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Entrepreneuriat – La digitalisation améliore l’environnement des affaires

Une table ronde s’est tenue vendredi sur les réformes programmés en matière de digitalisation.

Madagascar progresse dans son initiative d’améliorer l’environnement des affaires. Le pays mise ainsi sur les nouvelles technologies de l’information et de la communication.

LE gouvernement a rappelé que l’une de ses priorités est d’améliorer le climat des affaires et faciliter les investissements. Cela implique la mise en œuvre de réformes légales, règlementaires et procé­durales afin d’accélérer les délais de traitement et de faciliter les procédures administratives. Dans cette optique, une réforme d’envergure est en cours de réalisation afin de mettre en place un système d’e-gouvernance qui mènera Madagascar vers la digitalisation de son administration publique et de son écosystème économique.

Selon les explications fournies, le Programme de Réforme pour l’Efficacité de l’Administration (PREA) est le fer de lance de cette réforme avec pour mission de développer l’efficacité de l’admi­nistration publique malgache. Financé par la Banque Mondiale à hauteur de 140 millions de dollars, les changements que le programme opère reposent sur la refonte de l’état civil afin de mettre en place un système d’identifiant unique.

Une partie de ces réformes est menée sous la houlette du Projet de Gouvernance digitale de l’Identité mala­gasy (PRODIGY). Celui-ci projette d’octroyer aux personnes physiques et morales un numéro d’identifiant unique. La digitalisation permettra à l’État de greffer sur ce numéro toutes les informations concernant l’individu. Ce procédé facilitera la gestion des informa­tions sur les citoyens, mais également d’éviter toute sorte de corruption qui pourrait survenir dans le secteur public. Cela permettrait également d’améliorer le service public au profit des citoyens malgaches, des investisseurs nationaux et étrangers.

En ce qui concerne la facilitation des investissements, l’Economic Development Board of Madagascar (EDBM), l’agence de promotion des investissements dans le pays, a aussi entamé un virage numérique pour accompagner les opérateurs économiques. Avec l’appui de la Banque Mondiale, du projet PRODIGY et de l’Unité de Gouvernance Digitale (UGD) sous l’égide de la Présidence de la République de Mada­gas­car, l’EDBM dématérialise la création d’entreprise grâce à la mise en place d’une plateforme numérique.

D’après l’EDBM, les réformes engagées permettent notamment aux entrepreneurs de ne plus se déplacer. Ils peuvent soumettre ses documents en ligne, avoir accès aux différentes formes juridiques des entreprises à Madagascar qui seraient les plus adaptées à leur projet. Les informations sur les coûts de la création de société ainsi que tous les documents nécessaires pour la for­malisation de l’entreprise sont aussi disponibles sur la plateforme. À terme, les autres services du Guichet unique de l’EDBM dédiés aux investisseurs seront également disponibles sur la plateforme (visas, autorisation d’emploi, carte de résident, agréments et autorisations spécifiques, …)

Mesurer le travail accompli

L’EDBM est appuyée dans ce cadre par différents partenaires dont l’Union Européenne. Cette dernière finance notamment le Projet de Réformes liées au Climat des Investissements (PRECI) sur trois ans. Les activités de ce projet ont démarré l’année passée et visent à « contribuer à l’amélioration de l’environnement des affaires et du climat d’inves­tissement à Madagascar ». La digitalisation des procédures administratives figure parmi les priorités du PRECI, en phase avec les initiatives de modernisation de l’admi­nistration pilotées par l’UGD.

Vendredi, dans le cadre de la Semaine de l’Europe, une table ronde a réuni les représentants du secteur privé et des autorités nationales pour des échanges au sujet des réformes en cours et programmées en matière de digitalisation, et leur impact sur l’environnement des affaires pour les entreprises du secteur privé. La rencontre a permis d’effectuer un bilan d’étape et d’échanger sur les projets d’avenir.

De nombreuses initiatives en cours ont été présentées par les différents ministères et entités présents. On notera l’intervention de Tahina Razafindramalo, ministre du Développement numérique, de la transformation digitale, des postes et des télécommunications qui a indiqué que son département est actuellement en train de travailler avec les opérateurs de la télécommunication pour revoir le cadre régissant ce secteur. L’objectif étant de libéraliser davantage le secteur pour qu’il y ait plus de concurrence et davantage d’économies en termes de coût.

De son côté, le secteur privé a manifesté son intérêt et sa volonté d’accompagner ces réformes, tout en soulignant la nécessité d’une concertation rapprochée entre les Autorités publiques et les entreprises, pour s’assurer de la pertinence et de l’effica­cité du processus. Pour sa part, l’Union Européenne a réaffirmé sa volonté d’accom­pagner ces processus, afin de contribuer à l’amélio­ration de l’environnement des affaires à Madagascar, tant pour les investisseurs européens que pour les entreprises et investisseurs malgaches.