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Projet KOBABY – La conservation se conjugue avec le développement

Les partcipants, lors de la réunion de juillet 2018 pour le lancement de projet «Kobaby»

Le premier projet innovateur et important sur les aires protégées et mené dans la Grande ile, dans la région Diana, concerne six communes et neuf aires protégées. Soutenu par la Banque Mondiale, il vise la promotion de cinq filières.

Après avoir traversé des épreuves pendant deux ans, liées à la pandémie de la Covid-19 et la fermeture des frontières, le projet « Kobaby », démarré en juillet 2018, allie maintenant les objectifs de conservation et de développement. Ce mot qui signifie « prendre soin » en dialecte du Nord, traduit bien l’objectif du projet qui est de renforcer les aires protégées pour qu’elles soient le pivot du développement local dans la région Diana. Il s’agit d’un premier projet important et innovateur, mis en œuvre à Madagascar de façon déconcentrée pour être au plus près des besoins des terrains.

La mise en œuvre décentralisée du projet est actuellement assurée par la direction régionale de l’Environnement et du développement durable de Diana et bénéficiant du soutien financier de la France via l’Agence Française de Développement (AFD). Le projet s’étend sur cinq ans, mais ce n’est que maintenant que sa réalisation est effective. Ce, après deux ans dans l’attentisme et des difficultés de gestion.

Aujourd’hui, ces difficultés sont sur le point d’être résolues grâce à l’engagement de l’équipe de Kobaby et celle de la direction régionale de l’Environnement et de développement durable, qui font avancer le projet. « L’objectif général du projet est de contribuer à la structuration et au renforcement de la gouvernance et de la gestion des Aires protégées de la région Diana et à la protection des écosystèmes terrestres et marins tout en améliorant les conditions de vie des populations locales », explique Hanta Rabetaliana , coordonnatrice du projet Kobaby.

Pour ce faire, celui-ci a octroyé des subventions aux six gestionnaires des Aires protégées et aux cinq agrégateurs pour la promotion des cinq filières. Cette promotion représente une des contributions du projet au développement économique et territorial dans la région Diana.

Modèle d’affaires

Les agrégateurs de filières ont été sélectionnés à la suite d’un appel aux projets sur la base d’un cahier des charges qui exige un savoir faire, un engagement pour la promotion d’un développement local, et les chaines de valeur qui associent les organismes de production et les opérateurs de marché.

Ils bénéficient d’une subvention totale d’un million d’euros, environ 4 milliards d’ariary, pendant vingt-quatre mois. Les sites concernés sont les vingt-six communes, les deux communautés de communes riveraines des neuf Aires protégées, au paysage de mangrove et aux deux sites prioritaires pour la restauration forestière de la région Diana. Selon les explications, des appuis leur seront aussi alloués à travers la mise à leur disposition de ressources et matériels qui leur permettent de mieux jouer leur rôle dans la gestion de leur territoire et, principalement, dans le cadre de l’amélioration de la gouvernance des ressources naturelles. Un modèle d’affaires, liant producteurs, opérateurs de marché, gestionnaires d’Aires protégées, communautés de base et communes, sera testé puis partagé pour démontrer les possibilités de financer durablement le développement local et la conservation

À la suite du lancement de la facilité d’intervention, un atelier de deux jours a été organisé pour le renforcement de capacité des partenaires et bénéficiaires du projet pour s’assurer d’une bonne gestion des fonds alloués et pour qu’ils soient des acteurs à part entière dans une approche multiacteurs, animés par une responsabilité collective dans la gestion des Aires protégées. Cet atelier a vu la présence effective de la ministre de l’Environnement et du développement durable, Vina Marie Orlea.

« C’est une fierté pour moi, en tant que ministre de l’Environnement et du développement durable, native de l’Ankarabe, de participer à la promotion de ce projet, qui démontre enfin qu’on peut concilier émergence environnementale et émergence économique. Pour ma part, je vais faire tout mon possible pour que ce projet puisse atteindre ses objectifs», promet-elle.