A la une Dossier

ELAmad – Programme d’éducation et de reforestation

Simon Gomis en compagnie de Pierre Rabhi (à g.).

Le rythme de la déforestation s’accélère à Madagascar et menace les espèces endémiques. La sauvegarde de l’environnement concerne tout le monde, voilà pourquoi ELAmad va lancer un programme d’éducation et de reforestation pour mobiliser et sensibiliser les entreprises ainsi que les enfants.

Le phénomène de déforestation engendré par le développement des activités humaines n’est pas récent. Toutefois, la déforestation menace la biodiversité singulière de la Grande île. Elle perdure, même si nous vivonsdans un contexte de raréfaction des surfaces forestières riches en biodiversité, et cela a accélère l’impact sur le réchauffement climatique rapide reste extrêmement inquiétant. 44 % des forêts naturelles ont disparu ces soixante dernières années à Madagascar (Source : Biological Conservation).Par exemple, en 2017, la Grande île a perdu 510 000 ha de forêt. Les feux de brousse non maîtrisés sont la première cause de la déforestation à Madagascar. Toutefois, aucune sanction sévère n’est appliquée. Selon les chiffres, le ministère de l’Environnement et du développement durable a recensé 9 144 points de feux du 21 au28 octobre 2019.

Le problème de déforestation dans le pays ne cesse de s’aggraver. La forêt a du mal à se reconstituer après l’abandon des cultures sur abattis-brûlis, des chercheurs estiment que l’écosystème forestier ne se reconstitue pas même après trente ans de friches. Ces résultats concluent à l’irréversibilité de la déforestation. Elle est le résultat de nos choix de vie, plus de 90% des foyers malgaches utilisent, entièrement ou partiellement, le charbon de bois et le bois de chauffe, notamment en zone rurale. Les sources d’énergies domestiques comme le gaz et les réchauds électriques sont utilisées par une infime partie de la population malgache.

L’éducation !

Pourquoi associer l’éducation à l’environnement ?
Simon Gomis cite d’abord Nelson Mandela : « L’éducation est l’arme la plus puissante que l’on puisse utiliser pour changer le monde ». Ensuite, il affirme que sans éducation, les bonnes et les mauvaises habitudes continueront. Nous savons tous que les enfants sont les meilleurs agents de changements. À nous adultes, ils nous permettent de prendre conscience de nos incohérences et accélèrent le changement. N’oublions pas non plus qu’ils seront les victimes des impacts négatifs de nos comportements de consommation et de non-respect de la nature. C’est pour cela qu’il est impératif d’inclure les enfants, les jeunes et les adultes dans les programmes qu’on initie chez ELAmad. Nous parents et moi en premier, nous souhaitons le meilleur pour nos enfants, la meilleure des écoles, les meilleurs instituteurs, le meilleur des médecins…, et nous continuons à avoir des actes qui ont un impact très négatif pour la vie de nos enfants, nous savons depuis des années et des années que nos comportements ont des impacts qui nous touchent directement et aussi nos enfants. On ne parle plus de conséquence dans cent ans mais plutôt dans cinq ans. Et on le constate déjà, les températures qui délirent, la météo qui se dérègle, les catastrophes naturelles… Il suffit de sillonner les rues, les rizières, les collines de Madagascar pour constater ce drame écologique, plastique, aluminium, fumée des terres brulées… alors que la Grande île est une île aux milles merveilles.

Quelle planète laisserons-nous à nos enfants et quels enfants laisserons-nous à notre planète ?
Je me souviens après une journée passée en compagnie de Pierre Rabhi, (humaniste, philosophe, expert mondial en agriculture, permaculture et en agroécologie) chez lui en Ardèche. Il me disait la question qu’il faut te poser dans chacune de tes actions est la suivante « Quelle planète laisserons-nous à nos enfants et quels enfants laisserons-nous à notre planète ? ». Il m’a expliqué que toutes les initiatives qu’il avait menées en France et en Afrique avaient, à chaque fois, une dimension éducative. Au quotidien, nous sommes confrontés aux impacts de l’éducation à Madagascar. L’idée n’est pas de chercher les responsables cela serait stérile.

Tous ensemble nous pouvons changer les choses. C’est en ce sens que nous allons prochainement procéder au lancement d’un programme éducation et reforestation. Ce programme permettra de renforcer les compétences et les connaissances générales, et en même temps d’avoir des actions de plantation. Nous allons travailler avec des experts, car la reforestation n’est pas juste planter et faire des photos. Il faut déterminer quelle variété planter, sur quelle zone en fonction de son histoire, des expériences passées et surtout se projeter sur dix à cinquante ans…

ELAmad va lancer un programme de reforestation.