Editorial

La loi du camion

Danger ambulant. Bientôt la RN 2 reliant Tana à Toamasina et la RN 7 reliant Tana à Toliara seront impraticables. D’abord à cause de leur état indiquant que le dernier enrobage remonte à au moins deux décennies. Ensuite à cause de l’invasion des gros camions qui font pratiquement leur loi sur ces axes les rendant extrêmement dangereux pour les autres usagers.

Leur gabarit étalé sur trois ou quatre essieux, leur poids qui frôle les 40 tonnes, leur largeur qui occupe la moitié d’une autoroute font de ces mastodontes des monstres hideux qui n’auraient jamais du être autorisés à circuler sur nos routes nationales conçues pour les DS 19 et les Peugeot 203 dans les années 60. On se demande comment on peut laisser entrer ces mammouths qui sont les principaux facteurs de destruction des ponts et chaussées. Le drame est que ceux qui arrivent à la douane sont de plus en plus grands. Et tout le monde s’étonne par la suite de l’ampleur grandissante des embouteillages à cause de ces géants dont la circulation en ville ne semble plus soumise à la moindre réglementation.

Sur la RN2, on croise les doigts et on prie à haute voix jusqu’à Toamasina pour arriver à bon port. Sur 368 km , le danger est partout. Devant, derrière, à gauche et à droite. Les camions qui vont en sens inverse de votre trajet surtout dans les virages risquent à tout moment de vous heurter en pleine figure. Ils vous serrent au maximum et votre sort dépend du facteur chance. S’ils sont devant, ils sont trois, quatre ou plus à la queue leu leu sans être espacés par la requise donc ne donnant la moindre possibilité de les doubler. Et s’ils sont sur les côtés, les conteneurs mal fagotés sur leur remorque risquent à tout moment de vous tomber dessus comme cela a été le cas à plusieurs reprises.

Outre le gabarit des camions totalement inadaptés aux infrastructures routières, le principal assassin est le conducteur. On se demande où est que ces milliers de conducteurs ont appris à manier ces gros engins étant donné qu’il n’existe presque pas de camion école dans le pays à l’exception de Tana. Et encore, le seul camion-école existant est en fait une camionnette dix fois moins lourd et dix fois plus petit.

L’inadéquation entre les dimensions des routes et la grosseur des camions illustre notre impréparation pour l’émergence. Même les nouvelles routes récemment construites n’ont pas été conçues par rapport à l’augmentation exponentielle du nombre de voiture et de la taille des camions qui augmente suivant la rentabilité exigée par davantage de croissance et de profit. Pou avoir raté le train du développement, il faut prendre des mesures restrictives pour limiter les dégâts. Destination de vacances par excellence, la côte est risque de perdre sûrement cette vocation à cause de ces camions dont l’indiscipline des conducteurs n’a d’égale que l’exubérance de la dimension de ces trucks.

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