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Editorial

Jouer à pile ou farce

Le coronavirus encore et toujours. Le professeur Jean Louis Rakotovao, ministre de la Santé publique, affiche une insolente sérénité face à des interrogations sur une éventuelle seconde vague de la pandémie. Puisque 40% des Malgaches ont flirté avec le mal, à un moment ou à un autre, le seuil de l’immunité collective a été atteint. Il tient cette déduction de l’étude faite par l’Institut Pasteur de Madagascar, IPM, avec le sérieux requis en la matière, largement reprise par les médias hexagonaux.

Pourtant, au temps fort de la crise sanitaire de la Covid-19, quand l’IPM avançait le nombre de 67 contaminations en 24 heures, il s’est attiré la foudre des autorités malgaches. Le Premier ministre Christian Ntsay a convoqué son directeur général au palais de Mahazoarivo pour répondre à une demande d’explication. Mais des jours plus tard, les statistiques des contaminés, publiées par d’autres laboratoires d’analyse « agréés », ont dépassé, de loin, cette « révélation taboue » de l’IPM.

Des « contradictions mathématiques » qui ont amené des têtes pensantes de l’opposition à insister que « des traitements des données » relatives au coronavirus ont eu lieu. D’une part, pour ne pas provoquer outre mesure de la panique parmi la population. Et d’autre part, pour avoir quand même les compassions à titre humanitaire des bailleurs de fonds. Pour une fois, ceux-là ont fait preuve d’une mansuétude inhabituelle vis-à-vis d’un débiteur criblé de dettes. Bien sûr, ces aristarques du régime n’apportent pas de preuves tangibles à leurs spéculations douteuses, mais des faits étranges corroborent parfois leur « imagination» débordante de « créativité ».

Au même moment, la bataille pour imposer la vaccination de masse s’intensifie. Les pays européens s’y mettent à un rythme et une cadence différenciés. La France tient la lanterne rouge, alors que le Royaume Uni et l’Allemagne se disputent la plus haute marche du podium. Cela n’empêche pas la propagation à grande échelle du coronavirus. Chaque jour apporte son lot de record sur le nombre de décès et des nouveaux malades hospitalisés ou envoyés aux réanimations.

Alors qu’un variant anglais et sud-africain, un mutant plus contagieux que « leur ancêtre » semble-t-il, ont fait leur inquiétante apparition. Ce qui a incité la Banque mondiale à solliciter les tenants du pouvoir à la plus grande vigilance face, peut-être, à une fausse accalmie pouvant être trompeuse. La Banque mondiale insiste sur la nécessité de se préparer à une vaste campagne de vaccination. Mais Madagascar a-t-il les moyens logistiques pour l’assumer ? Même la France, mieux équipée sur le plan sanitaire, n’y arrive pas.

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