Une diplomatie économique offensive et conquérante, pour un rayonnement international et contribuer de manière active au développement de Madagascar. Tel pourrait être le résumé de la politique diplomatique que Patrick Rajoelina, ministre des Affaires étrangères, a développée durant une rencontre diplomatique, hier, à Anosy. L’Express de Madagascar. Une partie de l’opinion publique était dubitative suite à votre nomination, du fait de votre double nationalité et de votre passé professionnel au sein de l’administration publique française. Patrick Rajoelina. Je suis malgache. J’ai fait toute ma carrière de haut fonctionnaire en France, notamment dans les cabinets ministériels, l’industrie de l’armement, également, dans des établissements publics et le protectorat. J’ai effectivement une formation qui est militaire d’une part, puisque je suis un ancien para-commando de l'armée et, aussi, en 1980, je suis entré au ministère de l'Intérieur, où, pendant trente-sept ans, j’ai fait carrière en étant chef de cabinet de trois ministres français, secrétaire générale dans l’industrie de l’armement et collaborateur de préfet. Quoi qu’il en soit, votre nomination n’a pas fait l'unanimité... J’ai, par ailleurs, comme beaucoup d’anciens ministres notamment des ministres des Affaires étrangères, une double nationalité. Je n’ai pas à m'excuser d’avoir cette double nationalité. Ma famille est originaire d’Ambohibemanjaka e t Manandriana Avaradrano. Ma mère est polonaise, ma fille est canadienne, mon épouse et moi sommes malgaches. J’ai fait toute ma carrière à Paris et je suis rentrée à Madagascar, il y a cinq ans, pour servir le pays. Aujourd’hui, j’ai 67 ans et je n’ai aucune leçon à recevoir de personne quant au fait que je suis malgache. Certains craignent, néanmoins, qu’il pourrait y avoir un risque de conflit d'intérêt étant donné que vous êtes à la tête d’un ministère de souveraineté. Je ne vais pas m’excuser d'être qui je suis et d’avoir fait une carrière que peut-être, beaucoup envient en Europe. J’ai fait carrière en ne touchant jamais aux intérêts de Madagascar, ni de mes compatriotes malgaches. Y a-t-il eu dans le passé des ministres de double nationalité qui ont été déloyaux à l'égard de Madagascar lorsqu’ils ont servi le pays? Et je le redis, il y en a eu beaucoup depuis 1960. J’ai fait toute ma carrière dans une parfaite loyauté à l'égard d’un pays, la France effectivement, puisque je suis née à Paris et j’ai fait cette carrière en Occident. Mais vous verrez à toutes les lignes de mon C.V [Curriculum vitae], je suis quelqu’un de loyal, de carré, juste et honnête. Parlons, justement, des relations entre Madagascar et la France. Récemment, il y a eu la rencontre entre le Président Andry Rajoelina et son homologue Emmanuel Macron. Nos relations avec la France se portent-elles bien? Tout d’abord, cette visite du Président Andry Nirina Rajoelina à son homologue n'était pas une visite d’État, donc il n’y avait aucune raison pour qu’il y ait un tapis rouge. Cependant, le président de la République a été accueilli à l'Elysée par son homologue, avec la musique militaire qui sied à une telle visite. Deuxièmement, vous l’avez entendu dans le discours du Président Macron, il souhaite que le Président Rajoelina réussisse. Troisièmement, les relations entre Madagascar et la France sont excellentes, dans la mesure où les deux Présidents s’entendent parfaitement, et d'autre part, des coopérations extrêmement intéressantes se font entre les deux pays, comme les coopérations qui se font entre Madagascar et d’autres pays du monde. Nous avons, effectivement, ici, près d’une douzaine d’entreprises du CAC 40. Donc, notre pays est crédible pour les plus puissantes entreprises françaises. Nous l’avons vu durant la Rencontre des entrepreneurs francophones (REF), les entreprises implantées à Madagascar ont montré cette crédibilité de notre pays quant à un certain nombre d'investissements qui pourraient être fait dans un certain nombre d’autres domaines. Il y a, toutefois, un point de désaccord majeur entre les deux pays, celui sur les îles éparses. Il a été dit à Paris que les discussions au sein de la commission mixte allaient reprendre. Y aurait-il un calendrier prévu? Pour revenir à l’histoire, le 30 avril 1960, avant le retour à l'indépendance, le général De Gaulle avait retiré les îles Malagasy du territoire national qui allait être concédé à Madagascar. En 1979, l’Organisation des Nations unies (ONU), a pris une résolution disant que ces îles Malagasy, fréquentées déjà depuis le 18e siècle par les pêcheurs sakalava et vezo, font partie du territoire national de Madagascar. Et l’ONU a demandé aux deux parties de discuter afin que ces îles soient restituées à la République de Madagascar. Aujourd’hui, une commission mixte a déjà eu lieu en novembre 2019, suite à une demande du Président Andry Nirina Rajoelina, le 19 mai 2019, à son homologue français, estimant que ces îles font partie de l'identité nationale malgache. Aujourd’hui, nous préparons la deuxième réunion de la commission mixte afin de faire avancer ce dossier. Il y aura une nouvelle réunion de la commission mixte avant la fin de l'année, c’est ça? Affirmatif. C’est ce qui est prévu. Nous attendons l’agenda français, puisque cette rencontre aura lieu à Paris. Nous sommes à l'écoute des propositions de la République française et j’en ai d’ailleurs parlé avec Christophe Bouchard, ambassadeur français, que j’ai reçu lors d’une visite de courtoisie, cette semaine. Donc la position malgache reste la restitution de ces îles au territoire national? La position malgache reste sur ce que le président de la République de Madagascar a évoqué, le 19 mai 2019. Parlons un peu des actualités de votre ministère. Vous venez d’organiser une rencontre diplomatique. Quel en a été l’objectif? Juste après ma nomination à la tête du ministère, je suis tout de suite parti en mission avec le chef de l’État au Malawi. Ensuite, je suis rentrée pour faire la passation de pouvoir, avant de repartir tout de suite pour la France, avec le président de la République. Je n’ai pas eu beaucoup de temps pour rencontrer les ambassadeurs, jusqu’à maintenant. J’ai néanmoins pu rencontrer les cinq ambassadeurs des États membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies. J’ai, toutefois, souhaité rencontrer l’ensemble du corps diplomatique présent à Madagascar. J’ai estimé qu’il serait plus convivial de réunir tout le corps diplomatique afin que je leur présente les différents axes de la politique diplomatique de la République de Madagascar. Vous avez mis l’accent sur la diplomatie économique. Qu’allez-vous faire? Pour moi, la diplomatie économique englobe trois choses. D’abord, nouer des relations étroites avec les pays amis, afin de mettre en place des commissions mixtes bilatérales qui seraient chargées de lister les propositions de ces pays amis en matière de coopération internationale et d’en faire un suivi pays par pays, PTF par PTF [Partenaires techniques et financiers]. Deuxièmement, elle signifie, pour moi, associer dans un cadre de partenariat public-privé les entreprises de Madagascar afin qu’elles puissent se développer et permettre l’accueil d’entreprises étrangères qui souhaitent investir chez nous. Le troisième pan, c’est la création d’un club excellence Madagascar qui rassemble tout ce qu’il y a de plus beau à Madagascar, que ce soit dans l’industrie, l’artisanat, le sport ou la culture. Ce club présentera également les fleurons de notre industrie, de nos entreprises, afin que les gens à l'extérieur puissent avoir une idée de ce que nous pouvons et pourrons faire. La marque Madagascar doit à nouveau étinceler. Concrètement, comment comptez-vous faire pour chercher les investisseurs étrangers chez-eux? Très concrètement, je souhaite que nos représentations à l'extérieur soient offensives et conquérantes dans le domaine économique, mais qu’elles rayonnent également sur le plan culturel, sportif ou associatif. Que nos représentations extérieures soient présentes partout où c’est possible, dans les rencontres économiques et qu’elles aillent chercher, justement, les investisseurs qui seraient intéressés par Madagascar. Je compte aussi m’appuyer sur des consuls honoraires qui auront pour tâche, avant leur nomination, d'apporter un certain nombre de choses. Cela pourrait être la construction d'écoles, ou des dons, ou même des investisseurs. Et c’est à l’aune de ce qu’ils apporteront, qu’ils seront nommés consuls honoraires. J’attacherai un prix particulier à vérifier chaque année leur travail et les choses qu’ils ont apportées à notre pays, dans des termes très concrets. Y aurait-il donc l’ouverture de nouvelles ambassades? Je suis en train de définir les fiches de poste des ambassadeurs dans le cadre de ce que j’ai évoqué. C’est-à-dire une diplomatie économique, mais également le rayonnement de Madagascar à l’étranger. Une fois que cette fiche de poste sera validée par le président de la République et le Premier ministre, il y aura, ensuite, une demande de manifestation d'intérêt des uns et des autres pour devenir ambassadeur, consul général, ou consul honoraire. Il a quasiment toujours été de pratique à Madagascar que la nomination des ambassadeurs se fasse sur des critères politiques. Au regard de la politique diplomatique que vous avez présentée, allez-vous, plus miser sur les diplomates de carrière? Je suis le ministre de tous les Malgaches. Je ne dois avoir aucune lecture politique de telle ou telle nomination. Mais je ne m'interdis rien. Si quelqu’un est suffisamment compétent pour tenir une ambassade, naturellement il pourra servir Madagascar. Je ne m’interdis rien quant à la présélection des ambassadeurs qui, comme vous le savez, selon la Constitution, seront nommés par le président de la République. À votre niveau, quels sont les critères pour pouvoir prétendre à un poste d’ambassadeur dans le cadre de cette diplomatie économique? Bien sûr, il y a des pré requis. Naturellement, il faut avoir suivi une formation supérieure, avoir une certaine expérience et, avec l’obligation impérative de parler l’anglais couramment, comme il s’agit de la langue privilégiée dans la diplomatie. Parler une autre langue sera un atout. En somme, je souhaiterais avoir un technicien - communicant. Pour moi, un ambassadeur doit être quelqu’un qui porte le pays à l’étranger, qui le fait rayonner à l’international, mais surtout, quelqu’un qui rapporte à Madagascar. J’estime que c’est le devoir de redevabilité de l’ambassadeur que de travailler pour le bien être de nos compatriotes. Dans les faits, comment cela se présentera-t-il? Pour chacun des ambassadeurs, il y aura une obligation de résultat. Dès la nomination, il y aura un contrat qui sera signé entre l’ambassadeur et le ministre des Affaires étrangères, portant sur un certain nombre d’engagements. Chaque année, il y aura l’audition de chacun des ambassadeurs par le ministre des Affaires étrangères et tout au long de l'année, il y aura des inspections sur le travail de chacun. Ce que je souhaite, c’est que chacun soit à la tâche et se préoccupe, tous les jours, dans tout ce qu’il fait, au bien-être de nos compatriotes. Comment comptez-vous manœuvrer, étant donné que les ambassadeurs sont nommés par le président de la République et que certains pourraient même avoir des relations privilégiées avec lui? Il est tout à fait normal que le président de la République nomme les ambassadeurs, puisque c’est une de ses prérogatives selon la Constitution, mais fonctionnellement, ils sont sous l'autorité du ministre des Affaires étrangères. Et j'espère que tous les fonctionnaires, y compris les ambassadeurs, ont des affinités avec celui qui a été élu démocratiquement. Je ne parle pas de politique ici, mais du respect de la fonction du chef de l’État. Sur le choix du déploiement des ambassades, y aurait-il des pays qui seraient priorisés? Nous avons des pays cibles, notamment les cinq grandes puissances, membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, mais il y a également d’autres puissances économiques où seront naturellement nommés des ambassadeurs. Je ne vais pas les citer, au risque d’en oublier. L'idée est de développer un outil diplomatique qui pourra couvrir l’ensemble de la planète, directement par des ambassadeurs, ou indirectement par des consuls honoraires. Nous ne nous interdisons absolument rien. En vous écoutant, une question s’impose. Avons-nous les moyens de nos ambitions diplomatiques? Oui.
Une diplomatie économique offensive et conquérante, pour un rayonnement international et contribuer de manière active au développement de Madagascar. Tel pourrait être le résumé de la politique diplomatique que Patrick Rajoelina, ministre des Affaires étrangères, a développée durant une rencontre diplomatique, hier, à Anosy. L’Express de Madagascar. Une partie de l’opinion publique était dubitative suite à votre nomination, du fait de votre double nationalité et de votre passé professionnel au sein de l’administration publique française. Patrick Rajoelina. Je suis malgache. J’ai fait toute ma carrière de haut fonctionnaire en France, notamment dans les cabinets ministériels, l’industrie de l’armement, également, dans des établissements publics et le protectorat. J’ai effectivement une formation qui est militaire d’une part, puisque je suis un ancien para-commando de l'armée et, aussi, en 1980, je suis entré au ministère de l'Intérieur, où, pendant trente-sept ans, j’ai fait carrière en étant chef de cabinet de trois ministres français, secrétaire générale dans l’industrie de l’armement et collaborateur de préfet. Quoi qu’il en soit, votre nomination n’a pas fait l'unanimité... J’ai, par ailleurs, comme beaucoup d’anciens ministres notamment des ministres des Affaires étrangères, une double nationalité. Je n’ai pas à m'excuser d’avoir cette double nationalité. Ma famille est originaire d’Ambohibemanjaka e t Manandriana Avaradrano. Ma mère est polonaise, ma fille est canadienne, mon épouse et moi sommes malgaches. J’ai fait toute ma carrière à Paris et je suis rentrée à Madagascar, il y a cinq ans, pour servir le pays. Aujourd’hui, j’ai 67 ans et je n’ai aucune leçon à recevoir de personne quant au fait que je suis malgache. Certains craignent, néanmoins, qu’il pourrait y avoir un risque de conflit d'intérêt étant donné que vous êtes à la tête d’un ministère de souveraineté. Je ne vais pas m’excuser d'être qui je suis et d’avoir fait une carrière que peut-être, beaucoup envient en Europe. J’ai fait carrière en ne touchant jamais aux intérêts de Madagascar, ni de mes compatriotes malgaches. Y a-t-il eu dans le passé des ministres de double nationalité qui ont été déloyaux à l'égard de Madagascar lorsqu’ils ont servi le pays? Et je le redis, il y en a eu beaucoup depuis 1960. J’ai fait toute ma carrière dans une parfaite loyauté à l'égard d’un pays, la France effectivement, puisque je suis née à Paris et j’ai fait cette carrière en Occident. Mais vous verrez à toutes les lignes de mon C.V [Curriculum vitae], je suis quelqu’un de loyal, de carré, juste et honnête. Parlons, justement, des relations entre Madagascar et la France. Récemment, il y a eu la rencontre entre le Président Andry Rajoelina et son homologue Emmanuel Macron. Nos relations avec la France se portent-elles bien? Tout d’abord, cette visite du Président Andry Nirina Rajoelina à son homologue n'était pas une visite d’État, donc il n’y avait aucune raison pour qu’il y ait un tapis rouge. Cependant, le président de la République a été accueilli à l'Elysée par son homologue, avec la musique militaire qui sied à une telle visite. Deuxièmement, vous l’avez entendu dans le discours du Président Macron, il souhaite que le Président Rajoelina réussisse. Troisièmement, les relations entre Madagascar et la France sont excellentes, dans la mesure où les deux Présidents s’entendent parfaitement, et d'autre part, des coopérations extrêmement intéressantes se font entre les deux pays, comme les coopérations qui se font entre Madagascar et d’autres pays du monde. Nous avons, effectivement, ici, près d’une douzaine d’entreprises du CAC 40. Donc, notre pays est crédible pour les plus puissantes entreprises françaises. Nous l’avons vu durant la Rencontre des entrepreneurs francophones (REF), les entreprises implantées à Madagascar ont montré cette crédibilité de notre pays quant à un certain nombre d'investissements qui pourraient être fait dans un certain nombre d’autres domaines. Il y a, toutefois, un point de désaccord majeur entre les deux pays, celui sur les îles éparses. Il a été dit à Paris que les discussions au sein de la commission mixte allaient reprendre. Y aurait-il un calendrier prévu? Pour revenir à l’histoire, le 30 avril 1960, avant le retour à l'indépendance, le général De Gaulle avait retiré les îles Malagasy du territoire national qui allait être concédé à Madagascar. En 1979, l’Organisation des Nations unies (ONU), a pris une résolution disant que ces îles Malagasy, fréquentées déjà depuis le 18e siècle par les pêcheurs sakalava et vezo, font partie du territoire national de Madagascar. Et l’ONU a demandé aux deux parties de discuter afin que ces îles soient restituées à la République de Madagascar. Aujourd’hui, une commission mixte a déjà eu lieu en novembre 2019, suite à une demande du Président Andry Nirina Rajoelina, le 19 mai 2019, à son homologue français, estimant que ces îles font partie de l'identité nationale malgache. Aujourd’hui, nous préparons la deuxième réunion de la commission mixte afin de faire avancer ce dossier. Il y aura une nouvelle réunion de la commission mixte avant la fin de l'année, c’est ça? Affirmatif. C’est ce qui est prévu. Nous attendons l’agenda français, puisque cette rencontre aura lieu à Paris. Nous sommes à l'écoute des propositions de la République française et j’en ai d’ailleurs parlé avec Christophe Bouchard, ambassadeur français, que j’ai reçu lors d’une visite de courtoisie, cette semaine. Donc la position malgache reste la restitution de ces îles au territoire national? La position malgache reste sur ce que le président de la République de Madagascar a évoqué, le 19 mai 2019. Parlons un peu des actualités de votre ministère. Vous venez d’organiser une rencontre diplomatique. Quel en a été l’objectif? Juste après ma nomination à la tête du ministère, je suis tout de suite parti en mission avec le chef de l’État au Malawi. Ensuite, je suis rentrée pour faire la passation de pouvoir, avant de repartir tout de suite pour la France, avec le président de la République. Je n’ai pas eu beaucoup de temps pour rencontrer les ambassadeurs, jusqu’à maintenant. J’ai néanmoins pu rencontrer les cinq ambassadeurs des États membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies. J’ai, toutefois, souhaité rencontrer l’ensemble du corps diplomatique présent à Madagascar. J’ai estimé qu’il serait plus convivial de réunir tout le corps diplomatique afin que je leur présente les différents axes de la politique diplomatique de la République de Madagascar. Vous avez mis l’accent sur la diplomatie économique. Qu’allez-vous faire? Pour moi, la diplomatie économique englobe trois choses. D’abord, nouer des relations étroites avec les pays amis, afin de mettre en place des commissions mixtes bilatérales qui seraient chargées de lister les propositions de ces pays amis en matière de coopération internationale et d’en faire un suivi pays par pays, PTF par PTF [Partenaires techniques et financiers]. Deuxièmement, elle signifie, pour moi, associer dans un cadre de partenariat public-privé les entreprises de Madagascar afin qu’elles puissent se développer et permettre l’accueil d’entreprises étrangères qui souhaitent investir chez nous. Le troisième pan, c’est la création d’un club excellence Madagascar qui rassemble tout ce qu’il y a de plus beau à Madagascar, que ce soit dans l’industrie, l’artisanat, le sport ou la culture. Ce club présentera également les fleurons de notre industrie, de nos entreprises, afin que les gens à l'extérieur puissent avoir une idée de ce que nous pouvons et pourrons faire. La marque Madagascar doit à nouveau étinceler. Concrètement, comment comptez-vous faire pour chercher les investisseurs étrangers chez-eux? Très concrètement, je souhaite que nos représentations à l'extérieur soient offensives et conquérantes dans le domaine économique, mais qu’elles rayonnent également sur le plan culturel, sportif ou associatif. Que nos représentations extérieures soient présentes partout où c’est possible, dans les rencontres économiques et qu’elles aillent chercher, justement, les investisseurs qui seraient intéressés par Madagascar. Je compte aussi m’appuyer sur des consuls honoraires qui auront pour tâche, avant leur nomination, d'apporter un certain nombre de choses. Cela pourrait être la construction d'écoles, ou des dons, ou même des investisseurs. Et c’est à l’aune de ce qu’ils apporteront, qu’ils seront nommés consuls honoraires. J’attacherai un prix particulier à vérifier chaque année leur travail et les choses qu’ils ont apportées à notre pays, dans des termes très concrets. Y aurait-il donc l’ouverture de nouvelles ambassades? Je suis en train de définir les fiches de poste des ambassadeurs dans le cadre de ce que j’ai évoqué. C’est-à-dire une diplomatie économique, mais également le rayonnement de Madagascar à l’étranger. Une fois que cette fiche de poste sera validée par le président de la République et le Premier ministre, il y aura, ensuite, une demande de manifestation d'intérêt des uns et des autres pour devenir ambassadeur, consul général, ou consul honoraire. Il a quasiment toujours été de pratique à Madagascar que la nomination des ambassadeurs se fasse sur des critères politiques. Au regard de la politique diplomatique que vous avez présentée, allez-vous, plus miser sur les diplomates de carrière? Je suis le ministre de tous les Malgaches. Je ne dois avoir aucune lecture politique de telle ou telle nomination. Mais je ne m'interdis rien. Si quelqu’un est suffisamment compétent pour tenir une ambassade, naturellement il pourra servir Madagascar. Je ne m’interdis rien quant à la présélection des ambassadeurs qui, comme vous le savez, selon la Constitution, seront nommés par le président de la République. À votre niveau, quels sont les critères pour pouvoir prétendre à un poste d’ambassadeur dans le cadre de cette diplomatie économique? Bien sûr, il y a des pré requis. Naturellement, il faut avoir suivi une formation supérieure, avoir une certaine expérience et, avec l’obligation impérative de parler l’anglais couramment, comme il s’agit de la langue privilégiée dans la diplomatie. Parler une autre langue sera un atout. En somme, je souhaiterais avoir un technicien - communicant. Pour moi, un ambassadeur doit être quelqu’un qui porte le pays à l’étranger, qui le fait rayonner à l’international, mais surtout, quelqu’un qui rapporte à Madagascar. J’estime que c’est le devoir de redevabilité de l’ambassadeur que de travailler pour le bien être de nos compatriotes. Dans les faits, comment cela se présentera-t-il? Pour chacun des ambassadeurs, il y aura une obligation de résultat. Dès la nomination, il y aura un contrat qui sera signé entre l’ambassadeur et le ministre des Affaires étrangères, portant sur un certain nombre d’engagements. Chaque année, il y aura l’audition de chacun des ambassadeurs par le ministre des Affaires étrangères et tout au long de l'année, il y aura des inspections sur le travail de chacun. Ce que je souhaite, c’est que chacun soit à la tâche et se préoccupe, tous les jours, dans tout ce qu’il fait, au bien-être de nos compatriotes. Comment comptez-vous manœuvrer, étant donné que les ambassadeurs sont nommés par le président de la République et que certains pourraient même avoir des relations privilégiées avec lui? Il est tout à fait normal que le président de la République nomme les ambassadeurs, puisque c’est une de ses prérogatives selon la Constitution, mais fonctionnellement, ils sont sous l'autorité du ministre des Affaires étrangères. Et j'espère que tous les fonctionnaires, y compris les ambassadeurs, ont des affinités avec celui qui a été élu démocratiquement. Je ne parle pas de politique ici, mais du respect de la fonction du chef de l’État. Sur le choix du déploiement des ambassades, y aurait-il des pays qui seraient priorisés? Nous avons des pays cibles, notamment les cinq grandes puissances, membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, mais il y a également d’autres puissances économiques où seront naturellement nommés des ambassadeurs. Je ne vais pas les citer, au risque d’en oublier. L'idée est de développer un outil diplomatique qui pourra couvrir l’ensemble de la planète, directement par des ambassadeurs, ou indirectement par des consuls honoraires. Nous ne nous interdisons absolument rien. En vous écoutant, une question s’impose. Avons-nous les moyens de nos ambitions diplomatiques? Oui.