Faits divers

Traite humaine – Des domestiques et leurs expéditeurs traqués

Les sept victimes de cette traite de personnes.

Douze personnes dont sept ménagères en passe d’être expédiées en Arabie Saoudite ont été interpellées dans le quartier d’Ivato, lundi matin.

Des réseaux de traite humaine loin d’être complètement défaits. Lundi vers 6h, les policiers du service des enquêtes spécialisées ont localisé sept domestiques de 18 à 32 ans, logées quelque part à Ivato. Elles attendaient leur départ pour l’Arabie Saoudite. Après avoir été auditionnées, elles ont dénoncé leur recruteuse, la femme d’un prévenu déjà écroué pour envoi de migrantes clandestines vers ce pays.
La suspecte, âgée de 28 ans, a ensuite été interpellée. Elle a ainsi cité ses présumés complices. Du coup, quatre autres individus ont été cueillis l’un après l’autre. Parmi ces derniers, une jeune femme s’apprêtait déjà à quitter Madagascar. Des documents de voyage, papiers administratifs et un certificat médical ont été saisis chez son enrôleuse lors d’une perquisition effectuée par la police. Cette deuxième racoleuse faisait depuis bien longtemps l’objet de recherches suivant une délégation judiciaire par la justice.
Ils sont en tout douze individus qui ont été embarqués à Anosy ce lundi pour interrogatoire. « Les deux recruteuses étaient les têtes pensantes de cette affaire, et les trois seraient leurs comparses, tandis que les sept derniers sont des travailleuses », a précisé un enquêteur.

Conséquences dramatiques
Le service de l’information, de la communication et des relations avec les institutions (SICRI) de la police nationale a annoncé hier que plusieurs personnes sont encore recherchées dans ce réseau. « L’enquête poursuit son cours », démontre-t-il.
Quatre ans après l’adoption de la loi n°2014-040 sur la lutte contre la traite des êtres humains, les réseaux criminels impliqués ne cessent apparemment de s’accroître. Leur démantèlement se fait plus d’une fois entendre auprès du service des enquêtes spécialisées, mais de nouveaux réseaux apparaissent dans la capitale. Malgré les conséquences dramatiques auxquelles sont confrontées les domestiques malgaches à l’étranger, d’autres risquent quand même leur vie et espèrent obtenir leurs passeports pris en charge par le réseau.
Sur cette forme de vente de personnes, la loi, dans l’article 12 prévoit un emprisonnement de 5 à 10 ans et une amende de 4 à 20 millions d’ariary. Pour les auteurs, « si l’infraction a entraîné la mort de la victime, les peines de travaux forcés à perpétuité sont encourues ».