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Budget – Débats houleux autour de la loi de finances

Andry Rajoelina présidant un conseil des ministres.

Bien que la loi de finances rectificative soit prévue être mise en vigueur par voie d’ordonnance, la tâche n’est pas aussi aisée qu’il n’y paraît pour le régime Rajoelina en ce début de quinquennat. L’arbitrage des projets pose problèmes.

Une longue dernière ligne droite. Un communiqué de la Présidence a fait savoir, hier, que le projet de loi de finances rectificative sera encore disséqué, article par article, en conseil des ministres.

D’après le communiqué, le conseil entend prendre son temps afin de « mettre en place la bonne gouvernance, la reconstruction du pays et le vrai développement qui impacte sur la vie de la population, suivant les engagements pris par le président de la République de rattraper le retard économique accumulé durant les dernières décennies ». Mais le retard est énorme et les projets se bousculent, si l’on se réfère à l’Initiative pour l’Emergence de Madagascar (IEM).
Par conséquent, l’arbitrage est ardu entre les différents ministères, les ressources étant limitées à plus d’un titre. C’est ce qui expliquerait, en réalité, ce retard d’après les indiscrétions.

Les débats seraient soutenus à Ambotsorohitra dans la mesure où chaque ministre réclame encore et toujours plus de fonds pour réaliser leur contrat programme. Un département réclamerait alors jusqu’à quatre fois le budget inscrit dans le projet pour la réalisation d’un projet présidentiel.

Au point mort
Malgré les coupes budgétaires sur des dépenses jugées non indispensables, les ressources de l’État ne suffiraient toujours pas pour financer les projets de l’IEM. L’équilibre entre les recettes envisagées et les dépenses en fonctionnement et en investissement doit être respecté. L’apport de cent millions de dollars de la Banque Mondiale est à ce propos salutaire sans être suffisant.

L’État doit prioriser les domaines de l’éducation, la santé, la lutte contre la corruption selon les recommandations des bailleurs de fonds. La plus grande part du PIB doit être investie dans ces secteurs. Or le montant de tous les projets Velirano est juste faramineux et ne pourra jamais être supporté par le budget de l’État.
C’est ainsi que la recherche de financement privé ou parallèle serait en cours. Le ministre de l’Économie et des finances, Richard Randria­mandrato serait déjà sur de bonnes pistes. Reste à savoir comment les bailleurs de fonds pourront accepter ce qu’ils avaient condamné à l’époque d’Albert Zafy. Juste­ment, si la Banque Mondiale s’est montrée généreuse vis-à-vis de l’administration Rajoelina, c’est pour limiter les dégâts et pour avoir un œil sur la bonne gouvernance.
L’achat de matériel roulant et l’envoi de fonctionnaire en formation à l’étranger figureraient parmi les dépenses qui seraient réduites de manière significative alors que le budget du Sénat aurait été purement et simplement supprimé.

Pendant ce temps, la machine administrative tourne au ralenti. D’après le témoignage d’un responsable en région, l’absence de loi de finances rectificative gèle le fonctionnement de son service.
« Nous n’avons même pas de quoi envoyer un colis par la poste », souligne-t-il, en indiquant être obligé d’avancer de ses poches certaines dépenses. La situation est d’autant plus problématique pour les employés de courte durée (ECD) qui, pour la plupart, n’ont pas reçu leur salaire depuis le mois de janvier. Le communiqué de la Présidence ne s’est pas aventuré à donner une date précise quant à l’adoption du projet de loi en conseil des ministres. Quoi qu’il en soit, il faudra attendre la validation de la Haute cour constitutionnelle pour que la loi de finances rectificative puisse être en vigueur.

 

3 commentaires

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  • Très important la confiance de la banque mondiale ne doit pas être dévier. Impossible de se servir des 100 000 000 $ déjà inscrit dans les comptes de la banque mondiale et déjà clôturés pour l’objectif qui a été voté. Sinon il faut les avertir immédiatement des intentions instables se servant de l’argent de l’international. C’est méchant mais honnête.

    L’apport de 100 millions de la banque mondiale est une aide déjà affectée et est prévue de longue date pour le développement du pays et non pour remplir les caisses de l’Etat.
    Tant que le projet destinataire n’est pas achevé dans son intégrité, l’Etat doit se serrer la ceinture et se contenter de la loi de finance initiale puisqu’il n’y a pas d’Etat d’Urgence comme la famine dans le Sud, contrairement à l’ambition sans rendement de certains ou certaines. Merci de ne pas faire répéter la même ligne de conduite à l’internationale.

    rendez -vous sur cette page web http :// projects. banquemondiale. org / P166752/ ?lang=fr&tab=details

  • eh oui des promesses, un claquement de doigt ne suffit pas à faire fonctionner une nation…
    C’est terrible pour les Malgaches qui ont voté sur des promesses sans savoir que celles ci n’engagent que celles et ceux qui y croient, ah trahison quand tu nous tiens !!!

  • Grâce au président Andry RAJOELINA et le premier ministre NTSAY Christian pour prioriser les domaine de l’éducation, de la santé, la lutte contre la corruption et l’insécurité sur la réforme de la loi de finance rectificative 2019 (LFR2019)