Accueil » A la une » Liberté d’expression et de la presse – L’Assemblée des parlementaires francophones mise au parfum
A la une Actualités Politique

Liberté d’expression et de la presse – L’Assemblée des parlementaires francophones mise au parfum

Ordre des journalistes, GEPIMM et le mouvement pour la liberté d’expression parlent d’une même voix. Ils dénoncent les conditions infamantes du vote du code de la communication.

Une pério­de sombre. Pour la démocratie, la liber­té d’expression et la liberté de presse à Madagascar, c’est le contexte dans lequel se tient la 42e session des Assemblées parlementaires francophones. Pour informer de la situation, les participants à ce rendez-vous international qu’accueille Madagascar et leur demander de se saisir du sujet, une lettre ouverte leur a été adressée, samedi.
Dans cette lettre ouverture, l’Ordre des journalistes de Madagascar, le Grou­pement des éditeurs de presse d’information, multimédia de Madagascar (GEPIMM), et les journalistes regroupés au sein du mouvement pour la liberté d’expression ont parlé d’une seule voix. « Votre séjour en terre malgache intervient dans une période particulièrement sombre pour la démocratie en général, et la liberté de la presse, en particulier dans la Grande île. Vos pairs locaux ne vous ont certainement pas dit qu’un code de la communication incontestablement liberticide vient d’être adopté par les deux Chambre du Parlement ».
Une adoption qui s’est déroulée comme le souligne la lettre « est intervenue dans des conditions loin d’honorer les fonctions parlementaires. (…) C’est au pas de charge que l’Exécutif a fait adopter par les deux Cham­bres parlementaires ce projet de loi contesté ». Alors que les parlementaires se tournaient les pouces durant plus d’un mois et demi de session ordinaire, le projet de code de la communication, dont l’avant-projet de loi a déjà été remis au Gouvernement depuis le milieu de l’année 2015, n’a été présenté puis soumis aux débats et aux votes des deux Chambres qu’une semaine avant la clôture de la session.

Mauvaise foi
Passant outre les requêtes d’ajournement de l’adoption du texte faite par les journalistes pour la reprise des concertations et du dialogue sur la version à adopter du texte, le Sénat l’a adopté « après un examen expéditif », avec un amendement « très mal à propos », comme le souligne la lettre ouverte.
L’Assemblée nationale, pour cause d’insuffisance de temps pour l’étudier, a décidé l’ajournement du vote du texte. L’Exécutif est revenu à la charge en l’inscrivant, en priorité, à l’ordre du jour d’une session extraordinaire convoquée par le conseil des ministres du lendemain de l’ajour­­nement. Il a été convenu entre les parties une réunion conduite par les représentants du Système des Nations-Unies (SYNU), où le repré­sen­tant du ministère de la Commu­nication était représenté, avant que le texte ne passe devant la Chambre basse, que l’adop­tion du texte contesté sera ajournée afin de reprendre les consultations.
« Les députés, dans un esprit vindicatif, se livrèrent à une parodie de débats, lesquels se révèlent être exclusivement des attaques en règle contre la presse privée nationale, et nullement des discussions au fond », rappelle la lettre ouverte. Le Parlement n’a ainsi accordé que trois jours au projet de code. Un texte pourtant en question depuis plusieurs années, et dont l’avant-projet de loi est passé par une série d’ateliers avec toutes les parties prenantes sous l’égide du SYNU, avant d’être remis au Gouvernement.
La lettre souligne, justement, que l’Exécutif a procédé « à des refontes en profondeur de l’avant-projet conçu d’une manière inclusive et consensuelle, pour en faire un code de répression ». Il a jalousement gardé secret le contenu du projet de code jusqu’à sa remise au Parle­ment. Ce qui pourrait indiquer une certaine mauvaise foi de sa part. Le SYNU reconnaît que les points cruciaux du projet de loi ont été soit ôtés, soit modifiés en profondeur par rapport à l’avant-projet.
Reporters sans frontières (RSF) et l’Union de la presse francophone (UPF) ont aussi relevé l’aspect liberticide et anti-démocratique du code, dans une réaction vendredi. Si le texte adopté d’une manière infamante par le Parlement prévoit une kyrielle d’interdictions et d’amendes, le projet de code viole « l’article 19 de la déclaration universelle des droits de l’Homme », souligne la lettre, mais aussi la liberté d’expression, d’opinion, la liberté de presse et le droit à l’information consacrés par la Constitution avec « des dispositions assassines ».

Garry Fabrice Ranaivoson

4 commentaires

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter

  • Si ce nouveau code de la constitution viole l’article 19 du droit universel de l’homme, alors systématiquement il est en porte à faux avec l’article 1 jusqu’à au moins l’article 18 ? Est-ce le cas ?
    BIEN PRENDRE NE CONSIDERATION TOUTES LES ARTICLES PRECEDEMMENT ADMIS SINON PAS D’
    L’article 19:
    Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de
    ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de
    répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par
    quelque moyen d’expression que ce soit.
    Peut-être que maintenant tout le monde se comprend mieux ?

  • Si le message des journalistes malgache est relayé à l’international et trouve écho auprès des grands médias et des grandes institutions, là seulement, le président réagira. Car il se cultive une image de perfection et n’en a cure de ses concitoyens. Si vous ne parlez qu’à Madagascar, vous vociférerez dans le vide. Portez votre combat au-delà des mers et vous serez entendu par nos dirigeants. Faites preuve d’un lobbying intelligent.

  • Message: »les églises ne font pas de politique » .c’est tout a fait vrai.mais en tant que »groupe d’intellectuels
    Organiques »(cf ouvrage d’Antonio Gramsci, a ce sujet)
    Les eglises ne font simplement qu’exercer leur Droit d’analyse,leur droit d’informer,droit d’opinion et d’expression concernant la conjoncture nationale malagasy
    Actuelle. Si le regime HVM ne
    Peut comprendre cela.Alors la, plus besoin de critiques et de commentaires a faire.C’est carrement alors le regne du
    TOTALITARISME en HVM (M/scar sans voix ni parole,ni analyse :le Pays des morts vivants!)Merci ry Akama!