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Editorial

Étau d’urgence économique

Il était temps. Les préoccupations économiques l’ont emporté sur la peur d’une recrudescence soudaine et meurtrière du coronavirus. Même si personne ne peut dire et déduire que le fameux pic avant la descente sur la courbe en cloche, censée être la représentation graphique de l’évolution chiffrée de la pandémie, à l’image d’un relief montagneux, a été atteint. Aucune étude scientifique fiable et justifiée ne permet de décrire avec précision et exactitude l’attitude ou l’humeur de la Covid-19 vis-à-vis de ses hôtes.

Toujours est-il que le conseil des ministres virtuel de samedi a reconduit pour quinze jours l’état d’urgence sanitaire. Accompagné de mesures restrictives et de privations. Certes allégées, mais toujours préjudiciables à la bonne marche des activités économiques, créatrices d’emplois et génératrices de richesses.

Seul un retour sans préalable à un fonctionnement normal de ces mécanismes aux rouages bien huilés, mais rouillés, sauverait ce qui peut encore l’être. Au moins limiter les dégâts sur les plans financiers et humains, déjà incommensurables.

En cinq mois d’inhibition, d’hibernation et de léthargie, de nombreuses entreprises ont mis la clé sous la porte. Des salariés ont été envoyés au chômage technique. Ils n’ont pas encore retrouvé leurs postes et risquent de les perdre pour toujours. Si la situation plus que chaotique actuelle s’inscrivait dans la durée.

Même les multinationales, réalisant un chiffre d’affaires de plusieurs millions de dollars, ont pris des décisions radicales. Pour ne citer qu’Air France-KLM. Bénéficiant d’une subvention de 4 milliards d’euros de la part du gouvernement français et 3 autres « affrétés » par des banques associées, sous forme de prêts à taux concessionnels, le consortium va devoir laisser pas moins de 6 000 « membres d’équipages » sur le tarmac.

Il est impensable que des entreprises installées à Madagascar, évoluant sur un marché de taille moyenne, sinon rabougrie, placé sous le sceau d’un pouvoir d’achat limité des consommateurs finaux, puissent échapper à une telle fatalité.

D’autant que le respect obligatoire des dispositions sanitaires de la reprise partielle, a gonflé les charges supplétives. Achat des gels hydroalcooliques, location de voitures pour le transport du personnel, désinfection des bureaux, coûts onéreux des connexions pour le télétravail, par exemple.

Mêmes des firmes considérées comme des grosses pointures du milieu des affaires et des finances d’ici ont fermé des unités de production, remercié le gros de l’effectif de leur serviteur, changé de raison sociale. Soit, repartir à zéro sur des domaines encore à apprivoiser.

Comme ces gargotiers des quartiers, à titre d’illustration. Boudés par leurs clients habituels, effarouchés par d’éventuelles contaminations « à la carte », ils s’improvisent malgré eux, des vendeurs de fruits et légumes. Autant dire que même à l’échelle microéconomique, les difficultés pour exister sautent aux yeux.

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