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Editorial

Immoral, bestial, fatal

Et les viols d’enfant continuent de plus belle. Rien que dans ce journal deux nouveaux cas sont signalés dont un fatal pour la jeune victime. Les qualificatifs manquent pour décrire la situation qui prévaut et qui a pris une ampleur incommensurable en très peu de temps. Même les sociologues les plus expérimentés auront du mal à expliquer ce phénomène qui fait fureur actuellement. Comment peut-on violer une bébé de dix-huit mois? Il faut être un malade mental pour y penser. Qu’on viole des adolescentes ou de jeunes dames, cela pourrait avoir des explications même si c’est en aucun cas justifiable.

Pour le moment, le crime continue malgré l’indignation générale, malgré les appels lancés de partout, malgré le durcissement des sanctions pénales contre les auteurs de ces crimes. C’est justement le défaut de la cuirasse.

Les violeurs en puissance sont déconnectés de tout support d’information. Ils ne lisent pas la presse, n’écoutent pas la radio, ne regardent pas la télé et ne sont jamais connectés aux réseaux sociaux. Ils n’ont d’ailleurs pas le niveau d’éducation pour le faire étant donné que soit ils n’ont jamais fréquenté l’école, soit ils l’ont quitté après avoir quadruplé en cours préparatoire. C’est le drame puisqu’ils ne savent même pas que l’acte qu’ils ont commis est un crime passible de la prison à perpétuité. Pire, ils ignorent ce qu’est aller en prison puisqu’ils n’y sont jamais allés. Certes, nul n’est censé ignorer la loi, mais est-ce valable pour des gens qui n’ont pas d’état civil. Les statistiques montrent qu’ils sont des millions d’enfants qui naissent sans acte d’état civil. L’État a inventé l’opération Ezaka kopia pour leur donner une identité dix ans voire plus, après leur naissance.

On aura donc beau renforcer les mesures de lutte les viols, sanctionner pour l’exemple, on risque de ne pas avoir les résultats escomptés. Les condamnés et les prisonniers prendront conscience de leurs actes mais les violeurs en herbe prennent le relais.

La pauvreté fait que de plus en plus d’enfants et de jeunes ne fréquentent guère l’école et sont imperméables à toute sensibilisation et toute conscientisation. Il est des bandits comme il est des violeurs, s’il y en dix qui se font tuer ou arrêter par la police, il en naissent cent dans les maternités. Peut-être davantage. Ils n’ont aucune chance d’être un autre personne que le destin cruel et implacable, une société impitoyable leur a réservé. Leur avenir est scellé dès leur naissance sans aucune possibilité de choix quel que soit leur signe astrologique.

Il faut ainsi attaquer le mal à la racine. Certes, on ne peut pas laisser les viols impunis et attendre que les choses s’améliorent mais il faut penser au long terme si on veut sauver ce qui peut encore l’être.

Mais il faut également trouver une explication à l’explosion du viol familial et incestueux. C’est juste bestial. Un père qui abuse de sa propre fille ou la fille de son épouse, un oncle qui se tape sa nièce sont devenus des banalités qui écument les pages faits divers des journaux. La pauvreté n’a rien à voir à la bestialité de ces pervers. Ils sont également de plus en plus nombreux à pratiquer ces relations en tête à queue.

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  • La pauvreté s’est muée en extrême pauvreté, ses victimes sont alors stigmatisées et écartées de tout lien social. A ce stade elle engendre la déshumanisation qui peut se traduire sous diverses formes, bestialité ici, radicalisation là, souvent sous emprise d’alcool ou de drogue.. Elle ne peut donc que conduire au délitement sociétal, empêchant tout espoir de conscientisation. Il est certainement temps de penser le fonctionnement de nos sociétés autrement, le mur sur lequel on risque tous de s’écraser est plus que jamais menaçant. C’est ce mal-là qu’il faut combattre, partout.

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