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Santé publique – Le paludisme se présente chez une fillette à trois reprises

Le paludisme revient à la charge dans la capitale. Une fillette et deux autres membres de sa famille ont été victimes, cette année.

Le paludisme est récurrent chez une fillette de 3 ans qui habite à Mahatsinjo Anosiarivo Ambohimanga, dans le
district d’Avaradrano. La maladie l’a affaiblie à trois reprises depuis janvier. Des recherches sont en cours, pour déterminer les causes de cette récurrence de la maladie, chez la victime. « La malade n’a-t-elle pas pris convenablement les médicaments ? Ou est-ce le type de parasite qui est résistant ?». Telles sont les questions qui devraient être éclairées par les analyses des prélèvements sur la victime.

En janvier, l’enfant et deux autres membres de sa famille ont été testés positifs au paludisme. En suivant des traitements contre la maladie, les trois victimes se sont rétablies. Peu de temps après, l’enfant est de nouveau malade. C’était encore le paludisme qui l’attaquait. Cette semaine, les symptômes du paludisme se présentaient à nouveau chez elle. Des tests effectués, mardi, ont encore révélé qu’elle souffrait du paludisme. « La densité parasitaire est très élevée chez la victime. Elle est fiévreuse, mais bien portante. Elle arrive encore à jouer, donc on ne l’a pas hospitalisée. Elle suit les traitements chez elle », indique un médecin.

La réapparition des cas de paludisme dans la capitale intrigue les professionnels de la santé. Normalement, le paludisme autochtone ne devrait plus survenir, car il est considéré que les anophèles, les vecteurs de la maladie, n’existent plus sur les Hautes Terres centrales, notamment, à Antananarivo. Des agents de santé vont attraper des moustiques dans cette zone et en faire des cultures pour confirmer si elles comportent des parasites ou non. En tout cas, ces victimes qui vivent près d’une rizière, auraient affirmé qu’elles n’ont pas bougé de la capitale depuis un certain temps. Si les résultats des analyses révèlent qu’il s’agit de paludisme autochtone, les efforts menés dans l’élimination de la maladie retombent à zéro. D’autres cas peuvent survenir.

Plusieurs cas

Des équipes du ministère de la Santé publique ont déjà effectué des activités de riposte, à savoir, l’aspersion intra domiciliaire et la distribution de moustiquaires, dans ce village limitrophe d’Ambohidratrimo, après l’apparition de ce cas. D’autres personnes ont fait un test de diagnostic rapide du paludisme. Les résultats étaient négatifs.

Ce n’est pas la première fois que des cas de paludisme ont été dépistés à Antananarivo, cette année. Au mois de mars, trois personnes qui vivent dans le district d’Atsimondrano ont présenté les symptômes de la maladie. Les recherches effectuées à l’époque n’auraient pas confirmé l’existence de paludisme autochtone, bien que les victimes aient affirmé qu’ils ont probablement été infectés à Antananarivo. Elles ne se seraient pas déplacées en dehors de la capitale.

Des spécialistes en météorologie soulignent, en outre, qu’Antananarivo n’est pas à l’abri de la recrudescence de cette maladie, avec les impacts du changement climatique. « Les anophèles femelles ont besoin d’une température de plus de 18°C pour se reproduire. Actuellement, la température moyenne est autour de 20°C sur les Hautes Terres centrales. Il n’y a pas moyen de baisser cette température. Il fera encore plus chaud, à cause du changement climatique. Ce qu’il faut, c’est éliminer les moustiques », a expliqué Zo Rabefitia, climatologue auprès de la direction générale de la Météorologie, au mois d’avril. Malheureu­sement, l’émission importante de gaz à effet de serre, source principale du réchauffement climatique, se poursuit. La hausse de la température moyenne est irréversible pour les années à venir. Des mesures d’adaptation doivent être prises, pour éviter que le paludisme ne se propage et tue de nombreuses personnes, comme dans les années 80. Le chef d’État Andry Rajoelina, présent à la Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, promet qu’il apportera de l’amélioration dans la lutte contre ces trois maladies.