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Épidémie – Le Président déclare la guerre à la peste

Le chef de l’État part en croisade contre la peste. S’exprimant pour la première fois sur l’épidémie, il lance un appel au calme et au discernement de la population.

Mieux vaut tard que jamais. Critiqué pour son impassibilité apparente face à la propagation de la peste dans le pays, Hery Rajaonarimam­pianina, président de la République, est sorti du silence, hier.
Pour prouver que contrairement à ce qu’affirment ses détracteurs, les échos de l’épi­démie résonnent à Iavoloha. Il déclare ainsi la guerre à la peste.
Le scénario a, selon toute vraisemblance, été ficelé pour montrer un chef d’État au front, et menant l’administration publique et les partenaires à la guerre contre l’épidémie, comme il l’a dit hier. La journée consacrée par le locataire d’Iavoloha à son engagement dans la guerre contre la peste a démar­ré par une visite du dépôt de la Centrale d’achats de médicaments essentiels et de matériels médicaux SALAMA, à Tanjombato.
Le président de la République a affirmé que l’arsenal nécessaire pour combattre la peste est suffisant. Après quoi, il a pris part à la réunion de la cellule de crise au ministère de la Santé, à Ambohidahy.
Une séance d’environ trente minutes, retransmise en direct sur les réseaux sociaux et devant la presse, qui s’est surtout focalisée à faire le point de la situation au chef de l’État.
Après un détour par l’Institut Pasteur à Avaradoha, Hery Rajaonarimampianina a participé à la réception d’un lot de médicaments et de matériel de riposte donnés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Unicef et l’Usaid, au centre de stockage de DHL Ankorondrano. Durant cette journée de sortie, l’appel à la population à ne pas céder à la panique, car elle crée le désordre, a été le message martelé par le président de la République.

Communication
Durant la réunion avec la cellule de crise à Ambohi­dahy, il a donné la consigne sur la riposte contre la mala­die, la communication et la sensibilisation de la population sur l’évolution de l’épi­démie et les mesures à prendre. « La peste peut être guérie si l’on est soigné à temps. Nous avons les armes suffisantes pour lutter contre cette mala­die », a-t-il tambouriné.
Insistant sur l’importance de la communication, le président Rajaonarimampianina a sorti les griffes contre ceux qui propagent des rumeurs autour de l’épidémie. Il a également contracté ses muscles contre ceux qui veulent profiter de la situation pour en faire une arme politique.
La communication, pourtant, est le point sur lequel l’État est fortement critiqué dans sa riposte contre l’épidémie. Il a fallu près d’un mois après le début des hostilités pour que le chef de l’État s’exprime et monte au front pour mener ses troupes au combat.
Le gouvernement, quant à lui, a alterné les déclarations contradictoires. Un jour il est dit que la maladie est maîtrisée, le lendemain il est soutenu qu’elle se propage au point de devenir une épidémie urbaine. L’État n’a d’autant plus concédé l’existence des risques que plusieurs jours après le premier décès.
Le branle-bas de combat n’a été lancé qu’au lendemain du décès d’un ressortissant seychellois, alors qu’avant, la presse a déjà alerté sur des cas de Malga­ches morts de la peste, enregistrés à Antananarivo et Toamasina.
En réponse à une question de la presse, hier à Ankorondrano, Hery Rajao­na­rimampianina a déclaré que chaque année, des actions pour prévenir une épidémie de peste est menée. Nous n’y avons pas dérogé cette année. Un communiqué du gouvernement, publié hier soutient que la propagation rapide dans les grandes villes et hors de la période habituelle aurait compliqué la riposte. Le ministère de la Santé a pourtant déjà indiqué que le pays est en pleine saison pesteuse.
Bien qu’il semble y avoir une nouvelle contradiction ici, la sensibilisation de masse sur les mesures à prendre face aux risques, a été tardive. Pareillement, l’assainissement qui devrait être un travail quotidien des autorités locales, appuyées par l’État si elles n’en ont pas les moyens, n’a été effective que lorsque les signaux ont viré au rouge.
Quand le chat dort, les rats dansent.

Garry Fabrice Ranaivoson

6 commentaires

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  • La peste a commencé a sémé la mort à Madagascar EN AOUT 2017 et ce type ne « declare son guerre à lui, contre la peste » que le 10 OCT 2017!
    Heureusement que les Américains, L’OMS, les Nations-Unis sont là pour accompager le peuple Malagasy dans ce passage difficile. Merci à vous tous!

  • « Ficelé ou pas », croira qui voudra.!
    Ce fléau n’était pas son premier souci depuis son apparition au mois d’aout.! Ce qui lui taraudait l’esprit c’était de TRIPOTER la constitution pour l’arranger à la sauce « bao manga au parfum mananasy ».!!!
    Aujourd’hui, il est acculé, mis au « pied du mur », il faut bien qu’il fasse son kabary.! Ce bonhomme a toujours versé dans le déni en ce qui concerne les maux de son pays (pauvreté et peste).!

  • On sait que la peste est véhiculée par des puces qui se nourissent du sang de tout animal. Le rât est un vecteur privilégié. Or comme à Paris, le nombre de rats d’une capitale est peut-être supérieur au nombre d’habitants. Les râts piqués par une puce elle-même contaminée par la bactérie Yersinia Pestis, meurent comme les humains. La puce délaisse alors le rât mort et cherche un nouvel hôte. Parfois c’est l’homme. C’est un peu le même principe que le palu avec le moustique. Chaque puce peut pondre 50 oeufs par jour. Il est pourtant facile de faire des pièges à râts, avec de l’eau savonneuse pour noyer les puces en même temps. (explications piège à souris sur Youtube avec du beurre de cacahuètes, à faire en plus gros : remplacer le seau par une poubelle 80L). L’arrivée de la maladie chez l’homme se produit en général environ 15jours aprés la mort des râts (appelée épizootie). On peut faire des pièges à puces, utiliser des répulsifs, bicarbonate de soude, vinaigre, huiles essenteilles. Et pour prévenir comme guérir, manger de l’ail, inhaler de l’arbre à thé, du Mandravasarotra, etc… bref il y a le choix. Mais savoir reconnaître les symptômes rapidement est essentiel. Masque respiratoire traité aux huiles essentielles pour se protéger, comme pour guérir, comme pour ne pas contaminer son entourage. Impératif dans les transports en commun, type taxi. On peut guérir facilement je pense mais bien connaître la forme pulmonaire qui est plus « foudroyante ». Attrapée par les poumons, la bactérie peut s’y développer et tuer en seult 3 jours, contre 10 en cas de piqûre par une puce contaminée. Piège à puce : assiette remplie d’eau avec 1 goutte ou 2 produit vaisselle, éclairage doux au dessus avec une lampe ou une bougie centrale pr attirer les puces qui s’y noient. Ce Président me fait penser à Macron, il attend la catastrophe pour agir. Q’a -t-il fait pour lutter contre la pauvreté? En 2014 j’ai croisé une lépreuse au marché à Tana, j’ai halluciné. Pourtant facile à guérir, mais bon. On a vu l’inefficacité de l’état malgache lors de Enawo, combien sont ceux parmi les plus touchés qui n’ont reçu aucune aide ? Malgré des envois de la Croix rouge, des villages rasés reculés derrière Antalaha, n’ont rien vu venir. Absolument rien. Aujourd’hui, c’est insécurité, pauvreté accrue, et inflation. Ras le bol de ces dirigeants qui ne pensent qu’à eux et à leur communication même s’ils s’en défendent. Où vont les richesses de Mada ? Qui les exploite ? Qui autorise leur exploitation? Hery dirige ou subit-il les menaces de lobbyes ou de maffias puissantes y compris celles étatiques d’autres états ? Il se passe quoi nom de dieu sur cette île ? Ras le bol de voir que c’est tjs les plus pauvres qui trinquent les premiers !

  • Et bravo aux forces de l’ordre malgaches qui ont le mérite d’essayer de faire leur travail dignement et ce ne doit pas être facile vu l’omniprésence de la pauvreté et donc de la corruption. Chaque fois que je suis allé à Mada, je les ai trouvé trés corrects avec moi pourtant parfois c’était tendu -contrôle routier taxi trop chargé : ils avaient raison – (enfin la plupart mais c’est partout pareil). L’honnêteté finit tjs par payer (à moyen ou long terme) messieurs et mesdames, alors tenez bon !

  • Par contre évidemment, on va vous dire que vous avez besoin de médicaments avant ET aprés la peste… vu la demande les prix vont exploser et les labos pharmaceutiques et les pharmacies vont se gaver, alors qu’il suffit de suivre les conseils de mon post précédent et aussi bien étudier la maladie sur des sites comme Wikipedia ou institut PASTEUR : la connaissance du mode de propagation de cette bactérie par les puces des râts, ou dans l’air dans une pièce ou tousse un malade pestiféré (sauf s’il porte un masque…) . La connaissance est la meilleure arme pour lutter contre cette maladie. Et pour pas cher. Les pauvres étant les premiers concernés, ça peut avoir son importance. Aux internautes de leur transmettre « la bonne parole ».

  • hygiène + hygiène + encore HYGIENE distribution gratuite de l’eau de javel déjà pour commencer (connaissent pas a 70% ) et en pulvériser partout ça ne fera pas de mal croyez moi …