Economie

Carburant – La JIRAMA adjurée de régler son passif

La Jirama est tout à fait dans son droit d’importer du fuel, d’après le ministère de l’Énergie.

La société d’eau et d’électricité a été autorisée à importer son propre fuel. Mais des créanciers demandent leur dû.

Une licence en poche. La Jirama dispose du document l’autorisant à importer son propre fuel. Une confirmation venant d’un pétrolier qui se voit pourtant lésé par la situation. « Nous avons appris récemment que la Jirama vient d’obtenir sa licence d’importation de carburant. C’est une très bonne chose car le président Andry Rajoelina a déjà annoncé au mois de février dernier devant la Banque africaine de développement que la Jirama importera son propre carburant. Mais avant que la Jirama n’envisage de lancer sa première commande, nous sollicitons d’abord le règlement de ses dettes envers nous », a lancé une source auprès d’une compagnie pétrolière.
Cette dernière précise que la Jirama lui doit quelque cent trente deux milliards ariary (132 milliards ariary). « À certains moments, nous avons décidé de ne plus approvisionner les centrales de la Jirama afin de lui faire pression mais l’État a décidé de réquisitionner le carburant », déplore encore la source. À cette source d’insister que la situation des compagnies pétrolières est au plus mal. « On dit que les compagnies pétrolières réalisent de trop grands profits, mais je demande au président Rajoelina de disposer des informations exactes sur la situation réelle. Après le système de lissage de prix lancé par le gouvernement, suite à la hausse du prix du baril, depuis deux ans, et afin que les impacts soient moin­dres sur les consommateurs, le passif de l’Etat envers les compagnies pétrolières confondues atteint cent quatre-vingt dix milliards ariary (190 milliards ariary) », avance encore la source.

Structure tarifaire
Olivier Jaomiary, directeur général de la Jirama, n’a pas voulu se prononcer sur le sujet. Mais en s’appuyant sur les annonces du gouvernement, cette importation se fera incessamment. Le ministère de l’Énergie a juste souligné que la Jirama est tout à fait dans son droit d’importer du fuel, sans pour autant confirmer l’obtention d’une licence d’importation. À entendre le ministre de l’Economie et des finances, Richard Randriamandrato, à la présentation du rapport de mission du FMI, qui persiste sur la baisse du prix du carburant, cette importation du fuel propre de la Jirama devra impacter sur cette baisse de prix. « L’État reste déterminé à trouver un accord concernant cette baisse avec les compagnies pétrolières. C’est une question de jours. Et il m’a été personnellement été indiqué de trouver des solutions au règlement des créanciers pétroliers », a-t-il déclaré. Toutefois, la nouvelle structure tarifaire du carburant promise par le gouvernement tarde à voir le jour. Les nouveaux contrats avec les fournisseurs de la Jirama accusent un retard de presque quatre mois. Le Groupement pétrolier de Madagascar (GPM) se dit confiant quant à l’aboutissement de cet accord stratégique. Il lui a paru essentiel de rappeler les questions de créances honorées mais il sollicite la confrontation des chiffres des livres comptables des compagnies pétrolières avec ceux avancés par le président de la République, Andry Rajoelina, à la présentation de ses cent jours de réalisation le mois dernier.