et inversement, à judiciariser des affaires politiques. Le Bianco reste au-dessus de la mêlée, il ne joue pas à ce jeu là ».

Laza Andrianirina affirme toutefois, que tous les dossiers sont traités de manière impartiale. « Nous avons besoin de sérénité », ajoute-t-il, cependant. À l’entendre, la méthodologie d’approche du Bianco vis-à-vis du public connaît des changements. « Nous ne sommes pas tenus de communiquer sur les dossiers brûlants. S’il vous plaît, soyez patients», déclare-t-il. Ceci pour dire qu’il faudra attendre la fin des enquêtes ou le transfert des dossiers à la Justice, pour en connaître les rebondissements.

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