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Lutte antiacridienne – La campagne 2021-2022 anticipée

La FAO lance un appel d’urgence à l’endroit des Partenaires financiers pour appuyer la prochaine campagne.

Afin d’éviter une crise alimentaire de plus, notamment dans le Sud de l’ile, la campagne antiacridienne pour cette année s’apprête à s’activer très tôt.

La recrudescence des criquets commence avec la saison des pluies, laquelle pointe son nez généralement au mois d’octobre. «Les criquets jouent un grand rôle dans l’écosystème. Mais quand il y a risque d’invasion, il faut les repousser pour ne pas alourdir la situation d’insécurité alimentaire. La lutte antiacridienne est ainsi une lutte continue car il ne faut pas attendre l’éclosion des criquets avec la pluie pour les battre en retraite », explique Lanto Ramaroson, président du Conseil d’administration de l’IFVM (Ivotoerana famongorana ny valala eto Madagasikara).

L’IFVM qui existe depuis 1932, est une institution spécialisée dans la lutte antiacridienne. D’après les explications de son directeur général, Toarson Randrianantenaina, le centre est en mesure d’assurer la lutte antiacridienne. « De 2017 à 2020, le gouvernement de Madagascar a assuré seul la lutte antiacridienne. Durant la dernière campagne, 53 310ha de surfaces ont été traités sur une superficie totale de 143 197 ha d’infestation. Cette différence s’explique par des conditions météorologiques. Puisque nous sommes en période sèche, les criquets s’éparpillent et rejoignent les aires de multiplication initiale. Ils ne constituent pas une menace. Toutefois, le centre s’apprête déjà à toute éventualité et assure des prépositionnements matériels et humains dans les zones à risque », détaille-t-il.

Appui

En ce moment, des prospections intensives et des surveillances météorologiques se tiennent dans les régions Atsimo-Andrefana, Ihorombe, Androy, Anosy, Alaotra-Mangoro, Sofia et Boeny. Pour la FAO, la situation est plus alarmante. « Une résurgence acridienne non maitrisée pourrait avoir de graves répercussions sur la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance du pays… Madagascar est confronté à une forte résurgence du criquet migrateur constatée depuis le mois d’avril…», indique l’organisme onusien. Un appel à mobilisation à l’attention des partenaires techniques et financiers a été lancé hier à l’hôtel Carlton par la FAO.

Un expert a présenté un plan d’actions pour la campagne 2021-2022. « Cent quarante mille litres de pesticides sont nécessaires pour lutter contre les criquets ailés ainsi que cinquante mille litres d’inhibiteurs de croissance. Par ailleurs, deux hélicoptères sont à mobiliser pour effectuer cinq cent cinquante heures de vol afin de couvrir 400  000ha de zone de reproduction », précise-t-il.

Le plan parle également de la réhabilitation du centre régional de l’IFVM à Betioky, la réparation de dix-neuf véhicules. La FAO précise qu’il y a urgence de mobiliser des fonds car il faut au moins trois mois pour commander, entre autres, des pesticides spécialisés. « Madagascar qui est déjà exposé aux catastrophes naturelles, aux sècheresses et inondations, ne peut pas faire face à d’autres conséquences humanitaires. Quatre millions de personnes sont à risque», souligne Mbuli Charles Boliko, représentant de la FAO à Madagascar. Le coût total estimé pour le plan d’actions est de 6, 8 millions de dollars. Un fonds à mobiliser d’ici le mois d’octobre.

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