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Carburant – 47 milliards d’ariary de passif aux pétroliers

On  attend  l’impact de la hausse du prix du baril sur les prix à la  pompe.

Tout est maintenant clair et sans équivoque. L’État réactive le mécanisme bien huilé de la subvention pour maintenir les prix du carburant à leur niveau de juin 2019.

Une réponse sans ambiguïté qui dissipe les interrogations et les spéculations. De la part de l’Office malgache des hydrocarbures, OMH, à propos des « prix fossilisés » du carburant. « Aucun changement n’interviendra en dépit de la montée sur une courbe ascendante des cours du Brent sur le marché international » indique une source auprès de l’OMH. Ces derniers jours, d’une séance à l’autre aux bourses des valeurs, la cotation du baril de pétrole n’a cessé de grimper. Et dépasse désormais la barre des 80 dollars. Même le WTI, l’offre la moins chère du marché international, s’échange au-dessus des 76 dollars. « La situation socioéconomique à Madagascar, encore marquée par les séquelles de la crise sanitaire, n’est pas appropriée pour réviser à la hausse ces prix à la pompe », se justifie l’OMH. Il est vrai que la relance économique attendue n’a pas encore atteint son rythme de croisière. Loin s’en faut.

De nombreuses entreprises de divers secteurs sont toujours en convalescence. Sinon en léthargie. Il n’est pas question de les bousculer outre mesure par des pénalités financières. En tout cas, une augmentation de ces « prix immuables » enclencherait l’effet domino de la spirale inflationniste. À même d’étrangler et d’étouffer les consommateurs déjà à bout de souffle. Mais ce refus de la loi du marché libéral a un coût. Depuis le mois d’août, avec l’écart qui se creuse entre les prix affichés dans les stations-services et ce qu’ils devaient être, le passif à apurer auprès des pétroliers commence à prendre une proportion inquiétante. « Il atteint les 47 milliards d’ariary » indique l’OMH. Au début de cette année, l’État a pu éponger 172 milliards d’ardoise ou de « dividendes » cumulés de plusieurs mois en faveur de ces mêmes pétroliers. En récompense de « leur aimable compréhension ».

Respect de balises

Pourtant, dans sa lettre indicative, sous forme de cascade de « directives », datée du 12 février, le Fonds monétaire international, FMI, a indiqué que, entre autres engagements, « les autorités maintiendront également les prix des carburants à un niveau conforme avec les coûts du marché, afin d’éviter l’accumulation de nouveaux passifs envers les distributeurs de carburant ». Suite à ces ententes tacites, le Conseil d’administration du FMI a approuvé le 30 mars l’octroi des 312 millions de dollars au titre de la Facilité élargie de crédit, FEC.

À décaisser en sept tranches de 48 millions de dollars. Auparavant, Madagascar a déjà obtenu 338 millions de dollars par le biais de la Facilité de crédit rapide, FCR, du FMI, afin de soutenir les actions de riposte anti-coronavirus. Il serait intéressant d’entendre la réaction de la mission de revue du FMI, conduite par Frédéric Lambert, qui a pris le relais de Charalambos Tsangarides. Il a déjà eu des contacts directs avec les membres de la nouvelle équipe du ministère de l’Économie et des finances, sous l’égide de la ministre, Rindra Hasimbelo Rabarinirinarison.

Cette « rebuffade » de la partie malgache, au regard de ce qui a été conclu avec le FMI, pour « être sous programme », serait-il un incident de parcours sans conséquence sur le chemin tortueux menant vers la croissance économique? C’est tout le mal qu’on puisse souhaiter à l’équipe de Christian Ntsay. Qui doit se préparer à affronter une autre épreuve. La conception du projet de loi de finances 2022, sous la supervision du FMI. Une première pour ce régime présidé par Andry Rajoelina. Ce qui sous-entend le respect de certaines balises, l’adoption de quelques attitudes, pour contourner les éventuelles tentations à s’adonner à des dérives budgétaires.

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