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Rentré au Vatican – Le pape François laisse un héritage brut

C’est avec émotion que Madagascar a dit au revoir au pape François. Le Saint-Père lègue, toutefois, un message fort dont il faudra être digne.

LE plus dur reste à faire. Grande séquence d’émo­tion, hier, au salon présidentiel de l’aéroport international d’Ivato.

Le pape François a quitté Madagascar, sous l’au revoir d’une assistance émue. Il faudra, pourtant, vite se reprendre et se mettre au travail, puisqu’en partant, le Saint-Père a laissé en héritage, un message puissant qu’il faudra traduire en acte.

Aux décideurs étatiques, aux acteurs politiques, aux magnats de l’économie, à la société civile, au corps diplomatique et aux citoyens lambda, le souverain pontife a adressé son message à l’ensemble du pays. Un message de paix, de fraternité, de solidarité et d’inclusion pour lutter contre les plaies qui gangrènent la Grande île et qui l’empêchent de s’extir­- per de la pauvreté.

L’exclusion, la culture du privilège, la corruption, ou encore la déforestation ont, entre autres, été mises à l’index par le pape.

Tous s’accordent sur le fait qu’il faudra maintenant, concrétiser le message papal. Après l’épopée des Barea, les Malgaches ont une nouvelle fois démontré durant le séjour du Saint-Père qu’ils peuvent faire preuve de solidarité et d’élan commun derrière une même cause. Le voyage apostolique a, d’autant plus, révélé qu’ils peuvent, aussi, être disciplinés et s’organiser afin de faire bien les choses.

D’aucuns concèdent qu’il faudra, également, capitaliser les acquis afin que les bonnes pratiques durant le séjour du souverain pontife ne soient que factuelles. Pour qu’il ne s’agisse pas d’un nouvel événement ponctuel qui ne laissera que de bons souvenirs, puisque la Grande île serait retombée dans ses travers.

Sentinelle

Dans un discours à la nation, hier, Andry Rajoelina, président de la République, a, justement, parlé de capitalisation. Soulignant « la dignité, la discipline, la passion, la liesse, la solidarité, la fraternité et le patriotisme », dont-a fait preuve la population durant la visite du pape François, le chef de l’État a déclaré, « je souhaite et j’espère que nous auront le même engouement, dorénavant, dans le relèvement du pays ».

Dans son allocution télévisée, le locataire d’Iavoloha a, également, soutenu « j’espère que cette visite nous a apporté de l’espoir pour notre avenir, surtout, dans notre objectif commun qu’est celui de hisser le pays parmi les plus performants, mais surtout, de lutter contre la corruption et la pauvreté ». Les tenants du pouvoir, plus que d’autres, ont une grande responsabilité dans la traduction en acte du message papal, en étant, notamment, exemplaire dans les actes et les comportements.

Comme l’a indiqué le Saint-Père dans son discours, à Iavoloha, samedi, pour réussir dans la lutte contre les maux qui rongent le pays, il faut transcender les différences et divergences. Il faudra, aussi, dépasser les mots et passer à l’action. Sur l’amélioration des conditions de vie, surtout des plus vulnérables, par exemple, le souverain pontife soutient qu’il « ne peut pas se limiter au seul assistanat, mais demande la reconnaissance de sujets de droit appelés à la pleine participation à la construction de leur avenir ». Dans son discours prononcé au palais d’État d’Iavoloha, le Saint-Père a, également, exhorté une participation active et inclusive de toutes les forces vives de la nation. Questionné sur son rôle dans la concrétisation du message papal, l’égli­se catholique, par la voix du père Germain Rajoelison, vice-coordonnateur général de la visite du pape, a indiqué que « l’église jouera un rôle de sentinelle ».

En marge de la cérémonie, d’au revoir au pape François, le père Rajoelison a déclaré que, « l’église sera encore, plus proche de la population. Elle participera au développement du pays, mais aussi, de l’homme dans toutes ses dimensions, par l’éduction, les activités sociales, en étant aux côtés des plus vulnérables. (Par rapport au message du Pape) elle jouera un rôle de sentinelle, pour interpeller, réveiller et travailler avec tous les acteurs pour changer les choses. Le Saint-Père a lancé un message fort, nous espérons qu’il a été écouté ».

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  • Des millions de voix crient depuis des années leur détresse quant à leurs propres situations sociales, économiques miséreuses ainsi que celle de la Nation, autrement dit celles que le pape a relayées lors de son passage. Il faut être naïf pour croire que même sortie da la bouche d’une personne soit elle sainte, ça changerait quoi que ce soit auprès des prédateurs de ce pays que sont les ELITES économiques, politiques. Seul l’avènement d’un homme ou une femme providentielle, non soutenu(e) et financé(e) par ces prédateurs pourrait donner l’espoir d’un changement pour le bien du pays et de son peuple. L’arrivée de cette personne dépend de la volonté et de l’éducation des électeurs qui ne s’achètent ni avec des Teeshirt ni avec 25 000 ariary. On a des élus qu’on mérite et le peuple est le premier responsable. Un Travail de longue halène.