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Carburant – Larges consultations sur le niveau de la hausse

La rencontre de samedi avec le secteur privé et les associations des consommateurs.

Entre consultations et négociations, le week-end a été chargé pour les tenants du pouvoir. Le but est de trouver le montant approprié de la hausse du carburant et la formule idoine pour l’appliquer.

CARTE sur table. L’État joue la franchise en vue de la hausse prochaine du prix du carburant. Un jeu qu’il a accentué durant des séances de consultation multi-acteurs durant le week-end.

“Le dialogue est nécessaire”. Ce sont les mots de Andry Rajoelina, président de la République, en introduction de la première séance de consultation, samedi en milieu de matinée. Des mots dits d’un ton grave. Un ton qui traduit des enjeux de sujet à l’ordre du jour. Les questions auxquelles il fallait répondre sont: Quel est le taux de hausse idoine à appliquer? Quelle est la meilleure manière de le faire? Le mot d’ordre durant le weekend est de définir une hausse appropriée au pouvoir d’achat et faire en sorte que son application ne soit pas trop brutale.

Autant l’État que la population, tous appréhendent cette hausse “inévitable”, des prix à la pompe. La principale inquiétude porte sur les conséquences sur le coût de la vie et par ricochet sur la paix sociale. Raison pour laquelle, après plusieurs jours de négociations avec les pétroliers et de réflexions sur les nouveaux tarifs à appliquer et les mesures d’accompagnement à mettre en œuvre, l’État a décidé de tenir des consultations avec différents acteurs.

Durant le premier rendez-vous, des représentants du secteur privé, ceux d’organisations de la société civile, ceux d’associations de défense des consommateurs et le directeur général de l’Office malgache des hydrocarbures (OMH), se sont assis autour d’une table avec les représentants de l’Exécutif. Les discussions ont été conduites par le Chef de l’État, avec à ses côtés Edgard Razafindravahy, ministre de l’Industrialisation, du commerce et de la consommation, et Andry Ramaroson, ministre de l’Energie et des hydrocarbures.

“Je suis conscient que lorsqu’ il est question de prix du carburant, c’est la vie de la nation entière qui est en jeu. (…) Je sais que vous avez des propositions qui doivent être écoutées et prises en compte”, déclare le président Rajoelina, soulignant la situation du secteur privé.

Dans sa prise de parole pour démarrer les débats de samedi, le locataire d’Iavoloha a indiqué que les prix affichés à la pompe, actuellement, sont largement en dessous du prix d’achat du carburant à la source. “Il y a un gap que l’État a comblé jusqu’ ici. Mais nous ne pouvons pas faire plus. La décision à prendre est compliquée”, concède Andry Rajoelina, restant dans la ligne de la franchise.

Aucune décision n’a été prise samedi. Aucun chiffre concernant la hausse prochaine des prix à la pompe n’a, également, été communiqué. Dans une publication éphémère sur sa page Facebook, hier, Rivo Rakotondrasanjy, président du Groupement des entrepreneurs malgaches (FIVMPAMA), a confirmé que la consultation d’Iavoloha, samedi, n’a pas débouché sur une prise de décision. L’entrepreneur ajoute dans cette publication temporaire, que l’opportunité d’appliquer une hausse en une seule fois, ou échelonnée a, aussi, été discutée.

Une décision compliquée

L’idée d’une hausse en une seule fois serait privilégiée. Ceci en tentant le pari qu’il y aura une baisse significative du prix du baril de pétrole sur le marché mondial dans les prochains mois, et ainsi d’appliquer une révision à la baisse sur le marché local. Dimanche, vint le tour des membres du Groupement des pétroliers de Madagascar (GPM), d’être conviés à cette consultation multi acteurs. Cette fois-ci, le décor a été tout autre. Si les participants étaient assis autour d’une table, samedi, la scène présentait un face-à-face, hier.

D’un côté les neuf représentants du GPM et de l’autre l’Exécutif. Aux côtés du président de la République, cette fois-ci, il y a eu Christian Ntsay, Premier ministre, et Rindra Hasimbelo Rabarinirinarison, ministre de l’Économie et des finances, entre autres. La disposition de la scène durant la réunion d’hier amène à penser qu’il s’agissait de négociations et non pas juste d’une consultation. Ayant démarré à 17 heures, les échanges ont duré jusqu’au bout de la nuit. Pour l’heure, aucune communication ne donnait plus amples détails sur l’issue de cette deuxième manche des consultations multi acteurs du week-end, à Iavoloha.

Dans le courant de la semaine dernière, il a été indiqué que les négociations avec les pétroliers étaient rudes. Que ce serait la raison pour laquelle les nouveaux prix à la pompe n’ont pas encore été rendus publics. Alain Soumoudronga, secrétaire général du GPM, rassure toutefois qu’il n’y aura pas de pénurie de carburant. Que les réserves sont suffisantes. Il ajoute que les pétroliers, eux aussi, tiennent comptent de l’intérêt de la population.

À la libéralisation des prix voulue par les pétroliers, l’État oppose toujours l’administration des prix, cependant, afin d’éviter une hausse brutale. Outre les négociations avec les pétroliers, celles avec les transporteurs seraient, également, un des points d’achoppement. Ces derniers veulent doubler le prix des tickets des transports publics, toutes lignes confondues. Une intention inacceptable pour l’État, d’autant plus qu’il cogite sur des mesures d’accompagnement afin d’atténuer l’effet de la hausse des prix sur ce secteur.

Une flambée des prix du transport aura à coup sûr un effet domino sur le coût de la vie. Un scénario que l’État compte éviter autant que possible. Une hausse du prix du carburant qui correspond au pouvoir d’achat, avec des mesures d’accompagnement appropriées et conformes aux moyens étatiques pour qu’il n’y ait pas une inflation brutale est ainsi l’équation à résoudre. Les résultats devraient être connus dans les prochains jours.

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