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Chronique

Pourquoi tant de haine de soi-même ?

Que la statue équestre du général Gallieni, qui trônait à Ambohijatovo, ait été démontée et rapatriée en France, rien de plus normal dans la Capitale d’un pays, Madagascar, qui retrouvait son indépendance, après soixante ans de colonisa­tion. Que, de même, la «place Colbert», à Antaninarenina, ait été débaptisée, rien de bien surprenant.

Ce qui est plus inattendu, c’est la persistance du nom «Colbert» au fronton d’un célèbre établissement de la Capitale, qui passait d’ailleurs pour le haut-lieu de la francité à l’époque coloniale. Ce qui peut être encore plus étonnant, c’est la volonté des anciens du «Bahut» de restaurer le nom de «lycée Gallieni» que portait leur établissement avant sa malgachisation en «lycée Andohalo». Mais, sans doute comme les anciennes du «Julf», celles et ceux qui avaient connu les années fastes de ces deux lycées voulaient renouer avec un passé beaucoup plus prestigieux que la médiocrité issue de la loi 78-040.

Gallieni fut certes celui qui a fait fusiller Ratsimamanga et Rainandriamampandry (1896). Et celui qui exhuma les dépouilles royales d’Andriamasinanavalona, Andrianampoinimerina ou Ranavalona I, à Ambohimanga et Antananarivo. Mais, il ne fut pas que l’homme de la «pacification» contre les Menalamba. Finalement, le nom de Gallieni, premier Gouverneur Général de la colonie de Madagascar, peut également être associé à la création de l’École de Médecine (1896), de l’Académie Malgache (1902), sinon du chemin de fer Tananarive-Côte Est (1902-1910).

«Gallieni, pacificateur de Madagascar» pouvait-on lire dans les dictionnaires Larousse, Robert, Hachette. Je ne serai pas le Cancel-culturaliste qui porterait l’annulation de son nom devant un tribunal français. J’imagine qu’en de nombreuses villes de France, le nom du Gouverneur militaire de Paris, lors de la guerre de 14, est ainsi honoré. Là-bas, en son pays, c’est un Maréchal de France. Un héros.

Incompréhensible qu’en France, on puisse menacer de déboulonnage la statue du général Louis Juchault de Lamoricière (1806-1865) : «vainqueur d’Abd el-Kader 1847». Cette statue de bronze haute de 5 mètres ne se trouve pas en Algérie, mais bel et bien en France, le long de l’église paroissiale de Saint-Philibert-de-GrandLieu, en Loire-Atlantique, à 25 km au sud de Nantes.

Ahurissant qu’en France, on puisse menacer de déboulonnage la statue de l’archange SaintMichel, aux Sables d’Olonne, tel que l’avait ordonné le tribunal administratif de Nantes (décembre 2021). Scandaleux qu’en France, on puisse intimer l’enlèvement de la croix de Ploërmel dans le Morbihan, comme le prétendit le Conseil d’État (octobre 2017). J’y vois un reniement qu’aucun bon sens ne leur exige. Un peu comme cette Europe qui avait hésité, avant de renoncer, revendiquer ses racines chrétiennes dans sa «Constitution».

Ma certaine idée de la France, c’est moins une statue de la «Mulâtresse Solitude» dans un parc du XVIIème arrondissement de Paris, que la statue de Napoléon, à Rouen : installée en 1865, enlevée pour restauration en juillet 2020, et heureusement inscrite au titre des monuments historiques depuis décembre 2021 parce que certains gauchistes révisionnistes voudraient également déboulonner l’empereur des Français en son pays.

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