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Échanges commerciaux – Madagascar et Maurice ont un potentiel à exploiter

Les discussions ont été franches entre le ministre Edgard Razafindravahy et l’ambassadrice de Maurice, Marie Noëlle Françoise Labelle.

Venue rendre visite au ministre de l’Industrialisation, du commerce et de la consommation, Edgard Razafindravahy, l’ambassadrice de Maurice, Marie Noëlle Françoise Labelle a exprimé, avant-hier, son désir de renforcer les échanges commerciaux entre les deux pays.

De prime abord, la question de la contingence tarifaire a été évoquée par l’ambassadrice.

Il semble en effet que les exportateurs mauriciens se plaignent de devoir payer une taxe de 30% sur les pâtes alimentaires à destination de Madagascar, et que le remboursement de cette mesure de sauvegarde prend six mois… de quoi décourager les exportateurs.

Marie Noëlle Françoise Labelle a mentionné que le contingent tarifaire attribué à son pays depuis août 2020 leur épargnait cette taxe, puisque la part de Maurice ne représente que 17,19% des 10 000 tonnes qu’ils se partagent avec l’Egypte et l’Indonésie. La taxe de 30% ne doit être appliquée qu’aux quantités hors de ce quota, selon les dispositions de l’Accord de l’OMC (Organisation mondiale du Commerce) sur les sauvegardes.

Edgard Razafindravahy lui a alors répondu qu’il allait exposer la situation des exportateurs mauriciens à son homologue des Finances, et qu’il a besoin de la liste des exportateurs et de ceux qui n’ont pas été remboursés. Actuellement, les usines de production de pâtes alimentaires se sont multipliées à Madagascar qui a également obtenu la licence de production de la marque Panzani.

Sur un autre plan, l’ambassadrice a fait part à son hôte de son émerveillement quant au courage, à la volonté et à la capacité du peuple malgache à travailler, alors que les médias ne parlent de Madagascar que comme d’un pays pauvre. Cependant, au-delà de cette image, il y a un potentiel agricole non négligeable. Et procéder à des échanges commerciaux fiables entre les deux pays aurait un bénéfice aussi bien pour les Malgaches que pour les Mauriciens.

Partenariat SPM-MAB

Le cas des carottes a été cité à titre d’exemple. Selon l’ambassadrice, ces tubercules sont terriblement chers à Maurice (l’équivalent de 12.000 ariary le kilo) alors que l’île n’est qu’à 1h45mn de vol, et qu’à Antsirabe, on peut se procurer des carottes bio d’excellente qualité pour 1200 ariary le kilo. Elle a aussi rappelé les efforts de son prédécesseur pour l’importation de pommes de terre et d’oignons malgaches, mais qu’au bout de la troisième cargaison, la qualité des produits a fait défaut.

Maurice se ravitaille en Afrique du Sud pour les légumes et en Nouvelle Zélande pour la viande, alors que Madagascar est tout à fait en mesure d’être le grenier de l’océan Indien, car il a beaucoup de terres cultivables, a-t-elle ajouté, tout en soulignant que Maurice est un grand importateur de grains.

Pour le ministre Razafindravahy, la solution réside dans un partenariat à travers deux sociétés d’État des deux pays : la SPM de Madagascar et la MAB de l’Île Maurice. « Nous formerons nos agriculteurs et nos coopératives, nous aiderons les planteurs à la base, nous travaillerons sur les emballages. La qualité sera contrôlée. La coordination entre ces deux sociétés apportera un bénéfice pour les deux pays. Pour deux sociétés contrôlées par l’appareil d’État, les procédures administratives seront plus simples tant pour l’exportation que pour l’importation », a-t-il conclu.