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Vindicte populaire – L’Europe affirme ses préoccupations

Le gouvernement affirme sa volonté de sévir face aux «vives préoccupa­tions » exprimées par l’Union européenne face aux vindictes populaires.

Énormes préoccupations. À entendre Antonio Sanchez-Benedito, ambassadeur de l’Union européenne (UE), tel est le sentiment qui prévaut au niveau du corps diplomatique européen, notamment, face à l’ampleur que prennent les actes de vindictes populaires, à Madagascar, ces derniers temps.
La réaction du diplomate face aux cas de vindictes populaires, lui a été demandée en marge du dialogue politique entre le gouvernement malgache et l’Union européenne, hier, à la résidence de France, Ivandry. « Nous sommes énormément préoccupés. La question n’a pas été à l’ordre du jour mais, nous en avons discuté au vu des très récents cas de lynchage de personne, de justice populaire, si l’on peut qualifier cela de justice », a répliqué Antonio Sanchez-Benedito.
« Le Premier ministre nous a, toutefois, affirmé que dans un État de droit, il faut respecter les règles et s’en remettre à la justice et que ces cas ne seront pas impunis », a ajouté l’ambassadeur de l’UE. Lors d’une conférence de presse, lundi, à Mahazoarivo, Solonandrasana Olivier Mahafaly, Premier ministre, a affirmé que « Les responsables des escalades de violence [en référence aux vindictes pupulaires] seront punis », que « dans un État de droit, de tels actes sont intolérables ».

Exemplarité
Les analystes sont unanimes quant à l’explication que ces phénomènes déplorables sont les résultats de l’absence de confiance de la population envers l’administration de tout ordre et à tous les niveaux. En dédouanant, dans une certaine mesure, la responsabilité de ces acteurs des instances étatiques, judiciaires, publiques, miliaires et policières, quant à l’explication avancée par l’opinion, le chef de l’administration a soutenu que « Les étiquettes contre des membres d’un corps de métier ou d’une instance n’excuse, en rien, de telles pratiques ».
À lui d’ajouter que des efforts sont faits pour assainir le système public, que les déviants seront sanctionnés. Etant donné la situation qui prévaut, les efforts ne sont, vraisemblablement pas perçus des citoyens. Ces derniers  requièrent de l’exemplarité dans le comportement des responsables et des employés à tous les niveaux des instances étatiques et publiques. Pareillement en matière de sanction.
Les mauvaises conduites et l’impunité, pourtant, éclipsent, le plus souvent les efforts martelés par le chef du gouvernement. En matière de respect de l’État de droit, ce n’est pas la réaction des militaires, suite aux événements impliquant l’un des leurs, au palais de la ville d’Antananarivo, hier, qui servira d’exemple.

Garry Fabrice Ranaivoson