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Région Diana – Noix de cajou : Or vert d’Ambilobe

Dans la région Diana, la culture de l’anacarde est l’un des piliers de l’économie régionale. La région est donc devenue la deuxième productrice d’anacardes à Madagascar. Après Marovoay, le district d’Ambilobe enregistre un vaste verger d’anacardiers estimé à 11.000 ha. De sa nature, l’anacardier est un arbre au tronc très court dont les branches s’étalent horizontalement et sont très basses, parfois presque à ras du sol. Il est toujours vert, tortueux. Il donne un fruit appelé la noix de cajou qui joue un rôle économique, alimentaire et de protection.

Outre l’or de Betsiaka et les cannes à sucre de la Basse Mahavavy, la noix de cajou, connue sous le nom vernaculaire malgache « Mahabibo», fait renommer la région Diana en termes de production. Classé produit des forêts depuis 1930, le « Mahabibo » est une véritable richesse verte de la région Diana. La statistique a révélé que la culture de l’anacarde est omniprésente dans toutes les dix-sept communes qui composent le pays d’Ankarabe.

Historique

Historiquement, en 1968 à 1972 dans le cadre de l’opération anacarde, 23 000 hectares ont été plantés en anacardiers sur trois sites principaux de Madagascar, à savoir Marovoay 11 000 ha , Mangatsa 1 000 ha et Ambilobe 11 000 ha. Cette opération était à double fin, reboisement d’une part, production de noix de cajou pour l’exportation d’autre part. Elle a été conduite par le service des eaux et forêts. De 1973 jusqu’en 1985, la gestion de ces plantations a été confiée à une société d’Etat dénommée Famama ou Famokarana Mahabibo Malagasy. En 1985, elle a été transformée en Société d’Economie Mixte ou SEM.

Puis, le 30 avril 1997, l’Etat a rendu le décret N°97- 584, portant la première liste du programme de désengagement des entreprises. La Famama figure sur la liste, ce qui marque le début de sa privatisation, qui n’a pas eu la relance tant voulue de sa chaîne de valeur, laquelle, par suite, a été laissée presque à l’abandon, pendant plusieurs années par les gouvernements successifs. L’Anacarde est donc une filière abandonnée après le départ de la Famama, et aucune initiative n’a été prise pour son amélioration. Or, les anacardiers vieillissent de jour en jour et le rendement n’est plus compétitif au niveau du marché mondial. Actuellement, dans la région Diana, il ne reste que deux exportateurs agréés notamment Scim et Sahanala qui ont chacune une usine de transformation de noix de cajou, et emploie en moyenne six cent personnes et qui génèrent les revenus de la population et au trésor public.

Noix de cajou génératrice de revenus

Outre le côté économique, la noix de cajou présente des avantages pour la population rurale. Dans leur quotidien, elle est utilisée en cuisine, mélangée avec la viande ou non.

La noix de cajou se vend sur les marchés locaux et au bord de la route nationale reliant Ambilobe à Ambanja, plus particulièrement dans le village d’Antsoha. Les vendeurs informels ruraux appelés « agriculteurs artisans » traitent artisanalement les fruits d’anacardier et les vendent en sachet ou en « kapoaka » (boîte de lait). Le prix augmente chaque année, et actuellement le prix d’un kapoaka s’ élève à 5 000 à 6 000 ariary, s’il était à 1 000 ariary il y a cinq ans. « Les produits se font rares à cause des feux de brousse et la fabrication de charbon qui ravagent chaque année une grande partie des forêts d’anacardier et nous sommes dans l’obligation d’aller loin pour en trouver » a expliqué Salimo, un habitant d’Antsoha, commerçant de Mahabibo depuis des années.

Trésor caché

En plus d’être délicieuse, la noix de cajou est aussi bénéfique pour la santé. Elle est riche en bonnes graisses, en nutriments et en vitamines. De manière générale, plusieurs études ont montré que consommer des fruits à coque (amande, pistache…) et des fruits oléagineux (noix de cajou) est très bénéfique pour la santé.

En effet, ils diminueraient le risque de maladies cardio-vasculaires, de diabète de type 2, de calculs biliaires mais aussi de cancer du côlon chez la femme. D’un point de vue nutritionnel, la noix de cajou est certainement l’un des meilleurs fruits oléagineux

Malheureusement, la majorité du peuple d’Ankarabe ignore les secrets et bienfaits de cette manne providentielle.

Redynamisation de la filière

Pour redynamiser la culture d’anacarde, un atelier régional a été, dernièrement, réalisé à Ambilobe permettant aux acteurs de la chaine de valeur anacarde d’évoquer et d’identifier les problématiques et en même temps d’amender l’arrêté régional actuel, portant la réglementation des marchés organisés de l’anacarde en vue de son application effective. Cette rencontre a eu pour objectif global de contribuer à l’augmentation de la productivité, de la rentabilité et de la durabilité des chaines de valeur agricoles et forestières dans la région Diana, afin d’améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle et la résilience des ménages vulnérables. Cet atelier a vu la participation de tous les acteurs de la filière anacarde.

Lors des débats, des solutions et des suggestions ont été proposées concernant la norme, la qualité, la technique, la législation, la commercialisation…. mais les participants ne sont pas encore tout à fait satisfaits des décisions prises. On peut dire que les échanges sur l’ancien arrêté ont montré que son application a été vouée à l’échec pour plusieurs raisons.

En conclusion, la filière anacarde demande une amélioration urgente et durable notamment sur la mise en place de la nouvelle plantation, l’implication sur l’entretien des anciens vergers d’anacardes, et surtout la mise en place de la nouvelle structure émanant de l’Etat.

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