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Entreprises franches – Des secteurs résistent à la crise

L’outsourcing  figure  parmi  les  secteurs  en  plein  essor.

Des entreprises franches étaient contraintes, au cours des derniers mois, de mettre la clé sous le paillasson en raison de la crise sanitaire. Mais la situation n’est pas pour le moment aussi alarmante, contrairement à ce qui se passe dans d’autres secteurs. Au contraire, de nouvelles perspectives s’ouvrent aux entreprises franches de la Grande île, et l’optimisme est permis.

Certaines entreprises ont pu ainsi maintenir le volume de leurs exportations durant l’année 2020, quand d’autres ont connu diverses difficultés. L’espoir est actuellement permis malgré un certain flou sur l’issue de la crise de la Covid-19. Il faut se rappeler, en effet, que la zone de libre échange continentale africaine (Zlecaf) va, à titre d’exemple, ouvrir de nouvelles opportunités pour les entreprises exportatrices de Madagascar. En outre, les autorités projettent d’aménager des zones d’Emergence économique dans des régions à forte potentialité économique du pays. Ces zones sont prévues accueillir des parcs industriels à vocation exportatrice qui bénéficieront des avantages offerts par la loi n° 2007-037 du 14 janvier 2008 sur les zones et entreprises franches à Madagascar. Ce qui permet de susciter chez les opérateurs économiques un certain optimisme sur l’avenir.

Créateurs d’emplois

Depuis des décennies, les entreprises franches figurent parmi les principales pourvoyeuses d’emplois dans le pays. Il est question de 200 000 nouveaux emplois pour les années à venir, mais cette prévision devra sans doute être revue à la baisse en raison de la crise du coronavirus en cours.

Les réalités vécues actuellement par les entreprises membres du Groupement des entreprises franches et partenaires (GEFP) permettent de jauger l’évolution de l’ensemble des entreprises exportatrices. Fondé en 1998, ce groupement réunit actuellement, en effet, une centaine d’entreprises issues essentiellement du secteur textile et de l’habillement, et du secteur des Technolo­gies de l’information et de la communication (TIC), comprenant le sous-secteur de l’outsourcing, bénéficiant d’une assez bonne réputation au niveau international. De nombreuses sociétés travaillant dans ce secteur continuent ainsi d’embaucher actuellement et leurs chiffres d’affaires sont en hausse constante.

Certains secteurs sont de ce fait en pleine croissance malgré la crise sanitaire. « Le secteur des TIC et celui de l’agro-industrie, pour ne citer que la production d’huiles essentielles, ont connu un développement fulgurant », reconnaît Hery Lanto Rakoto­arisoa, président du GEFP.

Il faut s’attendre encore, dans un proche avenir, à ce que les entreprises franches opérant dans la production d’huiles essentielles ou bien celles travaillant sur des extraits de plantes aromatiques ainsi que des produits répulsifs continuent à se multiplier du fait de la crise du coronavirus. D’autant que de plus en plus de patients occidentaux s’intéressent aux vertus antivirales de ces huiles essentielles.

Malgré le développement notoire de certains secteurs, le président en exercice du GEFP a noté cependant que «3% des entreprises membres du groupement devaient fermer définitivement leur porte» ces derniers temps, en raison de la crise sanitaire.

Résilientes

44% des entreprises membres du GEFP sont issues du secteur textile. Les principales destinations des produits malgaches dans ce domaine sont les états-Unis (dans le cadre de l’AGOA), l’Afrique et l’Europe. La baisse des commandes durant l’année 2020 a engendré une perte de 40 à 60% pour les entreprises exportatrices du secteur textile et de l’habillement. « Certaines entreprises continuent de tourner à plein temps, mais d’autres font travailler les employés à temps partiel », explique le président du GEFP.

Pour les états-Unis, le bureau des textiles et vêtements du Département du commerce (OTEXA) a relevé une baisse d’un peu plus de 35% des importations de jeans, dès le premier semestre 2020. Lors de cette période, le Mexique, jusqu’alors premier fournisseur de jeans aux états-Unis, a vu ses livraisons chuter de 53%. Au début de la crise sanitaire, toutefois, Madagascar a su tirer son épingle du jeu, en faisant partie des trois pays africains, avec l’éthiopie et la Tanzanie, ayant connu une hausse des livraisons de jeans vers les états-Unis.

C’est sans doute à juste titre que la récente note de conjoncture économique de Madagascar, publiée par la Banque centrale, estime que les entreprises franches font partie des plus résilientes, face à la crise. Des entreprises continuent, en effet, de maintenir le cap actuellement. Elles espèrent pouvoir continuer à créer des emplois et de la richesse, du moment que les conditions socio-économiques et politiques le permettent. Car, tôt ou tard, la crise sanitaire va passer.

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