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Editorial

Secteur privé de moyens

Le secteur privé a fait l’objet d’un rapport de diagnostic avant-hier au Carlton sous les yeux de quelques membres du gouvernement. Une première dans les annales. Pour la première fois les trois entités se sont retrouvées ensemble. Une belle occasion de jouer cartes sur table et de se dire les quatre vérités. On ne le dira jamais assez, c’est le secteur privé qui assure le développement. Si on est là où on est, c’est que le secteur privé n’a jamais été à sa place, livré à lui même, pas soutenu voire ponctionné. Le secteur privé se débat comme un beau diable mais ne joue pas le rôle qui lui revient dans le développement. Le diagnostic est donc bien simple et clair sans qu’il soit nécessaire de tenir un atelier pour s’en rendre compte. La rencontre a d’ailleurs failli se transformer en échanges tendus entre le secteur privé et le gouvernement.

Il serait plutôt intéressant si la Banque Mondiale faisait le même exercice pour diagnostiquer comment l’argent qu’elle a « investi » à Madagascar depuis quarante ans a été utilisé. Le constat est que la pauvreté n’a cessé d’avancer malgré un soutien permanent et inconditionnel de Bretton Woods depuis quarante ans. Pendant la crise sanitaire, les subventions ont afflué pour atténuer l’impact de la pandémie sans que la population ressente leurs effets.

Pour la première fois dans l’histoire, la Banque mondiale a exigé récemment le remboursement d’une subvention octroyée à la Jirama dont l’utilisation n’a pas respecté les règles établies. C’est la preuve que les subventions ne sont pas toujours utilisées à bon escient. Dans le passé, dans les années 90, l’argent de la Banque Mondiale est tombé dans le compte d’un concessionnaire de voiture. Mais tout s’était réglé à l’amiable.

Il serait intéressant de faire l’audit de quarante ans « d’assistanat » des bailleurs de fonds pour pouvoir rectifier le tir ou sauver ce qui peut encore l’être. C’est bien d’entendre que la Banque Mondiale décaisse presque chaque mois, de l’argent pour Madagascar même si on n’en fait pas la demande mais c’est frustrant de constater que le taux de croissance annoncé ne s’est jamais traduit par une amélioration du niveau de vie et du standing de vie de la population. Pire, la Banque Mondiale vient d’annoncer que la crise sanitaire a généré 1,3 millions de nouveaux pauvres qui vivent à moins de 1,9 dollars de revenu par jour.

Pour la nouvelle année, on annonce une croissance positive de 3,5 %. C’est juste une illusion étant donné qu’il y avait un meilleur score dans le passé mais cela ne signifiait pas grand chose pour la population. Entre un taux de croissance de 10 % et un taux d’inflation de 8%, c’est la hausse des prix que le portefeuille ressent immédiatement. Renverser cette tendance relève d’une gageure dans les conditions actuelles.

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