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Diana – Univers taxi-bajaj miné par l’anarchie

Les Bajaj compliquent la circulation de par leur nombre.

Le « Bajaj », tricycle symbole national non officiel de la Thaïlande, a une popularité grandissante à Madagascar, plus particulièrement dans les régions .

Déjà développé dans d’autres régions, le concept « tuk-tuk » ou « taxi-bajaj » a fait son apparition dans les rues de la capitale du Nord en 2011. Au commencement, ces Bajaj qualifiés « véhicules tricycles motorisés » n’étaient que six. Leu r couleur jaune, leur praticabilité en font un moyen de transport commun, offrant une expérience nouvelle et divertissante au voyage.

Les passagers sont quasiment protégés de la chaleur du soleil et de la pluie. Constitués de cinq places, ils sont devenus taxis qui remplacent les voitures Renault-4, idoles des Antsiranais depuis des lustres.

Au début, les passagers avaient peur de les prendre à cause de leur petite taille, le manque de sécu­rité… De plus, des rumeurs circulaient qu’ils sont facilement sujets aux accidents. La moquerie des autres n’avaient qu’enfoncer le clou. Toutefois, le taxi-bajaj s’est vite développé et le nombre a connu un accroissement incroyable en peu de temps. Après sa première année, les taxi-bajaj ont commencé à s’imposer dans la ville d’Antsiranana dans le milieu du transport en commun. Et tous les quartiers de la ville sont desservis par ce nouvel moyen de locomotion. Des districts et communes reculées s’y mettent également. L’on a même cons ta té que des propriétaires de voiture 4L ont vendu les leurs et les ont remplacés par les Tuktuk. Ce qui justifie actuellement la rareté des taxis 4L dans la ville.

Habituellement, ce tricycle peut transporter jusqu’à trois personnes de corpulence normale, en plus du conducteur, mais dans la région , les passagers se serrent bien volontiers entre eux pour y monter à plus de cinq personnes, voire dix dans les brousses. Le siège avant est destiné au conducteur et un banc disposé à l’arrière permet d’accueillir les passagers. Parfois, deux à trois passagers trouvent aussi de la place sur le siège du conducteur.

Pour mon ter à bord, il suffit de débourser 1.000 ariary par personne pour une course la journée et le double la nuit à partir de 20h00.

Avantages

Depuis l’avènement de Tuk-Tuk , le succès est au rendez-vous tel que c’est un business en vogue. La Commune urbaine d’Antsiranana compte actuellement 2 000 tricycles licenciés. Il faut dire que l’affaire parait rentable. Se vendant comme des petits pains, les cent exemplaires du Bajaj ont été vendus en un mois. à l’époque, il n’y avait qu’un seul concessionnaire . D’autres « businessmen » les ont fait parvenir de la capitale . Selon les explications d’un ancien propriétaire de Bajaj, le prix variait de 12 à 16 millions d’Ariary, suivant les contextes.

Les bons moments , un Bajaj peut engranger cent passagers par jour. Soit un chiffre d’affaires brut de 100 000 Ariary, dont 40 000 ariary sont à verser quotidiennement aux propriétaires des véhicules. Ce qui laisse un bénéfice net moyen de 40 000 ariary pour les conducteurs, si on enlève le prix de carburant. Des chiffres qui doublent en période de vacances. Les propriétaires qui possèdent un parc conséquent de tricycles ne peuvent que se frotter les mains car il existe des personnes qui dé­tiennent dix à trente véhicules. Il est bien de noter que la licence pour un tricycle vaut 140 000 Ariary l’année et la patente à 250 000 Ariary. Pour les propriétaires, la maintenance se fait généralement tous les quinze jours et se résume en une vidange et un dégraissage, la panne la plus fréquente étant la coupure du câble de vitesse. Un tuk-tuk qui ne présente pas de problèmes mécaniques, consomme en moyenne 8 litres de carburant pour 14 heures de circulation.

Ces quatre dernières années, bon nombre de touristes fortunés à bord des paquebots ont pris la peine de sillonner la ville rien que pour voir et monter à bord de ce moyen de transport. En effet, l’engin apporte son lot d’avantages en matière d’écologie et d’entretien. Pour ce faire, l’organisation engage une centaine de taxi pour effectuer ce service. Il en est de même pour le cortège d’un mariage ou un éventuel carnaval quelconque. « Se balader dans ce type de véhicule leur permet d’approcher au plus près l’agitation de la population locale » affirme un responsable d’Eductour de la ville. Souvent décoré par le conducteur selon son inspiration, ce tricycle permet aussi aux touristes de prendre de belles photos tout en se déplaçant. Il donne un goût d’aventure sans prendre trop de risques. Malgré le peu de sécurité offert aux passagers, un avantage certain se situe au niveau environnemental puisque le taxi moto est le moins polluant des véhicules utilisés en transport urbain.

Cette manne providentielle a poussé les jeunes gens de la région à choisir le métier de conducteur de taxi-bajaj afin de lutter contre le chômage.

Les Bajaj servent bien le tourisme local.
Caravane de Bajaj.

Un manque de formation

Le conducteur n’a pas suivi une formation dans la conduite avant de s’autoproclamer chauffeur de tuk-tuk. Au minimum, une semaine d’apprentissage ne serait pas de refus, ne serait-ce que pour maîtriser le mode de fonctionnement, la vitesse. Tout comme les chauffeurs, les mécaniciens et les électriciens sont tous formés sur le tas. La routine leur permettrait de se familiariser avec ce nouveau moyen de transport.

Malheureusement, l’univers des taxis est actu­ellement devenu un secteur miné par l’anarchie. L’existence des propriétaires hauts placés dans l’admi­nistration publique, ou des personnes qui ont de bras long complique les choses. Un nombre non négligeable de chauffeurs de taxi travaillent à sa guise, ne cherchant que son intérêt, et poursuit uniquement le gain facile même si c’est contre la réglementation qui régit cette fonction. Par conséquences, les clients ne sont plus rois, et les accidents sont leu lot quotidien.

Pourtant, un décret portant la réglementation des tricycles motorisés a été publié à l’époque. Ce décret fixe entre autres les dispositions relatives à la circu­lation de ces véhicules. Il est renforcé par une décision relative à la valorisation de transport public urbain au sein de l a commune urbaine d’Antsiranana, le 09 septembre 2015.

Cas similaire pour le projet des sanctions relatives aux différentes fautes occasionnées par l’exploitation de transport public urbain par taxi-ville. Citons parmi ces fautes, celle qui sont déjà prévues et punies par le code de la route et celle qui font l’objet des propositions de sanctions par la commission technique . Ce sont la conduite en état d’ivresse, l’excès de vitesse, la conduite gênée, la mauvaise présentation du chauffeur comme tenue sale , déchirée, non règlemen­taire, utilisation de short de sport, utilisation de bonnet , la musique très forte, le fait de poser les pieds sur le tableau de bord, le fait de macher le khat pendant la conduite …

En fait, la municipalité a constaté que ces mauvais comportements ont vu le jour ces derniers temps.

Devant la situation qui ne favorise pas le développement de la ville, et des irrégularités qui ont vu le jour à cause de laisser-aller et gabegie de toutes sortes, le Maire Jean Luc Djaovo­jozara en personne et l’équipe de la police municipale ont effectué, à l’opiné , « une opération Bajaj » pendant le week-end , et beaucoup de contrevenants ont été interceptés.

Résultats, des taxis-bajaj sont mis en fourrière.

L’imprudence au volant peut être lourde de conséquences.

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