Océan indien

Comores – L’opposition veut boycotter les législatives

L’opposition comorienne a annoncé ne pas pouvoir participer aux prochaines législatives. Elle a justifié sa décision par l’illégitimité du pouvoir du Président Azali.

L’opposition comorienne a conditionné sa participation aux élections législatives début 2020 à plusieurs exigences, notamment le vote de la diaspora et la garantie de scrutins «transparents, libres et démocratiques», alors que la présidentielle de mars avait été entachée de nombreuses fraudes.

Dans une résolution signée par les quatre principaux groupements politiques de l’opposition et obtenue jeudi par l’AFP, «les mouvements et partis signataires annoncent ne pas pouvoir prendre part aux prochains scrutins législatifs».

L’opposition a justifié sa décision par «le caractère illégitime» du pouvoir du président Azali Assoumani réélu le 24 mars à l’issu d’un scrutin émaillé de nombreuses fraudes, selon la plupart des observateurs, et par «l’inconstitutionnalité d’une loi» votée début septembre autorisant le chef de l’État à légiférer par ordonnances pour organiser les prochains scrutins législatifs.

Elle a aussi expliqué «tirer les enseignements des scrutins passés (…) viciés par la fraude massive et le non respect du code électoral».

Dialogue

Toutefois, l’opposition pourrait «revoir sa position et envisager une participation» si le gouvernement rétablit, selon elle, l’État de droit, concrétise le vote de la diaspora et engage «un dialogue national sous les auspices de la communauté internationale» pour garantir «un scrutin transparent, libre et démocratique supervisé par des forces de sécurité extérieures».

Le poids électoral des Comoriens vivant à l’étranger est potentiellement important. La diaspora est estimée à quelque trois cent mille personnes rien qu’en France, l’ancienne puissance coloniale, alors que l’Union des Comores, archipel de l’océan Indien, abrite près de huit cent mille habitants.

Depuis l’élection présidentielle de mars, elle est fortement mobilisée contre «le régime dictatorial du président Azali».Le chef de la Mouvance présidentielle, Ali Mliva Youssouf, a jugé «regrettable» la décision de l’opposition de boycotter les législatives.

«Le vote de la diaspora est pratiquement impossible, les mesures pour permettre sa participation ne sont pas encore en place… Quant à la présence d’une force de sécurisation étrangère, elle n’est envisageable que dans un pays en crise, or les institutions fonctionnent normalement», a-t-il estimé.

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