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Trafic d’Or – Sept prévenus à Tsiafahy, une femme à Antanimora

L’enquête  n’est  pas  totalement  bouclée. D’autres  suspects  sont  attendus  au PAC.

Après une audition marathon devant le PAC, huit prévenus ont été placés en détention préventive. Sept hommes sont écroués à Tsiafahy et une femme à Antanimora.

L a maison de force de Tsiafa­hy. C’est le lieu de placement en détention préventive de sept des huit personnes inculpées dans l’affaire des 73,5 kilogrammes d’or saisis en Afrique du Sud. Il s’agit de sept hommes. Le dernier accusé, une femme, est écroué à la maison d’arrêt d’Antani­mora.

« Il s’agit d’une affaire criminelle. Le choix du lieu de détention s’explique par la gravité des chefs d’inculpation retenus contre les accusés. Une femme quant à elle, est placée à Antani­mora, puisqu’il n’y a pas de quartier des femmes à la maison de force de Tsiafahy », explique une source judiciaire. Selon les informations partagées par le ministère de la Justice, les huit prévenus sont, entre autres, accusés d’infraction à la loi douanière et à la loi relative aux ressources minières, de faux et usage de faux en écriture publique, de corruption active et passive, ainsi que d’exportation illicite d’or.

Après une audition marathon au parquet du Pôle anticorruption (PAC), qui a démarré vendredi, en fin d’après-midi, le couperet contre les prévenus est tombé, dimanche, à 3 heures 30 minutes. Dans la liste des huit accusés figurent le directeur technique, le responsable opération et un agent commercial de la compagnie aérienne STA. Les deux pilotes de l’avion ayant transporté les trois présumés trafiquants d’or jusqu’en Afrique du Sud, le 31 décembre, y figurent, également. Tout comme les deux complices des contrebandiers qui sont restés au pays.

Le secrétaire général de l’Aviation civile de Madagas­car (ACM) fait aussi, partie des prévenus placés en détention préventive à Tsiafahy. Les informations sur les circonstances du départ du vol privé pour l’Afrique du Sud, à partir de l’aéroport de Toliara, suggèrent qu’il aurait reçu une autorisation de l’ACM. Les vols internationaux ne peuvent, en principe, décoller et atterrir qu’aux aéroports d’Antananarivo et de Nosy Be.

Plainte contre X

Les huit prévenus placés en détention préventive par le Parquet du PAC, sont ceux qui ont été auditionnés depuis vendredi, jusqu’à hier. À la lecture du bref rapport publié sur la page Facebook du ministère de la Justice, beaucoup se sont interrogés sur le fait qu’il n’y ait aucune mention sur les autres entités chargées de la sûreté et des différents contrôles au niveau des aéroports. Les rapports de l’enquête mixte remis au PAC ne les ont, probablement, pas éclaboussé. « Un contrôle conjoint », de rigueur par les entités concernées, avant tout départ de vol international aurait pourtant été fait à l’aéroport de Toliara. Des photos des préparatifs du départ de l’aéronef de la STA, pour l’Afrique du Sud, a circulé sur les réseaux sociaux, la semaine passée. Sur l’une d’elle figure la silhouette d’un homme portant la chasuble d’une des autorités de contrôle aux aéroports. Dans sa publication sur Facebook, le ministère de la Justice souligne que, « le dossier n’est pas clos, l’enquête est toujours en cours ».

Après les auditions de vendredi à dimanche, le Parquet du PAC s’affaire actuellement à l’instruction de l’affaire. Il s’agit de la phase où une enquête plus poussée d’une affaire criminelle est conduite par un juge d’instruction. Une indiscrétion indique, d’autant plus, que d’autres noms figurant dans le dossier seraient « recherchés ». La source ajoute qu’« il y a une plainte contre X ». L’affaire de l’or saisi en Afrique du Sud est, de prime abord, nébuleuse. L’opinion publique escompte, toutefois, que les investigations puissent identifier le ou les commanditaires.

Il est difficile de croire que des présumés contrebandiers avec une cargaison de 73,5 kilos d’or, dans un bagage à main, aient pu quitter aisément le pays, à bord d’un vol spécial à partir d’un aéroport interdit aux vols internationaux. Ceci, sans l’appui d’une ou de quelques personnes haut placées. Il s’agit, vraisemblablement, d’un réseau costaud. Ils seraient parvenus à « falsifier » des documents de certification « maliens », pour justifier le transport de l’or auprès de la douane sud africaine.

Les trois individus ayant pris le vol spécial du 31 décembre, sont actuellement entre les mains des autorités sud-africaines. Ils attendent leur traduction devant la justice, demain. La demande officielle de leur extradition et du rapatriement des 73,5 kilos d’or, a été remise à l’ambassadrice sud-africaine par le ministre des Affaires étrangères, hier. Selon les explications, il fallait attendre la prise en main du dossier par le PAC et que son procureur requiert officiellement au ministère de la Justice, l’extradition.

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  • Ce sont des  » seconds couteaux  » qu’on se le dise clairement . Le Bianco et le PAC structures indépendantes les mieux placées pour mener les investigations et l’enrôlement judiciaire . Ils ont été créés pour la bonne gouvernance pour éviter justement une instruction par un parquet à juste titre corrompu . D’ailleurs une procureur au centre d’un panier à crabes du régime HVM n’est pas toujours inquiétée à ce jour suite à une affaire de corruption de haut vol sur un ressortissant étranger nébuleux . Et n’en parlons pas d’une ancien ministre HVM trempée jusqu’aux os dans une manoeuvre de destructions de preuves lors d’ un concours pour greffiers .
    La compagnie aérienne STA est le fil conducteur des manoeuvres sordides réseau mafieux . Le crime crapuleux du City Ivandry n’était pas une simple coïncidence et concourt à confirmer un règlement de compte entre la pègre dans le milieu juteux des trafics de l’or . Un des prévenus sous contrôle judiciaire dont la proximité avec la compagnie aérienne STA n’et pas un secret de polichinelle est plus que troublante . Le bon sens conduirait à creuser davantage sur le mobile de l’assassinat d’une responsable de banque à Ankaditapaka car l’enchaînement des faits successifs intrique . Le ministre des mines avec un peu d’hauteur aurait du démissionner , c’est le B-A BA des règles démocratique républicaines .
    On persiste à dire que la transparence n’est pas au rendez-vous de la part des autorités . On a une aversion particulière pour les réseaux sociaux transporteurs d’informations tronquées et d’infox pour que le virtuel et les médium dans leurs contenus exécrables soient lamentablement exploités par les gouvernants . En France le procureur de la république tient une conférence de presse régulièrement afin d’éclairer l’opinion .
    Nous suivons avec un grand intérêt l’évolution de ce scandale et on verra bien si l’état de droit saura écarter les interventions , les petites combines et les magouilles des républiques bananières .

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