Lionel, tel le Messi(e)


Lionel Messi signe au PSG. «Jour historique que ce 10 août 2021» : les commentateurs français en perdent leurs superlatifs. Ça fait surtout bizarre qu’un des meilleurs joueurs du monde, encore meilleur buteur de la Liga espagnole et récent vainqueur de la Copa America avec l’Argentine, se retrouve dans un championnat qui ne soit ni donc la Liga, ni la Premier League, ni le Calcio, voire la Bundesliga, les pourvoyeurs réguliers des champions d’Europe. Le 22 janvier 2014, l’un des meilleurs attaquants du monde, Radamel Falcao était gravement blessé par le tacle d’un joueur amateur du club de Chasselay (4ème division française), en 16ème de finale de Coupe de France. Opéré des ligaments croisés, la star colombienne sera privé de Mondial 2014. Personne ne souhaite évidemment que Lionel Messi se blesse lors d’un autre match de Coupe de France, entre le PSG et la JS Saint-Pierroise, un club de Régional 1 de l’île de La Réunion (qualifié pour les 16èmes de finale en 2020). C’est pourtant désormais du domaine du possible que nos voisins de «l’île intense», et les Malgaches qui y évoluent, puissent croiser la route de Lionel Messi, plus facilement qu’en une hypothétique confrontation en Ligue des Champions. Deux jours après avoir pleuré de ne pouvoir prolonger au Barcelone, son club de toujours, Lionel Messi arborait un grand sourire floqué du maillot «Ici, c’est Paris». Ainsi va le football professionnel. Le (sans doute) meilleur joueur de tous les temps était libre et sans contrat, aucun des grands clubs multiples champions d’Europe n’ayant simplement les moyens de lui payer le même salaire de 70 millions d’euros annuels qu’au FC Barcelone. Même divisé par deux, et ramené au mois ou à la journée, le salaire parisien du sextuple Ballon d’Or reste mirifique: 111111 euros par jour... Sur le papier, les Donnarumma (champion d’Europe avec l’Italie), Ramos (ancien capitaine du Real Madrid), Wijnaldum (capitaine des Pays-Bas), Neymar (l’homme qui valait 222 millions d’euros), Mbappé (180 millions d’euros et des promesses) et Messi, seraient d’office vainqueurs de la Ligue des Champions. Sauf qu’avec un modèle économique à l’opposé, le Bayern de Munich a gagné six Ligues des Champions : à égalité avec Liverpool, derrière Milan et le Real Madrid. Pourtant quatrième club le plus riche du monde, le Bayern ne participe jamais à la surenchère sur le marché des transferts tout en contenant la masse salariale d’un effectif sans superstars. Malgré les restrictions dues au Covid-19, le club bavarois a affiché des résultats financiers bénéficiaires pour la 28ème saison consécutive. Un choix financier et une rigueur budgétaire qui ont permis au Bayern d’annoncer, dès 2014, le remboursement des prêts pour la construction de son stade, Allianz Arena, avec 16 ans d’avance ! Dernier détail que, dans leur euphorie, les commentateurs parisiens oublient, c’est l’âge des joueurs de champ recrutés à grands frais : Messi (34 ans), Ramos (35 ans), Wijnaldum (30 ans). David Beckham avait rejoint Paris, à 38 ans, Zlatan Ibrahimovic à 31 ans, Dani Alves à 34 ans. Une moyenne d’âge de pré-retraités européens en franchise américaine de soccer. À 29 ans, mais bientôt cinq ans infructueux depuis son transfert record, Neymar en paraîtrait un rookie.
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