Océan indien

Expédition – Les récifs des Îles Éparses livrent leurs secrets

La mission a été conduite à partir du « Marion Dufresne »

Le 4 avril 2019, soixante dix scientifiques partaient pour une mission d’un mois dans les Îles Éparses. Objectif, observer l’évolution des récifs coralliens autour d’Europa, Juan De Nova, Glorieuses et Tromelin.

Parmi les chercheurs embarqués, trois équipes étaient composées de scientifiques de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), qui contribuent aux actions du consortium de recherche Îles Éparses 2017-2020. Ce consortium comprend le CNRS, l’IRD, l’Ifremer, l’Agence française pour la biodiversité, l’Université de La Réunion, le Centre universitaire de Mayotte et les TAAF. Ces trois équipes avaient pour objectif une meilleure connaissance des Îles Éparses et de son environnement.

Des récoltes de millépores, tridacnes, chitons, bernard-l’hermite, ophiures, holothuries et poissons ont été faites sur les récifs des îles Europa, Juan de Nova, Glorieuses et Tromelin. Parmi les résultats marquants de cette mission, la présence aux Îles Éparses d’un bernard-l’hermite jusqu’ici rapporté du seul océan Pacifique, la collecte de deux nouvelles espèces de poissons de type capitaine, et l’échantillonnage de deux tridacnes rares. Le projet aborde maintenant sa seconde phase, qui est le séquençage de l’ADN des échantillons obtenus.

Unique
Les Îles Éparses, voyant très peu d’activité humaine, constituent un terrain idéal pour mesurer les seuls effets de la température et du pH sur les coraux, principaux constructeurs de récifs, et les bioérodeurs, principaux agents de la dégradation et de la dissolution récifale. Onze scientifiques, dont des biologistes-écologistes récifaux, des biogéochimistes et chimistes marins et des géochimistes-paléoclimatologues, ont ainsi pu travailler dans un environnement unique. La mission a permis la collecte des carottes coralliennes dans toutes les Îles Éparses pour reconstruire les paléo-climats et conditions océanographiques au cours des cent à quatre cent dernières années.

En moyenne, deux carottes coralliennes ont été collectées par île, allant de 80 cm de long (Tromelin) à plus de 4 m (aux Glorieuses). Des expériences pour étudier la bioérosion ont été installées pour une durée d’un an et plus, à Europa, Juan de Nova et les Îles Glorieuses.

Depuis plus de 10 ans, un suivi de l’état de santé des récifs coralliens a été mis en place aux Îles Éparses. Il est associé au réseau mondial de surveillance des récifs coralliens (GCRMN, Global coral reef monitoring network) qui permet, sur la base d’une même méthodologie utilisée, de comparer l’évolution des récifs coralliens dans tous les océans.

Les récifs d’Europa, avec une forte couverture corallienne, montrent une grande stabilité temporelle, alors que ceux de Juan de Nova sont fortement impactés
par le réchauffement des eaux de surface et la pêche illégale.

© JIR