Culture

Conférence–débat – Le « statut des artistes » se définit

Un débat constructif autour du statut des artistes nationaux, s’est tenu au «Das Haus» à Ankadifotsy.

Prônant plus de dialogue et de compréhension réciproque entre les acteurs culturels et l’État, un débat autour du statut des artistes a fait rage dans le cadre du « Das Haus ».

Un projet artistique exclusif dans la capitale, « Das Haus » égaye le quartier d’Ankadifotsy de la ferveur de ses manifestations et de ses rencontres artis­tiques, ce mois-ci. Fédérant la communauté culturelle, le statut des artistes au pays y a été vivement discuté, le temps d’un débat. Initié par le Cercle Germano-Malgache/ Goethe Zentrum (CGM/GZ), ce rendez-vous s’est affirmé dans la soirée du jeudi, comme l’occasion propice pour quelques représentants de la scène artistique et
culturelle de faire entendre et de faire valoir leur droit à l’expression.

Le « statut des artistes » en soi, comme thématique principale de cette conférence-débat, suscite depuis plusieurs années des dissensions dans le milieu. Est-ce utile d’instaurer un statut des artistes? Peut-on bénéficier des avantages à acquérir un tel statut ? Doit-on intégrer le système pour pouvoir jouir de ce statut des artistes ? Autant de questions auxquelles les intervenants et le public, ont eu à répondre.

Un statut juridique
Sandy Razafindrabe, actrice culturelle à la modération, Bigga Tovolahy, rappeur et créateur du label « Kolon­tsaina Mainty », Faniry Lala­manjato, dessinatrice freelance et Lova Rabary-Rakoton­dravony, rédactrice en chef de la revue culturelle « Indigo» sont ceux qui ont animé le débat de leurs points de vue.
Bigga Tovolahy affirme « Je pense qu’à l’heure actuelle, avant de définir ce statut des artistes, ce qui importe c’est que l’on puisse définir ce qu’est un artiste, mais aussi le travail artistique en soi. ».

Le rappeur et les intervenants à ce débat déplorent à l’unisson l’absence des représentants du ministère de la Communication et de la Culture, lors de ce débat, mais surtout celle de Haja Ranjarivo, directeur de l’Office malgache des droits d’auteurs qui s’est désisté. Lova Rabary-Rakotondravony de rajouter « Il reste en effet difficile de discuter du statut des artistes malgaches vu le contexte national. Les artistes étant l’âme d’une société, ils semblent pourtant être livrés à eux-mêmes sans ce statut, ce à quoi je leur propose de se convenir au système, mais que cela soit le plus conforme à leurs besoins ». Il importe pour un artiste qu’il ait un NIF/STAT ou qu’il soit au moins inscrit au sein d’une association, d’une institution, pour être reconnu juridiquement et professionnellement.