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Editorial

Pamine

Il était temps. Le président de la République a dit tout haut ce que l’opinion en général pense tout bas. Il est allé droit au but lors de son entretien avec le directeur du PAM( Programme Alimentaire Mondial ) en marge du sommet sur le climat à Sharm-El-Sheikh. Le président de la République lui a suggéré qu’au lieu des appels SOS récurrents du PAM pour venir en aide à la population du Sud victime du kere chaque année, il faut trouver un moyen pour que l’aide ne devienne un assistanat permanent, une éternelle mendicité.

Un message clair et réaliste. Effectivement cela fait plusieurs années que le PAM porte secours à la population du Sud à travers un appel à l’aide internationale pour un montant avoisinant chaque fois une centaine de millions de dollars. Il est évident que ce secours d’urgence est absolument utile pour sauver des vies et ce qui peut encore l’être. Mais cette aide n’a jamais aidé la population du Sud à se passer des aides pour parodier un ancien président. Au contraire elle a mis la population en état de dépendance définitive, en régime d’assistanat éternel. Ce qui est d’ailleurs le cas de la plupart des subventions octroyées par les bailleurs de fonds et des organismes internationaux. Ils sont là depuis un peu moins d’un demi-siècle, donne ou prête de l’argent à travers le financement de divers projets mais le constat est accablant et eux-mêmes tirent la sonnette d’alarme.

Que ce soit dans le domaine de la santé, de l’éducation, de la natalité, de la manultrition…la situation s’est notoirement dégradée en quarante ans. Beaucoup d’argent a été remis par les bailleurs de fonds lors de la crise sanitaire pour aider les foyers à supporter les contrecoups de l’épidémie à travers divers projets sous forme d’aide alimentaire ou pécuniaire. D’abord les projets n’ont touché qu’un nombre limité de foyers et n’ont duré que le temps d’une distribution. Ensuite, ils n’ont pas permis à la population de faire des activités génératrices de revenu pour la période post crise. Beaucoup de ménages se trouvent complètement dans la dèche aujourd’hui. La pauvreté continue son irrépressible avancée.

La famine touche de nouvelles régions comme Ikongo où il ne manque d’eau et où le sol n’est pas aride. Mais le taux de chômage et l’insécurité plombent la vie socio-économique. Il faut ainsi revoir les objectifs de l’aide sinon à force de venir en aide à la population du Sud, le PAM finira par succomber à la pamine.

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