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Procès – Le père d’Arnaud réclame Ar 100 millions

Attaqués en justice par le père de deux adolescents enlevés à Toamasina, trois journalistes ont été jugés hier pour avoir mis en relation le rapt et une affaire de bois de rose.

Poursuivis pour diffamation, diffusion de fausses nouvelles pendant la couverture d’un double rapt perpétré à Toamasina au mois de novembre, trois journalistes des quotidiens Malaza et Zay Zany ont été jugés hier par la cour correctionnelle du tribunal à Anosy. L’audience s’est tenue à la salle 3. Le montant des dommages et intérêts réclamés par Arlan Ramiliarison, père d’Arnaud et d’Annie, les deux adolescents  tombés dans les griffes des ravisseurs, a suscité des remous. Sans sourciller, cet opérateur de la filière bois, a demandé la somme faramineuse de cent millions d’ariary. Sans entrer dans les détails, son avocat a évoqué des préjudices dont sa société en serait victime. L’affaire est en délibéré et le verdict sera prononcé le 17 juin prochain.
Arnaud et Annie ont été kidnappés le 23 novembre 2015. Alors que Annie, a été souillée et exécutée par les kidnappeurs, et que son frère Arnaud était encore entre leurs mains, les deux tabloïds poursuivis ont relaté dans leurs colonnes le 31 décembre 2015 une affaire à Singapour , dans laquelle Arlan Ramiliarison le père des victimes, aurait été impliqué. Début janvier, Fah Andriamanarivo, l’auteur des articles qui dérangent tant, ainsi que Jorlyn Edouard Radavidson et Mbolatiana Rarivoson, directeurs de publication respectifs des journaux Malaza et Zay Zany, ont fait l’objet de poursuite.

Investigation
Traduits devant le parquet le 23 février, après avoir été enquêtés à la brigade spéciale de la gendarmerie, les trois journalistes ont bénéficié d’une mise en liberté provisoire. Ayant manqué à l’appel, le plaignant Arlan Ramiliarison était, quant à lui, représenté par son avocat. Un premier procès était prévu se tenir le 18 mars, mais l’audience s’est vue reportée à plusieurs reprises pour cause de grève des greffiers.
Affilié au Réseau des faits-diversiers et investigateurs de Madagascar (RFDIM), Fah Andriamanarivo a suivi l’évolution de l’affaire, depuis le jour du rapt, jusqu’à la libération au forceps d’Arnaud par les forces de police, au bout de cinquante longs jours de captivité.
À travers ses sources et ses relations sur place, il a traité régulièrement le sujet depuis Tana, avant de s’y rendre au début du mois de janvier. En préparant son départ, il a crevé l’abcès sur une affaire d’exportation de bois de rose depuis Madagascar, laquelle serait en instance devant la Justice à Singapour, ce qui a ouvert la boîte de Pandore. L’organe de presse pour lequel il travaille était, depuis, parti pour un périple judiciaire. Des bruits selon lesquels le mobile du double rapt contre rançon contre la famille d’Arlan Ramiliarison, pourrait reposer sur un règlement de compte, ont fait des vagues. Les malfaiteurs avaient d’ailleurs réclamé la somme astronomique d’un million et demi d’euros, soit près de 75 milliards d’ariary au début des négociations. C’est la rançon la plus importante jamais revendiquée dans la cinquantaine de cas de kidnappings commis à Madagascar.

Seth Andriamarohasina

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