Chronique

Chronique de VANF : Nos amis, les bêtes

J’ai la fibre animalière. J’ai la fibre paysagère. J’ai la fibre collinaire. J’ai la fibre environ­nementale. J’ai la fibre canine et féline.

Dans « Droopy, I’m sorry ! » (Chronique VANF 12 juillet 2005), j’écrivais déjà : « Les Malgaches sont, au mieux indifférents au pire inutilement cruels, envers les animaux. Pour un automobiliste qui lève le pied, on rencontre cent autres qui alimentent la rubrique des chiens écrasés. Quand la pollution urbaine n’a pas fait fuir les petites bêtes, des enfants continuent de torturer les endémiques caméléons. À la campagne, c’est-à-dire finalement au pied de Manjakamiadana, une pierre lancée avec force meurtrit régulièrement un coq turbulent, tandis qu’un peu plus loin le bâton s’abat avec férocité contre les flancs d’un zébu efflanqué. Trop de sensibleries sans doute, mais une enfance passée en compagnie d’Idéfix, de Milou, de Bill, prédispose à aimer Cubitus, Snoopy, Gai Luron ou Droopy, de 7 à 77 ans ».

Chien ou chat, notre animal de compagnie apporte beaucoup de détente sans contrepartie dans une Humanité parfois de brutes. Leur compagnie m’est infiniment préférable au partage de la voie publique avec des chauffeurs de taxibe sans éducation. Seuls les animaux peuvent être sauvages, les humains ayant l’exclusivité de la barbarie.
Et comme je l’écrivais, il y a quatorze ans, « on se dit que, finalement, les chiens errants ne sont pas plus salissants que les noctambules du vendredi soir à Analakely ou Mahamasina ou que les fêtards du 26 juin sur l’avenue de l’indé­pendance ou que les sans-abri de partout dans la ville 365 jours de l’année ».

Je dédie cette Chronique à notre chienne « Negrita », décédée sans postérité, alors qu’elle était l’ultime représentante d’une dynastie canine ininterrompue depuis 1975. La faute à une césarienne d’urgence et une hystérectomie trop hâtive. Pour un chien de sa race, ses dix-sept ans correspondraient à un âge humain canonique. Au paradis des chiens, elle qui ne fut que gentillesse et douceur toute sa vie, jamais un aboiement plus haut que l’autre, a déjà trouvé sa place.

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