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Réouverture de la SUCOMA – Andry Rajoelina relève le défi

Le président de la République annonce la réouverture de la société SUCOMA. Une remise en marche sur financement étatique fait partie des options envisagées.

Le pari est lancé. En visite à Morondava durant le week-end, Andry Rajoelina, président de la République, s’est lancé sur un nouveau challenge. Il s’agit de remettre en marche la Sucrerie Complant Madagascar (SUCOMA). Un défi que le locataire d’Iavoloha compte relever avant la fin du contrat de location-gérance du site.

« Nous allons chercher les moyens de relancer rapidement les activités de cette société », a déclaré Andry Rajoelina, devant les habitants d’Ana­laiva, dont une partie constitue des salariés de l’usine sucrière, en situation de chômage technique. Selon ses dires, l’initiative est motivée par le souci de redonner de l’emploi à la popu­lation locale, mais aussi, de concrétiser le but de « produire localement les besoins de la population ».

Le but serait donc, de produire localement au moins deux-cent mille tonnes de sucre chaque année, ce qui correspond à la consommation annuelle de la population. Il faudra, également, envisager l’exportation. C’est ainsi que la visite de l’usine sucrière, qui a cessé ses activités depuis 2014, s’est inscrite comme première étape de l’escapade présidentielle dans la capitale de la région Menabe, samedi.

L’ancienne Sucrerie industrielle d’Analaiva (SIRANALA), a été reprise en location-gérance par SUCOMA, en 1997. Un contrat qui arrive à terme dans deux ans, selon le chef de l’État. « La réouverture de l’usine se fera avant cette échéance », a-t-il affirmé. Un conflit latent entre les salariés et les dirigeants avait conduit à des heurts, à l’incendie et au pillage d’une partie de l’usine, en décembre 2014. Les activités du site se sont depuis arrêtées.

Prise en charge étatique

Selon les responsables de l’entreprise, une grande partie des installations ont été, soit pillées, soit endommagées. « J’ai constaté que des pièces ont été volées », a soutenu le locataire d’Iavoloha, après avoir fait le tour de la propriété.

Face au président de la République, cependant, un représentant des salariés au chômage technique a plaidé, « l’usine est encore en état de marche, mais elle a été délibérément fermée ».

Une partie de l’assistance a scandé que le mauvais traitement des employés a été la principale cause de « la révolte », de 2014.

Outre le constat que le site d’Analaiva a été vandalisé, Andry Rajoelina a reconnu dans son discours qu’il y a eu « des problèmes », entre les salariés et les employés. Dans la perspective d’une réouverture de l’usine SUCOMA, il a indiqué, « il faut que nous nous éduquions entre nous ».

Après les événements de 2014, des négociations ont déjà été menées par les précédents tenant du pouvoir pour la reprise des activités. Une réouverture prochaine a même déjà été annoncée en 2017, par le ministre de l’Industrie de l’époque.

Le site d’Analaiva est, toutefois, toujours à l’arrêt, jusqu’ici. Les indiscrétions chuchotent que les prérequis posés par la société gérante de l’usine ont fait achopper les négociations.

En plus des garanties sur la sécurité de leur investissement et des responsables, des indemnisations, le paiement des arriérés salariaux, ou encore le paiement par la partie malgache de la remise en état de l’usine aurait été exigé par SUCOMA.

En tout, le desiderata du gérant chinois aurait avoisiné les deux-cent millions de dollars. Lors de sa prise de parole à Analaiva, le président Rajoelina a soulevé l’option selon laquelle, la relance des activités de l’usi­ne sucrière soit prise en charge par l’État.

Les modalités de mise en œuvre de la démarche envisagée par le président de la République ne sont pas connues, pour l’heure. Il est, probable, que l’administration Rajoelina songe à s’impliquer plus dans les activités de l’usine sucrière.

L’appui financier de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), récemment acquis durant le sommet d’Abu Dhabi, pourrait être mis à contribution pour relancer le site d’Anailava. Soulignant le potentiel de la plantation d’Analaiva, le chef de l’État a annoncé, d’autant plus, la construction d’une seconde usine « non seulement pour optimiser la production de sucre, mais aussi, pour la création d’emplois ».

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