Notes du passé

La révolte des Sihanaka et des Bezanozano contre Radama

Une représentation des territoires voisins  des Sihanaka et des Bezanozano.

Les peuples de l’Alaotra, les Sihanaka, et de l’Ankay, les Bezanozano, ont toujours été bien protégés par les reliefs et les forêts. Les premiers, après avoir longtemps menacé les Betsimisaraka, sont à leur tour inquiétés par les Sakalava. Quant aux Bezanozano, ils profitent des luttes civiles de l’Imerina pour occuper Anjozorobe et Ambatomanga jusqu’au début du XIXe siècle.Les Bezanozano occupent la vallée du Mangoro, aux environs de Moramanga. Ce peuple est encadré au Nord par les Sihanaka, à l’Est par les Betsimisaraka et à l’Ouest par les Merina. « Il est généralement donné comme le produit du métissage merina-betsimisaraka qui remonte aux environs de 1679 », écrit Régis Rajemisa-Raolison (Dictionnaire historique et géographique de Madagascar, 1966). À cette époque, les Betsimisaraka forment trois sous-tribus longeant la bande de territoire qui s’étend du Mangoro à Mahanoro: les Zanakony au Nord, les Zafimanirivary au Centre et les Matitanana au Sud. Toutes trois sont réunies sous le sceptre unique de la reine Rafotsibealokinitany qui règne à Lohasaha, l’actuel Beparasy. Vers la même époque, des Merina de la région d’Ambatomanga poussent jusqu’à Ifody, à l’ouest d’Andakana. L’entente se fait aussitôt entre ces derniers et les Zanakony, scellée davantage par le mariage du chef
merina de la région, Andriamalazabe, avec Rafotsibealokinitany.Résidant à Ifody, Andriamalazabe est un bon roi, gouvernant son nouveau peuple « avec sagesse et savoir-faire ». Il a pour successeur son fils Ranantoana. « À partir de ce dernier, les chefs bezanozano s’éclipsent de l’histoire. On ne les retrouve qu’avec Andrianjomoina qui fait soumission à Andrianampoinimerina. » Mais à la mort de ce grand monarque, les Bezano­zano, conduits par Andriamihana, se coalisent avec les Sihanaka commandés par Andrianosy, pour se révolter.Radama Ier vient alors les soumettre en 1810, avec une rigueur assez excessive. Andrianjomoina doit offrir de nouveau le droit d’allégeance au souverain merina. C’est alors que, sur l’ordre de ce dernier, l’on procède au recensement de tous les Bezanozano.
Cet évènement fait date dans l’histoire des Bezanozano qui se donnent aussitôt le nom de « enimpolo sy telo arivo » (3060), de même qu’ils appellent leur territoire « Ranomianatsimovody », l’eau qui descend vers le Sud, faisant sans doute allusion au Mangoro. Les successeurs d’Andrianjomoina, décédé en 1825, sont d’abord son conseiller et ami Ramarovahoaka, puis son fils Rainivoalavo auquel succède Andriamiakatra qui déplace la capitale à Moramanga, enfin Rainisoataona, dernier chef à l’arrivée des Français.
Les Sihanaka, eux, constituent un groupe ethnique assez important dans la région du lac Alaotra. Leur territoire est enclavé entre les Tsimihety, les Sakalava, les Betsimisaraka, les Bezanozano et les Merina. « Ils seraient des descendants des Vazimba. »Vu leur petit nombre par rapport à leurs voisins, ils sont souvent attaqués par ces derniers. À savoir les Betsimisaraka de l’Est, les Sakalava du Nord-ouest auxquels ils paient tribut à partir d’Andriamandisoarivo, les Merina de l’Ouest qui les conquiert sous Andrianampoinimerina. « À la mort de ce dernier, un chef sihanaka du nom d’Andrianosy s’allia avec un chef bezanozano et entraina les deux tribus à la révolte. »L’expédition de Radama Ier en 1823 est assez pénible. Revenant de la côte où il vient de prendre Mahavelona et Maroantsetra, Radama pense rentrer en Imerina par le pays sihanaka, dont « il voulait d’ailleurs parfaire la conquête déjà faite par son père Andrianam­poinimerina ». Retranchés dans un îlot du lac Alaotra, appelé Anosimboahangy (îlot Radama plus tard), les Sihanaka opposent une si farouche résistance que le général Andriankotonavalona qui conduit la troupe, est forcé de reculer. L’issue de la bataille est cependant en faveur des Merina. Radama place un gouverneur à Ambatrondrazaka dont il fait le chef-lieu des Sihanaka. D’après les Velirano (serment public et solennel) fait à Sahafa, aux termes duquel « tout soldat qui présenterait le dos à l’ennemi » (miamboho fahavalo) serait brûlé vif, le général Andriankotonavalon dont le recul n’est pas jugé stratégique, périt par le feu.

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