Editorial

Cause commune

Pour une élection de proximité c’en est vraiment une. Autant on peut railler les candidats qualifiés à tort ou à raison de folklorique à l’élection présidentielle, autant on retrouve des candidats de toutes les natures aux élections communales. On ne peut que saluer la prise de responsabilité des citoyens devant les affaires nationales. Et si on ne peut que déplorer l’apathie des électeurs qui se font tirer l’oreille, on peut dire qu’au niveau des candidats, l’enthousiasme reste intact. Et quand on voit l’investissement consenti par chaque candidat dans cette campagne surtout dans les campagnes, on ne peut conclure que le feu patriote n’a jamais été éteint. Du moins en apparence.

Car s’il y a des candidats réellement motivés par le développement de leur commune, l’envie de la sortir de la pauvreté et de l’enclavement, il y en a qui ont prêché dans toutes les paroisses de la République de l’Arema à l’IRD en passant par le Tim et le HVM. Que peuvent-ils encore prouver? Ils promettent de faire en quatre ans ce qu’ils n’ont pas pu faire en quatre mandats. Mais qu’y faire? Doit-on en vouloir au parti qui l’a adoubé en toute connaissance de cause en sachant que la masse d’électeurs la plupart ignorant va encore l’élire ?

En revanche, il y a des candidats dont le pragmatisme n’a d’égal que la détermination à l’image d’un certain Rambo dont le programme inclut, entre autres, la prise en charge par la commune des dépenses lors des veillées mortuaires. On peut en rire mais il s’agit là d’une réelle préoccupation de la population rurale, une vraie cause commune. Pour s’en convaincre il suffit de voir le nombre de cadavres abandonnés par leur famille à la morgue de l’hôpital d’Ampefiloha.

Eh oui, souvent le programme des candidats ne répond guère aux principales préoccupations de la population. À un moment où l’eau et l’électricité constituent un casse-tête au quotidien, les électeurs ne souhaitent certainement pas qu’on lui promette la lune ou mars, à moins qu’ils pourront y trouver ce qui leur manque cruellement aujourd’hui. Ils ne demandent que des choses vitales et basiques pour faciliter leur existence. Si la nourriture, l’éducation, les soins, la sécurité, l’éclairage public, le transport, les divertissements sont à leur portée, les dirigeants peuvent supprimer les élections. Les électeurs choisiront la monarchie. Hélas, certains candidats estiment qu’il faut promettre du brillant et du luxe pour être adulé et idolâtré. Il est vrai que la pauvreté enlève toute faculté d’analyse et de réflexion et certains candidats en abusent.

Ceci dit, les candidatures aux élections sont tellement banalisées désormais que l’administration publique perd toute sa valeur. Les élus doivent être d’abord des individus qui ont un minimum de maîtrise de la fonction qu’ils briguent. Mais on n’est pas à paradoxe près. L’État dépense beaucoup d’argent pour former des administrateurs civils et des agents diplomatiques et il nomme par la suite des personnalités politiques à leur place.

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